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Lettres d'a.m.o.u.r. Exaspérément ! 4/6

Publié le par modimodi

Exaspérément

Mon amie de toujours, je désespère de n'avoir reçu à ce jour, aucune réponse à mes lettres d'amour ! M'enverriez-vous sur les roses que je vous ai si souvent offertes ?

Je fais la soupe à la grimace. Ah ! Quelle vilaine panade dans laquelle mes messages trempent leurs attentes ! Mon âme, mon amour, avec vous, tous mes mots sont jusqu'à présent restés, lettres mortes. Ici, et devant la postérité, je jette de nouveau, l'encre sur cette ultime épreuve.

Dès que, je vous ai dit et écrit : A.M.O.U.R. Vous vous êtes moquée de moi et m'avez répondu les cinq lettres. Miel et crotte, alors ! Nom d'une vieille bique, je tourne chèvre et me voilà, votre bouc émissaire, englué dans la mélasse de vos mauvais sentiments !

Je me rappelle comment tout a commencé. J'aurais peut-être dû me méfier... Dans une fausse aisance, vous aviez pris votre air pincé pour m'exprimer vos mauvais sentiments et je m'étais vu contraint de me boucher le nez !

Depuis des mois, ma belle à la taille de guêpe, vous me filez le bourdon. Je zonzonne, j'agace, je vous agace ! Je taquine comme une mouche à bœufs, au taon en emporte le vent arrière ! Je m'agite comme une lucilie sur une bouse de cet amour vache ! Chercheriez -vous peut-être, à m’attraper au vol pour vite me coller ? M'attireriez-vous à vous pour me faire prisonnier et m'offrir en ruban, un beau papier tue-mouche ?

Si mes pattes de mouche, faute de pouvoir faire mouche, s'engluent sur le papier, ne prenez pas la mouche et ne dites pas, piquée : "Ce ne sont que pâtés pour des sujets en croûte !" Ah ma mie ! Si au moins, je pouvais la gagner cette croûte cassante en même temps que votre tendre amour ! Mais je suis au pain sec et à l'eau de boudin !

Je vous ai donné mon cœur, prêtez-moi au moins votre attention ! Je voudrais être votre fauteur de troubles et d'émois. Venez-moi en aide et pardonnez-moi aimablement mes fautes ! Oui ! Je l'admets ! Je suis sot en trois lettres ! Je suis un ignorant, résumé en trois mots, je suis âne, alpha, bête !

Je suis un illettré, votre illettré d'amour.

A comme l'abécédaire d'un bébête syllabaire ! A comme abaissé, décédé, effacé, cédé et excédé d’être jeté aux oubliettes des ouï-dire !

M comme maladroit et malchanceux ! M comme mes mots présentés en mémo ! M comme mal aimé ! M comme aimanté et par le j'aime, hanté mais également enté, par vous aimable fleur. Hélas, de crise en t'M !

O comme obstiné, un faux héros mais un vrai zéro, un O, méga ! Oh oui, bien méga, l'O ! Surtout depuis que vous m'avez prié moi, votre amant alpha et votre gros bêta d'aller me faire voir, chez les Grecs !

U comme ultime appel ! U comme unième promesse d'une réponse ultérieure. U comme l’unisson de cris en ultrasons, délivrés en urgence. U comme usure du cœur. U comme utopique attente et bonne heure usurpée.

R comme érodé, rabroué et rabougri, rabat-joie et l'air de rien, spécialiste de l'air du départ, comme vous ma cruelle fille de l'air !

Les mots de mes écrits sont beaucoup trop légers. Ils se sont envolés comme des graminées au vent de vos soupirs d'amour ou d'exaspération ! Je ne voyais que du bleu, à présent je broie le noir de l'encre répandue pour rien sur mes papiers jaunis.

Ma Muse, petit amour de mes mamours ! De lettre en lettre, je tente de correspondre avec vous, impossible déesse. Exaspérément, je m'obstine en relances ! Pourquoi pour vous toucher au plus profond de l'âme, contraignez-vous mon style, en quelque effet coulé, à faire craindre le fond ? Pourquoi affirmez-vous que ma forme empotée et que son ton piteux, vous ont chargé la langue au point de la tirer ?

Souvenez-vous-en ! Ô fin bonheur ! J'ai pris langue avec vous, un beau jour de printemps. Nous étions déliés, pas de langue de bois pour nos baisers fourrés. Comme deux pommes d'amour, rêvant à leurs chaussons, nous nous sommes tenus chaud et avons échangé plus de sept fois, nos langues à pleines bouches ! Il n'en est resté, pas même une miette !

Je veux donc vous aimer sans rester sur ma faim. Je veux vous espérer dans la pleine lumière. Voyez ! Mes mots et mes lettres scintillent. Je ne suis pas brillant, je suis illuminé, comme le nez-fraise d'un moine vigneron et mes lettres pour vous, sont toutes enluminées. Je fais des étincelles dans le feu de l'action.

Mais aussitôt, pourquoi mon ange, me dites-vous : Non ! Mais ! Halo, quoi ! Une lueur, c'est pas du lux ! D'ailleurs, pourquoi attendrai-je que vous vous éclairiez à ce genre ampoulé, si c'est pour me moucher, d'un "File, file amant, te consumer ailleurs !"

Je persiste pourtant, je signe d'un cœur écarlate en bas de chaque lettre. Jusqu'à présent, je persévère en vains écrits et vous supplie, ma douce ! Je voudrais vous convaincre : Venez, venez chez moi, car je vous en ai écrit des tomes, at home! Ô mon amour, des livres et moi, pour vous et pour toujours !

Prenez-moi, sans jambages à la lettre et sans ambages, cessez de m'imposer un style aussi châtié ! Acceptez que ma plume gauloise s'encanaille, love you ! Que le pitre fasse l'épître, que l'auteur soit à la hauteur, que mes idées à tout crin et à tout poil démangent le gratte-papier plutôt qu'elles ne vous barbent ! 

Mon drôle d'oiseau, mon albatros, j'arracherai les plumes aux mots en liberté, aux chouettes, aux fous et même à quelques queues d'oiseaux, pis que tout, verts ou à rouge gorge, afin de vous séduire !... Oh ! Ma mie, mi-pinson, je vous réveillerai de quelque écrit, coq as !... Hélas, ô ma volage, fugace inspiration, vous ne me laissez souvent que les plumes du croupion !

Je suis votre poète ! Pardonnez la licence de ce chant d'amour en acrostiches et accroche-cœur ! Je me jette à vos pieds, évitez le rejet. Ne vous écriez pas : "Ouste, tes rimes ailleurs, vire, vire-les !" Sinon, je me mettrai aux vers, quatre à quatre, pour vous chanter ma ritournelle, à tire d'ailes d'hirondelles, à tire d'ailes d'alouettes, si vous ne me plumez pas la tête !

Ma muse courtisée, je voudrais à jamais, vous compter fleurettes de rhétorique et vous mettre en pensées dans mes pages pour venir vous humer, vous presser, vous donner l'accolade et pouvoir vous écrire, sans hésiter jamais : L'amour est ma mort sûre... L'amour est ma morsure...

Avec rime et raison, reconnaissez au moins, ma biche au bois, que je suis votre poète couronné, d'un reste de vers durs ! Mais vous, pour vous moquer, vous mâchez mes lauriers !

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J
Belle envolée lyrique! Je manque d'adresse pour vous toucher! Hellas!
Merci Pénélope!
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P
L'attraper avec un papier tue-mouche, ce n'est pas mieux que de lui mettre la corde au cou!
L'envoyer chez les Grecs, ce n'est pas très "gay".
Un poète plein d'humour comme celui-là qui se jette à mes pieds, je ne le rejette pas.
Je me précipite, l’aide à se relever pour me blottir dans ses bras.
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