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Sans queue ni tête

Publié le par modimodi

Dans ce monde faussement sérieux, qui se prend trop au sérieux, a-t-on le droit d'élucubrer et de perdre la tête, ne serait-ce qu'un instant ? Mon cher ami, mon lecteur de passage, quand l'humeur me prend, moi, je divague allègrement. Mon imagination passe du coq à l'âne. Toi, le rescapé de l'arche de Noé, je t'en apporte bêtement la preuve.

Tu le sais comme moi, notre vie simple et joyeuse, est pleine de situations farfelues et d'expressions toutes faites. J'ai plaisir à t'en livrer quelques-unes, sorties tout droit du con-texte d'un quotidien des plus banal et de mon imagination fantasque et tordue dans le labyrinthe de mes circonvolutions noueuses.

Mon malin plaisir est de les détourner afin de jouer avec leurs multiples sens. Ne te prive pas à ton tour, de quelques ronds de jambe, de mots laids. Le ridicule ne tue pas. Même si la vie est une farce à mourir de rire, l'humanité est prospère !

Ainsi, sans méthode rationnelle ni logique d'idées ou de messages à faire passer, voici les stupides élaborations élucubrées d'une istoir sans queue ni tête. Tu peux me traiter d'ectoplasme ! Tu n'en reviendrais pas si tu entendais mon fou-rire. Avec ma patte folle, je hante les couloirs du bon sens, en agitant mon drap blanc, mes chaînes et mes grelots !

Tu es prévenu, tu vas rester collé au sol, comme un humain terre à terre, en te tordant comme un ver. Tu demeureras englué dans la nébulosité de ton jugement glaiseux. Tu es déjà tout disposé, un bizarre sujet idéal. En effet, je suis déraisonnable de propos insensés. Qu'importe donc la ligne de conduite de ton opinion, si ta réflexion ne tient déjà pas debout.

Ce n'est pas moi, qui vais t'emporter et t'élancer dans l'intellect comme une baudruche. Tu sais très bien te ballonner tout seul avec des blagues à deux balles : une hache, deux os, c'est ton ballon d'oxygène !

En général d'ailleurs, il faut que le débat s'élève pour que les esprits prennent de la hauteur et les points de vue de la profondeur. En effet, si les pensées veulent échapper à la pesanteur de banals propos, vides de sens et lourds d'ennui, il n'y a pas d'autres moyens de les éviter, qu'en lévitant...

Longue vie aux joyeux de l'existence qui n'ont pas peur d'éclater et de crever de rire. Présentement, tout le monde peut se détendre les zygomatiques avec ces inepties et rire à gorge déployée et ventre déboutonné de ce texte décousu.

Ceux qui redoutent le dernier grand sommeil ont un accès libre à mes histoires à dormir debout. C'est d'ailleurs le rôle des rêves, de nous permettre de jouer la fille de l'air, de planer, d'être dans les nuages ou dans la lune afin de tirer des plans sur la comète.

Mais pour revenir sur terre, nous pouvons faire confiance aux gens qui occupent le terrain de l'humour gastronomique où il y a, autant à boire qu'à manger. Certains gâte-sauces ont l'art culinaire de nous mettre la rate au court bouillon ou simplement de nous faire bouillir. Avec eux, inutile de se brouiller ! Si ça sent le roussi ou le brûlé, pas la peine de déguster.

D'ailleurs, n'est-il pas singulier d'observer que chaque fois que quelqu'un met les pieds dans le plat, les autres ne sont pas dans leur assiette. On ne peut être étonné, que même en parlant à mots couverts, on se retrouve alors, à couteaux tirés.

Heureusement, la vie nous fait parfois les honneurs et nous offrent quelques lauriers. Le protocole étale ses laïus et flatteuses louanges. Dans le convenu et l'émotion, chacun y va de son couplet. N'hésitez plus à mourir de honte, les morts auxquels on rend les derniers honneurs, ont tous les mérites.

Les discours des récipiendaires, souvent s'émaillent de mots creux et de coquilles. L'emploi répété d'expressions "de facto, ex abrupto, in fine" pour faire cultivé, avec force élans pompeux sont à la fois, faussement sincères et sans grande inspiration. Celles-ci s'apparentent, plutôt à des formules en apnée, des bulles d'air, censées combler les grands vides de l'esprit. Au point qu'il existe, je le crains, deux types de discours, dont un typiquement récipient d'air !

A t'on le choix ? Haut les cœurs ou les haut-de-cœur ! En amour, avoir du cœur au ventre, n'empêche pas d'avoir gros cœur ! On ne s'étonnera donc pas de conflits moraux et de luttes intestines avec soi-même. Naturelles aussi, sans doute, certaines aérophagies ou dyspepsies nauséeuses, à gargouillis et ballonnements, quand l'estomac se noue ou que l'amoureux se soulage et vide son cœur ! En amour, il ne faudrait pas se laisser gonfler ou prendre aux tripes ! Qu'est ce qui est préférable : l'envoi sur les roses ou le renvoi sur l’Éros?

Ce monde qui va à mille à l'heure est plein de traînards, qui prennent le temps de nous expliquer, en se lamentant, qu'ils n'ont pas le temps de réaliser, ce qu'ils avaient prévu. Ils nous expliquent, pendant un quart d'heure et par le détail, qu'il leur manque justement quinze minutes pour achever ce qui était envisagé. Lanterner n'est pas une preuve de lumière ! Au train-train, où vont les choses, il n'y aura bientôt plus, que les tapissiers à la bourre.

La hiérarchie exige que même chez les tristes sires, on passe la brosse à reluire. Mais ceux qui vous cirent les pompes, les lèche-bottes et les brosse-manches, le font plus par opportunisme que par amour propre. Quant aux lingères, qui ont passé tant de temps à repasser, sans mélanger les torchons et les serviettes, on ne peut pas être étonné qu'un jour, cela va de soie, elles finissent dans de beaux draps !

J'ai osé illustrer l'absence de sérieux de mon esprit déraisonnable et original. Me pardonneras-tu cet affreux excès de facilité et d'incongruité ! Sans espérer la moindre indulgence de quiconque pour ces apparentes inepties, j'ai une pensée particulière pour ce pauvre Adam, premier jardinier de son état ! Il n'eut hélas, pas d'autres ressources, que l'opulence édénique des fleurs de marguerite ou violette, les fruits de la passion et le ramage des oiseaux du Paradis terrestre, pour consoler sa fatale condition : Ève ou ne pas Ève ! Mais, se posait-il cette question ?

 

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P
Souvenons-nous de la brave lingère qui est devenue Madame Sans Gêne. Elle a finit dans "de beaux draps de soie" tout en restant sincère, vraie et directe dans ses propos. On dit qu' elle a su tenir tête à Talleyrand à qui on attribue le proverbe :" Derrière chaque grand homme, il y a une femme." Alors, la "race bénie des hommes" n'a que des remerciements à faire à la gente féminine.
Quant à Adam heureusement qu'il a trouvé Eve sur sa route pour vivre. Pour leurs deux fils Abel et Caïn, s'ils avaient eu chacun une compagne, la vie aurait peut-être été plus douce pour eux !
Bon j'arrête là mes élucubrations. Je me suis encore bien amusée aujourd'hui.
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J
Adam et Ève et Madame sans Gêne! Voilà des références historiques curieusement associées! Du paradis terrestre à l'enfer de la politique du diable boiteux! Merci Pénélope, la mutine!