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Pieds de nez et plumes au vent !

Publié le par modimodi

 

Dans la vase des marais, bec claquant, pattes écartées et étirées, c'est sûr, l'échasse est ouverte ! Elle marche vite, folles guibolles, avec la joie de patauger !...

L'image du citoyen modèle, enlisé dans la vase du marais des promesses politiciennes en est presque évidente… Vive le flamant rose et le français bleu, blanc, rouge !

L'autruche est différente, elle semble indifférente, elle met sa tête sous l'aile ! Certains optimistes ou peureux peuvent aussi lui ressembler… et donner l'impression de se renifler ou de ne plus se sentir !

Ainsi troussée de son tutu, l'autruche apparaît inachevée, tout en plumes et pose de music-hall ! Voudrait-elle, nous laisser croire, qu'elle a perdu la tête, à force de vivre sur un grand pied ? Serait-ce là, le message caché d'une politique, adoptée par quelques vieux émeus, certains croupions politicards ?... A force de devoir faire le grand écart, finirons-nous dans un pays de plumés et bientôt sur le cul ?

La nature est pleine de drôles d'oiseaux et de caractères ! Voyez les volatiles, comment ils prennent leur pied ! Y'a des oiselles légères comme une plume, qui font le pied de grue. On trouve même des flamants roses qui vivent, dorment sur une patte et agissent au pied levé ! Les unijambistes grégaires de la Camargue lacustre sont-ils les derniers à voir la vie en rose ?

Voilà assurément, un bel exemple vivant pour nous, les poéteux qui sentons à plein nez, pour nous les rimailleurs qui allons, à cloche-pied ! Car, chaque fois, que nous nous mettons aux vers, nos pieds plats, trop terre-à-terre, tombent à plat. On nous reproche nos pieds, dans le plat ! Le talent ayant déguerpi, il ne nous reste qu'à prendre nos iambes à notre cou et à lever le pied.

Il n'est évidemment pas aisé, pour une plume au vent de la modernité stylistique, de remettre sur pieds, quelques pieds-bots ou pieds de plomb, quelques anapestes dithyrambiques ou bucoliques, quelques dactyles aux doigts fourchus, quelques molosses pindariques, gras, longs et burlesques ou d'autres crétiques, crétins crétois, au point critique ! Quand c'est trochaïque, c'est "caïque ! caïque !" … comme dans la guerre des trochées tranchées !

Savez-vous pourquoi Aladin poétisait, jour et nuit, sur un tapis ? Sûrement pour ne pas se fouler ou s’emmêler les pieds !... Nous, les petits versificateurs du dimanche, nous faisons des pieds et des mains pour nous corriger, d'arrache-pied et versifier à pieds joints. Mais, nous ne restons bien souvent que de bien braves et obstinés casse-pieds.

Hélas, trop rares sont les moments où nous retombons sur nos pieds. Sans doute, parce que nous sommes bêtes comme nos pieds ! Bienheureux poètes, aux pieds marins, comme Victor Hugo dans "Océano Nox" ou Arthur Rimbaud dans "Le bateau ivre" ! Pauvres de nous, quand nos Muses, sans doute, levées du pied gauche, lâchent pied.

Si nous nous activons et nous foulons, c'est nous alors, qui perdons pied. Au bal de la plume de Pan, personne ne sait plus, sur quel pied danser.

Heureux Edmond Rostand, qui sut, d'une seule tirade faire des pieds de nez, à Cyrano ! Infortunés plumitifs, que nous sommes, à faire un nez de six pieds de long, quand la rime ou les idées nous font, au pied de la lettre ou au bout de la plume, de vilains pieds de nez ! Nous sommes comme de grosses truffes, sans flair, des nases du blase et du blason ! L'inspiration jetée au fond des fosses nasales et les pensées mouchées, les poètes ne sont plus que des morveux ou des mufles.

Quand nous nous cassons le nez sur la strophe ou comme Horace, Ode des espoirs, sur un asclépiade, aux pieds boiteux, tout le talent s'éloigne sur la pointe des pieds !... Nous avons le souffle poétique coupé, l'inspiration est en apnée. Les chimères sont alors des poules mouillées et les thèmes élégiaques, des bœufs musqués ! Nous avons beau leur bouffer le nez ou leur voler dans les plumes, c'est toujours nous qui, sur le pied de guerre, y laissons quelques plumes.  Pas assez toutefois pour bourrer ou battre les couettes du lit de l'infortune lyrique ! Pas assez non plus pour faire le signe indien et avoir du panache, surtout quand on est, ni aigle ni faucon, vrai de vrai !

Nous, les laborieux porte-plume, nous nous retrouvons comme de simples va-nu-pieds, aux pieds nus. Des poètes sans rime, ni raison… Et, sans pieds, nos vers ne tiennent pas debout et nos poèmes ne riment à rien ! Dans le lit de la misère littéraire, nous n'avons plus qu'à nous mettre aux plumes ! Au réveil, nous pourrons aller nous faire voir chez Plumeau, la plume au chapeau et le nez, en trompette de la renommée.

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jmdmodimodi 24/06/2014 07:14

Merci Pénélope! Je suis content que vous n'ayez pas perdu le fil!
Pitié, pas de piédestal! Je ne veux pas tomber et m'étaler!

Pénélope 23/06/2014 18:09

Si ce texte "sans queue ni tête" n'a pas été écrit avec une plume d'oie trempée dans un encrier,
il n'est pas à ranger dans le lit de la misère littéraire.
Donnons un coup de pied à la modestie et mettons-le sur un "pied'estale (j'arrange l'orthographe à ma façon) .