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Lettre d'un philosophe à sa libre amie : Liberté, chérie ! 5

Publié le par modimodi

Entends-tu chérie, je ne renoncerai jamais à ma liberté chérie !

Pour vivre en affranchis, la liberté exige délibérément de nous, de faire des vrais choix et de donner de la valeur, aux différentes possibilités. Nous posons ainsi des actes responsables que nous pouvons justifier.

Notre liberté est toujours l'expression de notre volonté et l'affirmation de nos principes, en fonction de nos désirs que nous avons, comme Spinoza, jugés raisonnables.

Mon cœur, notre liberté ne se confond pas avec le détachement et l'indifférence. Non, la vigilance tenace et la lutte constante contre le laisser-aller ou la facilité sont indispensables. Mais heureusement, ô ma coupe de délices, que nous pouvons intimement goûter au repos, et qu'il est doux alors, en toute facilité de nous laisser aller, éperdument, l'un contre l'autre !

Mais être libres, ce n'est pas être exempts de contraintes et exemptés d'efforts. La dispense n'est un avantage que pour ceux dont la vie est une charge, pour ceux qui cherchent à secouer leur joug comme à se défausser des complications inhérentes à leur existence. Défendre la liberté, sa liberté, c'est défendre franchement l'émancipation de l'individu, parfois contre lui-même, quand il est en chute libre.

Toi et moi, nous essayons d'abord de nous changer avant de changer le monde. Notre amour est une force indestructible qui nous a emportés dans l'infini de la liberté d'aimer. Pour nous et notre prochain, nous n'avons jamais laissé le champ libre à l'indifférence, à la permissivité et au laxisme ! Nous ne subissons pas, nous agissons.

Nous sommes restés libres de manœuvres mais pas de manières, libres de propos mais sans outrances hardies, privautés ou familiarités. Nous nous sommes contraints à être relax mais pas relâchés, souvent anticonformistes mais pas anarchistes. Nous n'avons pas pris de libertés avec les autres, la décence, la morale, le droit et l'ordre public. Nous sommes restés libres sans prendre de libertés !

Mais, l'ai-je perdue, cette chère liberté, quand ayant perdu la tête, je t'ai donné mon cœur ? Non bien sûr, car érigée en principe absolu, ma liberté est devenue une liberté inaliénable, comme pour les révolutionnaires de 1789 ! Même si je t'adore, je n'ai pas fait de toi, un être Suprême, afin de garder ma liberté de culte et de dévotion.

Toi, ma princesse, ma reine souveraine, il n'est nullement question de laisser entraver ma liberté, par ton pouvoir royal absolu ! De même, il ne saurait être, non plus question, selon le principe de citoyenneté et de la Déclaration des droits de l'homme d'empiéter sur la liberté d'autrui et de lui nuire. Ma ci-devant, ma délicieuse et charnelle sans-culotte, la contrainte sociétale et conjugale fait partie, du cadre et des limites de notre liberté individuelle. Notre amour n'est pas possessif !

Nous ne sommes pas en guerre, seulement en tendre guerre, aucune sécession et nulle amnistie n'est nécessaire ! Je n'appelle pas à la libération et je n'espère pas le défilé des libérateurs ! Ton amour m'a enrôlé mais je n'aspire pas à être libérable ou démobilisé ! Ton cœur est une prison dorée, je n'y suis pas otage et je ne demande pas à être délivré. J'ai tout loisir, à ma guise, d'y savourer la liberté d'aimer.

Pas de liberté à reprendre ! Jamais tu n'as pris trop de place, rien n'est à débarrasser ni à désencombrer. Pas de liens à rompre car en toi, rien n'est liberticide, nous nous sommes laissés libres ! Chacun a eu l'autonomie et les mains libres et ainsi toute facilité et faculté d'agir, sans devoir obtenir d'autorisations de l'autre. Fou d'amour, mais pas aliéné et obligé de sacrifier sa liberté ! Chacun a conservé sa liberté de jugement et respecté avec tolérance, les opinions de l'autre. Paradoxalement, c'est librement que nous nous appartenons.

Si, "Dieu est mort !", comme le dit Zarathoustra, le porte-parole de Nietzsche, le dieu de l'amour chez nous n'est pas mort, nous lui gardons un profond sentiment religieux. Penseurs libres, nous ne sommes pas ses libres penseurs, athées ou agnostiques. Nous n'avons pas à libérer ou soulager notre conscience. Nous sommes à cœurs ouverts, toujours en entrée libre et libres de plein gré !

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