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Grippe-sou

Publié le par modimodi

Déjà ton père, c'est dans tes gênes,

Ne voulait respirer qu'à peine

Afin d'ménager son haleine !

D'harpagon, t'as la litanie :

Débourser est une sale manie,

Ton amie, c'est parcimonie !

 

Hier, c'était les bouts d'chandelles,

Les mégots et les bouts d'ficelle,

Aujourd'hui, c'est riz, pain et sel.

Pas de lait dans la béchamel,

Économie d'produits vaisselle

Et toujours vide, le sac-poubelle !

 

On te dit rapiat et grigou,

Le grippe-sou de la soupe au chou !

Tu comptes la semoule, grain à grain,

T'es un mesquin et un radin !

Ta spécialité, c'est la quiche

De pois cassés et de pois chiches !

 

Tout se mange, jamais de restes,

Soupe de fanes, gâteau de zestes,

Plus c'est léger, plus c'est digeste !

Mistigri est tout rabougri,

Pas de fromage et pas d'souris !

Reste plus qu'à lécher l'tapis !

 

Un seul credo ! Chasse au gaspi !

Y'a pas d'petites économies :

Têtes de gondole et promotions,

Rabais, ristournes en obsessions !

T'es un faucon et un rapace,

Là où tu passes, le prix trépasse.

 

Point de désirs ni de besoins !

Diète et carême, point d'embonpoint !

Toujours entasser, conserver,

Réparer, ne rien remplacer.

Les meubles, faut pas les frotter

Par crainte de trop les user.

 

Se chauffer ? Luxe superflu,

Avec trois pulls, on est vêtu !

Tes panards ont double chaussettes,

Tu zieutes dessus les lunettes,

Pour pouvoir épargner les verres,

Comme aurait dit le cher Molière.

 

Toi, tu geins, tu pleur' de misère,

T'as plus qu'du sel dans ta salière

Et d'l'eau bénite  pour les prières.

Mais ton compte en banque prospère,

L'avarice est mère nourricière,

On dit mêm' que t'es millionnaire.

 

Jamais d'bijoux ni de cadeaux,

Mieux vaut amasser les lingots

Que d'donner des perles aux pourceaux.

Pour tes voisins, t'es un fauché,

Un édenté, désargenté,

Un avare aux poches trouées.

 

Fermeture-éclair de coincée,

Il est à sec, ton porte-monnaie !

Perds pas ton temps à te fouiller,

Tu ne peux jamais rien payer.

Quand l'addition est à régler,

Aux toilettes, tu t'en es allé !

 

De brocante en vide-greniers,

Toutes tes semelles sont usées.

Tu t'échines à tout marchander,

Prix bradés, dix fois négociés,

Occasions, produits périmés,

Pour toi vivre et t'alimenter.

 

Tu te vêts sans rien dépenser,

Tes habits sont tous élimés.

Par chance, tu peux t'pavaner,

T'es à la mode, cette année !

Le grunge-bobo décontracté

A rendu chic, le déchiré !

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P
Grippe-sou dort sur un matelas de billets de banque,
Au fond du jardin, il creuse et cache ses lingots.
Il pense, c'est sûr, avoir trouver la bonne planque,
Méfiant, soupçonneux, il surveille de près son magot.
Entre cigale et fourmi, il a choisit son camp
Pas marrant la vie avec un zogotot comme lui!
Il ne vous achètera pas un manteau d'astracan!
Comprenez bien qu'avec lui, aucun geste n'est gratuit.
Le portrait me fait penser à un ancien collègue, avare comme pas un, qui achetait du poisson le vendredi parce que ce jour là, le poissonnier donnait un citron au client!
C'est lui aussi, qui lorsqu'il offrait un verre de vin, remplissait une bouteille qui avait une étiquette de grand cru avec de la "bibine" !
Inutile de vous dire qu'il ne faisait pas partie de mes amis !
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J
Belle poésie inspirée! C'est cela cultiver son jardin secret? Cultiver des lingots pour des héritiers fayots?