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Tiré par les cheveux ! Pomme, pom, pom, pom, d'Adam !

Publié le par modimodi

La bible nous a laissé des histoires tirées par les cheveux. Et pas toujours des cheveux d'ange ! Les récits et les mythes nous font parfois dresser les cheveux sur la tête.

On ne se méfie jamais assez ! Io avait, tonnerre de Zeus, le cuir chevelu ! Méduse et ses sœurs, les Gorgones à la chevelure de serpents faisaient mourir les mortels qui les regardaient. Oh oui ! Il y a vraiment de quoi se faire des cheveux, quand on croise des femmes fatales, d'autant plus si elles sont nées, sous le signe du scorpion !

Samson a eu Dalila et Adam a eu Ève, la belle aux yeux verts, la tentatrice, la spécialiste de la tarte aux pommes ! Il n'a rien vu venir, le petit père ! La bonne pomme à l'eau ! Le Mâle heureux ! Le dur à cuire ! La petite pomme de terre à terre qui a fini comme une pomme au four ! Adam, notre arrière, arrière-grand-père. La brave pomme d'amour du paradis ! Adam, qui n'a pas vu mal, à mordre dans la belle pomme aux cinq pépins, aux cinq branches en étoile, au pentagramme de la vie et de la connaissance :

Premier pépin : Adam est gourmand, il veut connaître et jouir de tous les fruits des arbres du jardin et même de ceux de l'arbre du bien et du mal. Il goûte d'abord la banane avec la poire, et l'abricot avec l'ananas. Quand il tombe sur la pomme, il shoote dedans et joue au foot avec elle, il devient vite, un mordu d'la pomme.

En plus, il est beau le p'tit père car unique ! Il se prend pour un dieu, aux cheveux gominés, un Apollon de droit divin. Il donne à tout va de la pomme d'Adam et fredonne, en Chevalier servant : "Ma pomme, c'est moi, Ah ! Ah ! Je suis heureux, comme ça !"

Deuxième pépin : Au lieu de s'accrocher aux branches du bonheur, il se la coule douce avec le serpent et ne Satan pas au châtiment ! Bonne pomme, il est naïf de croire aux sulfureux leitmotivs, susurrés, avec un cheveu fourchu, sur la langue : "Ayez confiance ! Ayez Confiance !"... Pauvre Adam, il brave l'interdit. Il veut percer le secret et prendre la pomme pour y mordre à belles dents !

Troisième pépin : Il en a assez de la dévorer des yeux, il saisit la belle occasion aux cheveux et à la taille et il lui suce goulûment la pomme. Mais avant d'avoir eu le temps de la croquer et de l'éplucher, il se retrouve nu, comme un ver qui se tortille, dans le fruit. Il est le gagnant du premier malus-malum pour un bonus ! Lui qui était à un cheveu de goûter au fruit défendu, le voilà, pauvre et dépouillé, avec pour tout viatique, la pomme de discorde.

Quatrième pépin : Honteux, rouge comme une pomme, chassé et mis à la porte de l'Eden, exclus, s.d.f. banni, il va sans but. Les pieds en compote, il erre, il squatte. Il se retrouve partout comme une ronce sur le chemin comme un cheveu sur la soupe à la grimace. Il est vidé, sans compréhension de ce qui lui arrive, incapable de dire : "C'est bien fait pour ma pomme !"

Cinquième pépin : Dieu ne coupe pas les cheveux en quatre, il châtie ! Voici Adam, maudit, condamné à passer du pommier au péché originel, à souffrir jusqu'à en tomber dans les pommes, à être constamment dans le jus, en se faisant suer au travail pour quelques malheureuses pelures. Pauvres Adam et Ève ! Après s'être cassé le trognon, les voilà obligés, tous les deux, d'accoucher dans la douleur, les bébés comme les idées.

Ah ! Père Adam, j'en sais moi-même quelque chose, depuis que je suis haut comme trois pommes ! Je n'en finis pas de m'arracher les cheveux ou de me faire des cheveux blancs. Même si quelques blondes ou brunes, des reinettes qui grenouillent dans les marécages de la culture, quelques belles de Boskoop, quelques Pinks Ladies, au cœur Golden ou en habits de Gala me passent la pommade, je suis victime de l'api culture !

Mon style est calibré, mes mots sucrés, le ton fruité, les pensées douces, le propos rafraîchissant et suavement acidulé. Pourtant, on me cuisine, on me pèle, on me fend au couteau pour quelques paroles crues ou carrément, l'on me scalpe. Chauve qui peut et pas de quartiers !

J'ai plus souvent droit aux beignets qu'aux crémeux mille feuilles littéraires. Pas de couronne de lauriers ou des rois ! J'ai toutes les peines du monde à tirer la chance, par les cheveux. Je suis comme toi Adam, un innocent, une pauvre pomme ! On m'asticote. On me fait la peau, on me tourne en dérision et l'on m'évide de tout intérêt littéraire. J'en perdrais ma bonne odeur fraîche et subtile du succès promis.

Voyez, je me mets quotidiennement en quatre pour descendre de mon nuage ! Je suis Nimbus, le distrait hirsute à la boule ronde avec un seul poil sur le caillou ! Regardez mon point d'interrogation et ne me tombez pas sur le poil !

J'ai la tête en crâne d’œuf. D'ailleurs, on ne tond pas un œuf ! Alors, pas question de chercher des poils sur ma pomme lustrée ! Pitié ! Ne touchez pas à un cheveu de ma tête ! Inutile aux critiques de tous poils de me caresser ou de me hérisser, dans le sens du poil. Avec une inspiration aussi clairsemée, ma réussite ne tient plus qu'à un cheveu !

Ô Paradis perdu, cher à Milton ! Au verger, je suis cueilli par les détracteurs, au potager, je me ramasse. C'est bête, comme chou mais, je suis en boule et je fais pomme de chou blanc. C'est moi, le paumé pommelé de la rave partie. Pour la rémoulade, vous arrivez trop tard, c'est déjà râpé !

Voyez, mon palmarès d'écrits vains ! Je suis le grand gagnant du concours Tatin, "Écrits des Hespérides" ! Le trophée : mon poids en pommes, au sirop de Liège !... Depuis, après avoir dégusté, je reste bien souvent, l'imagination dans la gelée de mes idées, dans la mélasse de mes pensées et dans ce sirop aux termes collants. Mon talent est en marmelade.

J'ai le doigt englué sur la touche de mon Apple ! Je suis bien sûr, connu dans le Calvados et le Berry mais inconnu à New York ! La Big Apple, c'est moi ! J'en ai gros sur la pomme !

De fait, elles ne sont pas nombreuses, les belles aux chaussons fourrés qui m'enroulent dans les boucles de leur chevelure. Je me retrouve toujours à un poil près de leur plaire ! J'ai dû manquer la leçon sur la tentation, je me vois expulsé en pagne, du paradis charnel. Il n'y a plus que mon talent qui soit mis à nu devant de lascives indifférentes.

Quand un malheur échoit, c'est toujours pour ma pomme. Au lieu de l'attraction sexuelle, j'ai la mouise en attraction universelle et le talent en chute libre. Je suis comme la pomme de Newton, je tombe de haut ! C'est moi le scoubidou, qui faute de pomme d'amour, vais prendre la pomme d'arrosoir, en pleine poire et la pomme de pin pour des prunes ! 

On me console, en disant que c'est sans gravité et digne de la "Rubrique-à-brac". C'est même parfois complètement surréaliste, quand on me déclare, à plein nez que j'ai le melon et que je suis un vieux tableau, digne de Magritte. Sacré nom d'une pipe, au musée, tous les vide-pommes !

Finalement, je suis comme Samson. Je me prends aux cheveux avec mes ennemis personnels : le manque de souffle lyrique et la facilité grossière. N'ayant pas de poil dans la main, je leur secoue vigoureusement, la tête et la tignasse. Je me détends pour mieux me concentrer en écoutant religieusement un motet de Adam de la Halle, un trouvère Picard comme moi.

J'aspire à posséder la beauté d’Ève et faire succomber à la tentation, la belle Pandora. J'ambitionne d'être un génie échevelé, un Hercule aux cheveux longs, sans idées courtes. Je souhaiterais avoir le courage d'un lion à la crinière, au style flamboyant. Je voudrais goûter au nectar de la poésie, au vers pommes, je me vois  triompher par la force de mes dons ! Je désirerais être au poil, même un poil à gratter, pour aguicher le lecteur, être à la pointe, brillantiné, en grâces permanentes !

Mais hélas à force de me faire des cheveux, de les couper en quatre, je deviens barbant et rasoir ! Je suis trop maniéré. Plus personne n'est de mèche avec moi. La tendance est plutôt au crêpage de chignon. Je me dégarnis, je suis de mauvais poil et à rebrousse-poil. Mon style est encore trop touffu. Adam fut le premier homme, l'ancêtre des chevelus et moi le dernier des hommes de plume.

A en conter des vertes et des pas mûres, je ne réjouis plus que Dalila, grise et ridée comme une vieille pomme, pom-girl. A en juger par son aspect, je n'ai plus aucun désir de goûter au fruit défendu. J'en reste aux appâts rances ! Pas touche à la Sainte Nitouche !

Ma muse doit être échevelée car je me fais en permanence coiffer sur le poteau ! Tout le monde s'en fiche de savoir si ma cote d'écrivain monte en flèche. Il ne reste que trois pelés et un tondu qui se passionnent pour Guillaume Tell père et Tell fils, en train de jouer aux fléchettes, à la salle du jeu de Paume.

Ah ! Quel toupet, ça me défrise !

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P
"Voyez! Je suis Nimbus, l'hirsute avec un seul poil sur le caillou!"
......Peut-être un seul poil sur la tête mais en tout cas pas dans la main pour nous régaler tous les jours avec des écrits aussi différents et toujours très riches en jeux de mots, en références historiques, mythologiques et autres,
Alors à demain avec impatience.
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M
L'Amour par Kahlil Gibran
"L'Amour" extrait du livre "Le Prophète"

Alors Almitra dit:
Parle-nous de l'Amour.
Et il leva la tête et regarda le peuple assemblé, et le calme s'étendit sur eux. Et d'une voix forte il dit :
Quand l'amour vous fait signe, suivez le.
Bien que ses voies soient dures et rudes.
Et quand ses ailes vous enveloppent, cédez-lui.
Bien que la lame cachée parmi ses plumes puisse vous blesser.
Et quand il vous parle, croyez en lui.
Bien que sa voix puisse briser vos rêves comme le vent du nord dévaste vos jardins.
Car de même que l'amour vous couronne, il doit vous crucifier.
De même qu'il vous fait croître, il vous élague.
De même qu'il s'élève à votre hauteur et caresse vos branches les plus délicates qui frémissent au soleil,
Ainsi il descendra jusqu'à vos racines et secouera leur emprise à la terre.
Comme des gerbes de blé, il vous rassemble en lui.
Il vous bat pour vous mettre à nu.
Il vous tamise pour vous libérer de votre écorce.
Il vous broie jusqu'à la blancheur.
Il vous pétrit jusqu'à vous rendre souple.

Et alors il vous expose à son feu sacré, afin que vous puissiez devenir le pain sacré du festin sacré de Dieu.
Toutes ces choses, l'amour l'accomplira sur vous afin que vous puissiez connaître les secrets de votre cœur, et par cette connaissance devenir une parcelle du cœur de la Vie.
Mais si, dans votre appréhension, vous ne cherchez que la paix de l'amour et le plaisir de l'amour.
Alors il vaut mieux couvrir votre nudité et quitter le champ où l'amour vous moissonne,
Pour le monde sans saisons où vous rirez, mais point de tous vos rires, et vous pleurerez, mais point de toutes vos larmes.
L'amour ne donne que de lui-même, et ne prend que de lui-même.
L'amour ne possède pas, ni ne veut être possédé.
Car l'amour suffit à l'amour.
Quand vous aimez, vous ne devriez pas dire, "Dieu est dans mon cœur", mais plutôt, "Je suis dans le cœur de Dieu".
Et ne pensez pas que vous pouvez infléchir le cours de l'amour car l'amour, s'il vous en trouve digne, dirige votre cours.
L'amour n'a d'autre désir que de s'accomplir.
Mais si vous aimez et que vos besoins doivent avoir des désirs, qu'ils soient ainsi:
Fondre et couler comme le ruisseau qui chante sa mélodie à la nuit.
Connaître la douleur de trop de tendresse.
Etre blessé par votre propre compréhension de l'amour;
Et en saigner volontiers et dans la joie.
Se réveiller à l'aube avec un cœur prêt à s'envoler et rendre grâce pour une nouvelle journée d'amour;
Se reposer au milieu du jour et méditer sur l'extase de l'amour;
Retourner en sa demeure au crépuscule avec gratitude;
Et alors s'endormir avec une prière pour le bien-aimé dans votre cœur et un chant de louanges sur vos lèvres.
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