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Parlons franc !

Publié le par modimodi

A la veille des élections européennes de 2014, les déclarations politiques allaient bon train ! C'est à qui crierait haro sur le baudet et haro sur l'Euro ! Ce sont près de 390 millions d'Européens, souvent eurosceptiques déçus ou nationalistes revanchards, qui étaient appelés aux urnes, pour choisir la composition du neuvième Parlement de l'histoire de l'union Européenne.

Belle union cacophonique ! Comment parler d'une même voix, à 28 Etats membres ? Les débats entre candidats en lice à la députation européenne laissaient entrevoir le fiasco des idées reçues comme la difficulté à faire entendre, les enjeux majeurs pour le bien commun. Comment affirmer une réelle volonté d'harmonisation ?

Dans une politique d'austérité, due à une crise financière dramatique, la clause de non solidarité inter-étatique l'a emporté. Le chaos de la Grèce, en cessation de paiement, son impossibilité du refinancement de sa dette ont sonné l’hallali de la confiance dans les bienfaits d'une monnaie européenne forte et commune. Aujourd'hui, la B.C.E. se porte garant du rachat de toute dette publique d'un pays. Oui, mais pour combien de temps encore ?

L’Europe est attaquée par ses membres. La déréglementation et l'absence de mutualisation, les disparités fiscales et de règles de droit du travail, entre les Etats, la crainte d'une nouvelle faillite bancaire, l'absence de budget, de gouvernement commun et d'institutions collectives, mais encore plus le manque cruel d'ambition pour la formation et l'avenir de la jeunesse sont autant d'obstacles à l'adhésion d'une Europe de croissance et de progrès.

Entre une Europe sociale ou libérale, laïque ou chrétienne, économique, industrielle, agricole, voulue commune, les courants s'affrontent et le rêve d'une législation communautaire, bénéfique à tous, s'éloigne irrémédiablement. Trop de menaces sur l'emploi en constante récession, sur le pouvoir d'achat et sur le niveau de vie, toujours en baisse, bien trop de pays endettés ou ruinés ou au bord de la faillite, tandis que prospère la finance privée et que les peuples grondent de colère !

Devant tant de difficultés grandissantes, impossible de croire à une Europe de progrès ! D'inquiétants bruits de bottes nous entraînent aujourd'hui comme hier à douter d'une Europe de la paix ! Ils sont donc allés voter, mais avec pieds de plomb, dans l'intime de nos convictions, en ordre dispersé !

Pourtant l'espoir était bel et bien, au rendez-vous ! Il s'en souvient encore, comme-ci c'était hier ! ...

En cette nuit historique, qui devait inexorablement basculer du 31 décembre 1992 au 1er Janvier 1993, Charles Letailleur, Chavassou par sa mère, s'était endormi repu et satisfait d'être resté Franc, François, Français depuis Clovis, nationaliste par honneur et chauvin, par principe! Sa nuit fut pourtant agitée de quelques rêves étranges...

Dans un jeu de cartes, grandeur nature, quelques rois et quelques reines de Belgique, d'Espagne, des Pays-Bas, du Royaume Uni et du Danemark s'échangeaient titres et couronnes, livres et écus. Dans une trouée de nuages, Miss Maggie, Carmencita des Cigarières, jupe retroussée en haut des cuisses, dansait une flamenca effrénée devant Mario et Helmut, sous l’œil malicieux et amusé de Dieu. Deux constellations plus loin, les ailes bleutées, piquées d'étoiles, la Cicciolina, nouvelle Marianne des espaces, poitrine gonflée au vent de l'histoire, juchée sur l'ultime barricade berlinoise s'époumonait à répéter : " Vous n'aurez pas l'Alsace et la Lorraine ! "

Au petit Matin, Charles Le tailleur ne réalisa pas qu'entre le sommeil et les songes, il avait accompli l'Acte Unique Européen. Comment aurait-il pu s'inquiéter ou s’enthousiasmer pour une idée vieille de 35 ans ! Europe, vieille Europe ! Allez hop !

Voilà bien des lustres, taillés à facettes des salons d'ambassade, que sans avoir entendu l'appel de Robert, que sans connaître Clara, il appréciait les évocations rêveuses et romantiques de la musique de Schumann et qu'il savait bien avant le père Jean que la construction européenne comme celle de tout Etat, était une affaire de Monnet is money !

Toutes les croisades, les guerres et les révolutions avaient eu pour but de bouter l'estranger et toutes avaient eu le même résultat ! Les survivants s'en étaient revenus avec des mots, des modes et des coutumes d'ailleurs. Tout en refusant même de mettre les pieds à l'étranger, il n'avait pu éviter de mettre les pieds dans le plat ! Tant il se régalait de pizza, choucroute ou paella.

Gentleman intègre et dandy à ses heures, il n'aurait pour rien au monde voulu retourner sa veste mais il appréciait l'élégance du tweed et le confort du loden. Et oh ! Shocking, il n'aurait pu se rendre à l'opéra sans son smoking et son Alfa Roméo. Son fils Alexandre apprenait à l'école l'anglais, l'allemand et l'espagnol, était boy-scout et jouait, les week-ends, au tennis dans un club.

Ainsi, sans le savoir, comme Monsieur Jourdain faisait prosaïquement de la prose, il était déjà européanisé avant d'être européen. Mais étrangement, ce qu'il rejetait le plus en ce janvier 1993, ce n'était pas l'étranger mais le manque d'étrange.

A son fils, il disait : "Christophe Colomb était grand, Vasco de Gama, Magellan ont laissé leur nom parce qu'ils ont découvert l'Amérique, les Indes et fait le tour du monde. Mais quel Eldorado nous reste-t-il encore à découvrir, quel bon sauvage à civiliser ? Où sont les pays de Cocagne, les terres promises, les aventuriers et les chercheurs d'or ? "

Aujourd'hui, place désormais à la diplomatie inter-étatisée, à l'import-export des idées inter-tétanisées, place à l'ouverture des frontières où seuls nos rêves sont encore en contrebande. Ne nous reste-t-il plus qu'à attendre la dérive accélérée des continents, qu'à traquer obsessionnellement le fossile ou qu'à espérer les extra-terrestres ?

En quelle marmite de géant, les marmitons de la politique vont-ils mitonner leurs rêves européens ? Le leurre et l'argent du leurre ! Hop et un de plus!

Ici et là, les nationalistes, les populistes et les eurosceptiques veulent sortir de l'Europe, le blond showman Boris s'excite sur le Brexit. Nous savons à présent, pourquoi a été fait le choix du sigle EU... N'était-ce pas le signe avant-coureur, qu'entre l'être et l'avoir, l'égalité du mythe européen permettait à chacun, faute de l'avoir été, de pouvoir être EU !

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C
A la fin de la Seconde Guerre mondiale (1945), l’Europe a été coupée en 2 parties : L’Europe de l’Ouest et l’Europe de l’Est. (L’Allemagne était divisée en 2 parties : l’Allemagne de l’Ouest et l’Allemagne de l’Est).

Des hommes politiques clairvoyants ont compris la nécessité pour les pays européens de l’Ouest d’oublier les querelles et les guerres du passé et de se rassembler en une union forte.

Le ministre des Affaires Etrangères de la France, Robert Schuman a pris l’initiative de créer
dès 1951 une Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier (CECA).

Le plan Schuman a été mis au point par Jean Monnet qui veut fonder une première institution européenne. Il propose un organisme qui sera chargé de superviser et de répartir la production du charbon et de l'acier qui sont à cette époque les 2 piliers de l'économie.
Six pays font alors partie de la CECA :
La France • la République fédérale d’Allemagne (RFA) • la Belgique • les Pays-Bas • le Luxembourg •l’Italie.
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J
Je vais pouvoir repasser mon bac! Merci Chantal, l'érudite!
P
Il existe quand même des personnes pour qui l'Europe est très attrayante puisque chez moi, nous avons le choix entre 22 candidats!
(22 piles de bulletins de vote, un beau gâchis de papier).
Devenir député européen fait partie de leur rêve mais pour en faire quoi?
Quant à "EU" pour ma part cela me fait penser à une charmante petite ville de Haute-Normandie.
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