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Lettre à ma libre amie : Liberté, chérie ! 1

Publié le par modimodi

 

Reçois amour, cette longue lettre mûrement réfléchie et grande ouverte comme mon cœur !

Chantée par Paul Eluard, revendiquée sur le blog "écrits en liberté", je te chante à mon tour, Liberté ! En tête de la devise républicaine de la France, tu es gravée au fronton des édifices officiels. Tu as tes tableaux, tes statues, tes effigies, tes égéries, tu es vénérée comme une madone ! Le monde a fait de toi, un de ses plus grands principes philosophiques. Tu es représentée par des symboles et définie par des lois. Enjeu et principe de paix et de bonheur, on te conquiert, te défend et te fête !

Ô Liberté chérie ! Ta privation est un drame. Les victimes de dictature sont au désespoir. Ils subissent les entraves de l'arbitraire, les excès d'autorité et l'injustice des inégalités. En toute conscience, je choisis la liberté.

Sais-tu, toi, qui partages mon existence que j'y tiens, comme on tient à la vie. Toi, ma Muse en liberté, je suis ton Poète ! Laisse-moi donner libre cours à ma fantaisie d'écriture car je chéris les vers coquins et les vers libres. Depuis toujours, en amour comme en pensées, je préfère l'union libre ! Entends-tu ma chérie, je ne renoncerai jamais, à ma liberté chérie !

Toi, que je contemple et admire, tu l'incarnes fièrement comme sur le tableau d'Eugène Delacroix : "La Liberté guidant le peuple". Tu dresses victorieusement ta flamme, comme la Statue de la Liberté éclairant le monde, d'Auguste Bartholdi, sur l'île de Liberty Island, à New York. Poitrine au vent, regard de braise, tu es mon souffle et ma lumière !

Nous voulons toi et moi, rester libres et heureux ! Il nous est donc indispensable d'aller et venir, penser et agir, librement ! Notre condition d'humain est libre et nous luttons pour conserver notre indépendance.

La nature nous autorise à utiliser nos facultés et aptitudes comme bon nous semble, c'est l'expression de notre liberté naturelle. Elle est et serait idéale, pour nous vivre en Robinson ou pour survivre sur une île déserte. Mais nous habitons en société.

La liberté doit surtout nous permettre de demeurer parmi les autres. Nous aimons donc la compagnie de nos semblables. Ainsi notre liberté civile de citoyen nous garantit-elle, le vivre ensemble. Liberté de pensée, d'opinion, de mouvement ou d'action conditionnent de manière régulée, le bien-être et le bien-vivre de chacun ! A la condition de respecter la célèbre formulation de John Stuart Mill : "La liberté des uns s'arrête là, où commence celle des autres."

Dans nos études philosophiques, t'en souviens-tu, Baruch Spinoza nous a parlé de nécessité absolue et de déterminisme ? Contre l'opinion de Pascal, certains jansénistes disaient même qu'elle n'était qu'illusion ! Selon ce principe fataliste, nous sommes censés être déterminés à la naissance et nous ignorons les causes de notre destinée.

Aujourd'hui encore, nous nous interrogeons, amour ! Car si nos choix sont influencés génétiquement, culturellement, politiquement, sommes-nous, toi et moi, faussement libres, en liberté surveillée et conditionnelle ? Nous le craignons mais repoussons cette idée. En effet, n'est-ce pas pour finir délicieux, quand emprisonné dans ton regard, quand serrée dans mes bras, nous nous retenons l'un en l'autre ?

Au quotidien, nous exerçons, en toute conscience, notre liberté par notre volonté, par notre libre-arbitre et par notre raison. En êtres raisonnables, nous nous devons au mieux, de suivre ce principe cher à Kant, en tant que volonté pure d'obéissance à la loi morale.

Encore faut-il que nous ayons réussi à nous débarrasser des influences de la sensibilité, de nos ressentis, de nos croyances. Dans notre vie de citoyens, en étant engagés dans la cité, nous y parvenons partiellement. Nos jugements indépendants et notre discernement nous permettent de choisir entre des options contraires et de réaliser pleinement, en toute clarté, le choix que nous avons retenu, face aux enjeux du moment. Le vote moderne illustre parfaitement cette condition d'exercice de notre liberté, dans un régime démocratique, comme celui du beau pays dans lequel nous vivons.

C'est ainsi que, pour moi, tu es devenue l'élue de mon cœur, dans un choix délibéré ! Je ne parlerai pas d'options, ni de choix multiples, j'ai exercé ma liberté sans papillonner ! Bien sûr, je n'ai pu faire abstraction de mes sentiments. D'ailleurs, je ne l'aurais pas voulu ! Mon cœur a dicté sa raison. Mais, je suis libre car je n'ai pas obéi, j'ai adhéré à la loi d'amour, de notre amour, ma seule loi morale, car juste et édifiante pour mon esprit et mon cœur !

Spinoza nous a aussi rappelé qu'être libres, ce n'est pas pouvoir faire, c'est faire. Oui ! La liberté se définit par rapport à la puissance, à la capacité d'agir. Nous œuvrons donc, toi et moi, à l'amélioration de notre condition et quand parfois, nous le pouvons, nous participons au progrès de l'humanité.

Farouchement épris de liberté, nous avons pris de libres décisions car mêmes nos professions sont des professions libérales ! Mais plus encore, de la puissance à l'acte, nous sommes des amants libres et nous le prouvons en faisant l'amour, c'est à dire en réinventant l'amour ! Nous y prenons sens et force.

Encore, faut-il, pour être et vivre libre, selon Karl Marx, pouvoir agir en ayant bien sûr, les moyens de l'action et choisir alors, l'intérêt général plutôt que la domination du plus fort sur le plus faible. Halte à la soumission, sinon, c'est la lutte finale ! Oh chérie, mon amour, tu es ma liberté !

Aucun de nous n'exerce une emprise sur l'autre ni physiquement, ni moralement. Notre couple s'en préserve ! Nous ne cherchons qu'une seule maîtrise, celle de parvenir à nous dominer personnellement ! Par contre, les jeux d'amour nous permettent librement d'alterner des positions dominantes mais c'est alors, pour donner corps à la suprématie des plaisirs.

Ma douce amie, tu es comme mon frère en humanité ! Charles Baudelaire l'avait prophétisé, il savait que malgré les éléments contraires, déchaînés et indomptables, en "Homme libre, toujours tu chériras la mer !" De ma fenêtre, à mon bureau, je la contemple et je trempe ma plume dans son encrier bleu.

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P
Magnifique , mais en cette période il me semble que notre LIBERTE souffre un peu !!!!!
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