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Lettres d'a.m.o.u.r. Etonnamment ! 3

Publié le par modimodi

Étonnamment

Mon amour, j’ai perdu mon temps et j'ai tordu mon cœur à vous tutoyer. Notre proximité n'était qu'un mirage, une illusion d'optique amoureuse !

Ô vous ma muse, ma mie, savez-vous que l'amour donné un jour, est donné pour toujours.

Pour vous, je ne cesse de m'activer. J'herborise et je botanise, je cueille des pensées et je choisis des mots de bonne famille, de noble composition et de fortes racines... A pleines dents, je les mâche, je les broie, les déchire sans en démordre et les rumine sans chiqué !...

J'en prends empreinte, à perdre haleine, je les prononce dignes de bouche et de langue, dignes des cris et des mots, dignes d'écrits et de maux... Pour vous, rien que pour vous, je fais profession d'écrits vains, d'écrits et chuchotements, motus de bouche cousue, au fil noir de mes nuits blanches !

"Souffrez, souffrez, ma Dame que ma Muse m'amuse," clame le frêle poète, en mâle inspiration ! Alors qu'il devrait dire : "Riez, riez, ma Dame de ce que ma Muse m'use !" Mais vous me transpercez à grands coups d'arquebuse, estimant que j'abuse de vocalises intruses. Et comme, je n'ai pas la poésie infuse, je recherche, ma Muse, une rime qui fuse, au son de ma corne-Muse !

Ah cruelle, vous abusez ! Vous riez de mes impromptus, vous détournez mes élégies, vous affectez mon style, me mettez à la page, à l'index, en renvoi. J'ai des langueurs et des longueurs. Je rabâche, me dessèche, ma cadence est hachée. Mes figures se boursouflent et mes pensées se fanent, dans la banalité de quelques saumâtres platitudes. Le pathos m'envahit. Je m'épate et m'empâte comme un pataud logique !

Ô Muse, ma félonne, regardez ma douleur de la difficulté d'amour et d'écriture. Au corps des mots, le verbe s'est fait chair, à cors et à cris, en corps à corps et toujours et encore, en accords, cherchés en vain. Oh ! Si, ma foi, l'amour n'est pas une profession, vous écrire en vers et contre toutes rimes et raisons, n'est sûrement pas un métier. Entre la belle et la carrière, la première doit être embrassée et la seconde exploitée ! Et non l'inverse, quelle que soit votre bonne mine !

Bien sûr, il me faut trouver pour vous, le bon filon et avoir de la veine littéraire pour éviter les éboulis. Gare à ma chute ! Je suis déjà éreinté à ramasser des cailloux dans mon jardin des lettres et malheureux comme les pierres, qu'elles ne soient pas de touche pour mieux vous émouvoir !

Mais inutile de marquer d'une nouvelle pierre blanche d'insomnie mes rêves nocturnes. Je sais que vous avez un cœur de pierre et que vous en ririez aux éclats. D'y penser, je me pétrifie.

D'ailleurs, vous prenez un malin plaisir tout autant que votre pied, du moindre de mes scrupules. Vous m'avez traité de boiteux pantouflard ! Mon style, même lapidaire et paléolithique doit, je le sais, éviter le ton rocailleux !... D'autant que vous ne seriez pas un cas rare, bien que de marbre et, sans doute la première, à me jeter la pierre afin de m'en faire paver ! J'ai déjà bien assez de l'enfer de mes maudits mots dits. Et pourtant, vous vous obstinez à me solliciter.

Ma contre escarpe, mon amour, ma Muse pour toujours, vous m'avez déjà demandé une lettre d'A.M.O.U.R. Que choisir à nouveau ? Quelle lettre vous donner, qui fasse bonne impression à ce fichu caractère ?

Ah ! Étonnamment vous avez ri du A ! Vous vous êtes gaussé de mes Ah, le fat, le bêta sur toute la gamme A des aléas et des alinéas, des errata de mon cœur aux abois et des cahin-caha jusqu'à l'anonymat !

Je vous ai offert une couronne, un diadème tout en M.M.M.M.M.M.M, tout en Emiatej ! Je vous ai crié, jusqu'à l'extrême, aimez-moi, comme moi je vous aime ! Je vous ai offert un bath M... Je suis devenu, fort en t'M et vous en ana-t'M et même en strata-j'M !

Oh ! Ne prenez outrage, si j'évoque, à nouveau, le Ô, tout en haut de vos bas et l'eau qui y ruisselle, bientôt, sitôt, trop tôt, ô mon amour, qu'on vous presse d'aimer. Je me voue à vous, ô Aquarius, mon doux Verseau et je me noie en votre amour étoilé et limpide. Ô capriccioso, délicioso méli-mêle-eau !

Nos corps entrelacés, pris au pied de la lettre et pleins de déliés, pouvaient à l'Unisson, joindre l'Utile à l'Ultime afin, selon l'usage, d'offrir en Usufruit, l'Unique space hymen, en nue-propriété. Mais vous m'avez traité d’hurluberlu, d'Ubu à la berlue !... On me hue, me conspue, je me sens abattu, mis au rebut, déçu ! L'amour fou est foutu !

Attitude erronée ! A ma barbe, à mon nez, vous vous donnez de l'aiR. Comme pour m'éreinter et me faire prendre l'hèRe, vous prenez vos grands airs, dédaignant l'érotisme. Ne vous étonnez pas que sans en avoir l'R, l'amour vous fasse la moue et que j'en sois tout mou !

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J
Conquérir? Non! Être entendu? Peut etre!... Compris? Mystère! Merci Pénélope!
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P
La muse a vraiment un cœur de pierre si elle reste insensible à une telle lettre d'amour.
Comment résister à tous ces mots dits? Maudit soit la froideur du marbre même si, d'une blancheur immaculée, c'est le plus beau du mode.
Envers et contre tous, le pauvre écrivain pathétique réussira-t--il à conquérir sa belle?
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