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Nuit blanche 4/7

Publié le par modimodi

Je reste naufragé,

Ensablé, près de toi...

 

Je voudrais être au large,

Dériver sous le vent.

Je voudrais être flot,

M'engouffrer au chenal.

Je voudrais être lame,

Me briser aux écueils.

Je voudrais te rejoindre,

Atteindre l'autre rive,

Accoster sur ton île.

 

Viens, viens,

Laisse moi me baigner

Dans le bleu et le vert,

Au corail de tes yeux

Verser larmes de ciel.

 

Laisse-moi clapoter,

Déposer mes baisers,

Coquillages en fleurs,

Anémones tremblantes,

Aux nacres des écumes

Des roulis de ta chair.

 

Laisse-moi chevaucher

La houle de tes hanches

Rouler et balancer,

Danser sur tes frissons,

Ondoyer près de toi!

Oh! Viens, viens!

Entends le désir

Qui tremble dans ma voix!

 

 

Et tu hisses la voile

De ton bras blanc, tendu

Entre mer et ténèbres.

Je cours dans le gréement,

Saute jusqu'à la hune,

Monte dans les haubans

Jusqu'au mât de misaine.

Plus haut, plus haut,

Toujours plus haut!

 

Je dors dans la dunette,

J'y ai posé mon cœur.

Ô mon amour,

Nappe d'or constellée,

Pluie d'étoiles versant

De longs sanglots d'azur,

Souffle aux mille alizés!

 

Prends la mer,

Largue tout,

Les amarres et les voiles!

Je reste sur le quai,

Je t'attends et t'espère.

Lentement, prudemment,

Serre le vent,

Vire de bord!

 

Prends le large et...

Mes mains!

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C
Quelle belle poésie avec des images sublimes qui nous bercent et nous élèvent. Le poète voudrait être flot, un flot aussi puissant que l'Océan pour rejoindre son Amour, pour l'entourer, pour danser, ... pour l'aimer et être aimé. Un Amour toujours plus haut, plus haut qu'un grand voilier naviguant sous un ciel étoilé sur l'Océan... Et les vents alizés inclinaient ses antennes ... Votre poésie nous fait voyager et rêver... Mais il reste sur le quai et attend sa main...
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J
Plus modeste, je ne rêvais que de conquérir votre cœur pur...n'étant si possible, ni héroique ni brutal!
C
Je vais mettre entre guillemets les paroles de José Maria de Heredia : "Et les vents alizés inclinaient leurs antennes ..."
Je connais par cœur "Les conquérants" de J. M.D. Je l'étudiais avec mes élèves quand on parlait des grands navigateurs, notamment Christophe Colomb qui était parti de Palos de Moguer. Puis on allait au musée de la Marine pour admirer les grands voiliers. Je me suis plongée dans le passé, votre poésie nous emporte sur l'Océan.
J
Je relirai José Maria de Hérédia! Merci Chantal! Quelle sensibilité à fleur de cœur! L'amour s'y épanouit.
K
Superbe Poème qui donne envie de s'abandonner.
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J
Abandonnez-vous, la poésie est le dernier voilier pour les songes et les cœurs étoilés! Merci!
P
Je me retrouve dans ce texte Jean Michel donc merci
Répondre
J
Oui, l'argot est moins accessible!
As-tu vu que j'ai tout traduit sur le poème d'hier?
Régale-toi!
M
Avec de si beaux mots, qui refuserait de prendre votre main......pas moi ......je veux bien prendre le large.....mais avec vous !!! Après Venise, nous pourrions aller............poussés par les alizés........
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J
Embarquement pour Cythère! Alors on part? Merci prime MORGANE!