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Je-m'en-foutiste

Publié le par modimodi

Y'a pas grand-chose qui te choque !

Tout peut être, de bric et de broc,

Bancal, bâclé, plutôt mastoc,

En général, toi, tu t'en moques.

 

Tu excelles dans l'à peu près.

Mal épluché, pas bien paré,

Mi-figue, mi-raisin, pas huilé,

Moitié cuit, ce n'est pas brûlé !

 

Tu fais dans l’approximatif,

Tu n'vas pas t'arracher les tifs !

Pourquoi donc te contrarier

Pour un p'tit clou mal enfoncé ?

 

A quoi bon devoir fignoler,

Quand ça fonctionne, même à moitié ?

Toi, t'es l'artiste du torchonné,

D'la symphonie inachevée !

 

Avec toi, pas de minutie !

Préparateur en pharmacie,

Ta pommad' pour l’alopécie

Eut pour effet la calvitie !

 

Dosage, mélange ou proportions,

Sans respect de la prescription,

Font convulsion ou congestion.

Aucun espoir de guérison !

 

Je t'ai trois cents fois dit non !

Je refuse tes invitations,

J'veux pas d'ta tarte aux p'tits oignons,

Tu peux garder tes champignons !

 

Tout te pèse, tout est corvée,

Jamais l'temps de finement penser !

Tu es sans cesse obnubilé,

Obsédé par une seule idée.

 

En affaires, il faut décider,

Cochons, couvées, amis, marchés,

Fixés, topés, jurés, crachés

Conclus, signés, vite expédiés.

 

Bah ! Qu'importe le résultat !

On n'va pas y passer le mois.

Quand bien mêm', t'aurais qu'un chouïa,

Tu te dépêches et puis basta !

 

Aucun retard, aucune attente,

Illico, toutes affaires cessantes !

Mais c'n'est pas toi, qui parlementes

Ou l'résultat qui te tourmente.

 

Tu t'en fous com' de l'an quarante !

Tu n'as qu'à jouir de tes rentes !

Tu peux vivr'à la p'tite semaine,

Et c'n'est pas l'stress qui te surmène !

 

Si un importun te survolte,

Tu hausses les épaules, désinvolte !

Et si par hasard, tu t'agites,

C'est pour agir à la va-vite !

 

L'opinion des autres, tu t'en fous !

Qu'on te dise, négligent et mou,

Échevelé et débraillé,

Tu prends l'air le plus détaché.

 

La chemise pas repassée,

Les chaussures jamais cirées,

Et la braguette entrebâillée,

C'est ton style, branché et yéyé !

 

De ce constant laisser-aller,

Toujours prêt à laisser tomber,

De cette allure drôle et godiche,

Toi, tu t'en fich' et contrefiches !

 

Tu n'vas pas faire l'homme sandwich,

Prendre la pose sur une affiche 

Pour une publicité de quiche 

A qui tu susurres : Ô ma biche !

 

Habillé à la six-quatre-deux,

Mains dans les poches, joyeux, heureux,

Tu ne te prends pas au sérieux.

A quoi bon être trop soucieux !

 

Te prendr' la tête, te fair' des cheveux,

Quand on coupe la poire en deux, 

Et qu'on peut comme Lao Tseu

Emprunter la Voie du Milieu !

 

Inutil' de doubler la mise !

Tu t'épargnes, tu t'économises,

S'il faut courir, tu te ravises,

Ne pas s'fouler, c'est ta devise.

 

Pas la pein' de mouiller la chemise

Quand on a d'la débrouillardise !

"Dans le flou, la vie est exquise !"

Disait en louchant la marquise !

 

A la va-comme-je-te-pousse,

Tu ne vas pas te faire de mousse !

Les quolibets, tu passes outre !

Rien à cirer, pour un jean-foutre !

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D
Neurones activés
Neurones blindés
Neurones envolés...
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C
Décontracté et peinard,...il paraît ! Négligé, négligent, ... sans dignité, affreux, ... il est !
Il faut de tout pour faire un monde, des cinglés, des toqués ...des intelligents, des cultivés, des raffinés, des sympathiques...
Bien écrit votre texte, pas du torchonné !
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J
Vous me donnez des idées de portrait! À quand une co-écriture? Sinon, j'ai une idée de blog commun! Incitatif à la participation du plus grand nombre!
J
C'est donc quand la vie vous assaisonne, qu'on a les cheveux poivre et sel! Merci à Pénélope qui se faisait des cheveux en attendant Ulysse!
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P
Je ne me fais pas de souci pour ce personnage, il vivra vieux et n'aura pas beaucoup de cheveux blancs! Une certaine philosophie de la vie qui n'est pas la mienne.
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