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Énorme !

Publié le par modimodi

Le monde rationnel évolue dans la normalité de la raison et de l'entendement ! Mais toute notre enfance et notre imaginaire sont imprégnés de fabuleux, d'extraordinaire, d'ogres et de fées, de lutins et de géants.

L'énorme fait partie de notre univers, en ce sens, qu'il bouscule, normes et conventions. Pourtant, en ce bas monde, bien-pensant, mieux vaut être en conformité. Il ne faut pas bousculer les normes du bon langage châtié, de la grammaire et de ses usages, de l'orthographe et de ses règles...

Je dois confesser mes fautes. " Haec est mea culpa, mea maxima culpa ! " Aucune indulgence pour avoir enfreint la loi et ses codes syntaxiques. Le bon maître a souligné mes énormités. Je suis sa bête curieuse, bête à manger des chardons ! Je suis sa bête noire, sa bête de traits rouges pour sa bouteille à l'encre !

Bâté du péché du sens originel des mots, aussitôt, je dois tomber en pénitence où, j'ai droit au bonnet d'âne. Pour ne pas avoir été dans la norme, me voilà, en désaccord pour une simple faute d'accord, singulier pour une erreur de pluriel, barbare pour un barbarisme !

J'ai aujourd'hui encore, le défaut de l'extravagance stylistique et littéraire. J'en pratique la démesure, au point que certains trouvent mes écrits énormes car sans queue ni tête ! J'ai l'écriture obèse de pleins sans déliés. Je surcharge et j'empâte toutes mes phrases, je suis ventru de la ronde tournure, je gras-souille de la formule emphatique. Adipeux en peu de mots ! Oui, tu l'as dit bouffi ! J'ai la forme onctueuse, quand j'écris pour les huiles. J'ai l'expression poissarde, sirupeuse et collante, quand on me brise les bonbons !

Je suis énormément maladroit, extrêmement mal embouché mais immensément malicieux ! Le nombre incalculable de mes gaffes est en fait calculé ! J'ai bien vu et prévu toutes mes bévues ! Au risque de me prendre une peignée, mon expression est échevelée. Ma plume cocardière cherche à ébouriffer et à décoiffer, sans trop hérisser l'épi-derme. Je suis excessif pour améliorer l'ordinaire du lecteur et lui offrir de l'extra ! Je n'ai pas de modèle. Non ! Rien que des modalités de probable et d'outrances. J'en fais des tonnes, j'étonne et je détonne !

La fantaisie est un espace infini, pour fabuleusement affabuler. La déraison feinte est une immense étendue spirituelle pour provoquer en duel les idées, faire combattre titans, romains et bénédictins ! L'imagination n'a pas de frontières, elle déborde de fantasmes. L'inspiration est sans bornes, elle puise au plus profond des mythes et des légendes. L'illusion chevauche les chimères.

Le colossal donne une dimension supérieure à l'absurdité. Le fantastique est la norme de l'enchantement. L'inouï ne parle qu'à l'oreille du cœur ! Voilà pourquoi, l'esprit dans ses grandes largeurs, devrait toujours vagabonder hors des sentiers battus. L'utopie est le lieu de villégiature de nos songes. La fiction prend en toute circonstance, tous les sens figurés. L'inimaginable, l'inconcevable et l'incroyable sont les actes de foi qui sauvent l'écrivain.

Vous le croyez énorme, il n'est que généreux ! L'amplitude de son talent est dans le poids de ses mots et le choc de ses propos. Son importance a la dimension et l'envergure de sa pensée. Il est considéré, s'il sait sidérer. Il est exceptionnel, s'il cultive l'exception thématique ou stylistique. Il est phénoménal, s'il dépasse la réalité. Il est auréolé de gloire, s'il a su être lumineux. Il élargit le cercle de la famille littéraire, s'il a su vous décentrer et vous concentrer, sans pour autant être excentrique. Le stylite sur son piédestal finira au Parnasse ou au Panthéon. Il aura sa statue, s'il est monumental ! Il revêtira l'habit vert, s'il est académique.

Dans cet espoir immodéré, dans cette attente démesurée, il ne rêve pas, il cherche le succès bœuf et travaille d'une seule traite ! Au pays des vaches sacrées de l'édition, il a une sacrée patience, pour offrir la tétée, à des lecteurs indolents, broutant les fleurs de rhétorique ! Il a une vache de générosité, pour donner à boire du petit lait, à des critiques ruminant et mâchant leurs boulettes, au ras des pâquerettes.

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P
Les pâquerettes sont bien mignonnes mais je les laisse dans la pelouse.
J'aurai plutôt comme symptôme une boulimie de lecture.
Pour le plaisir, la réflexion, la poésie, le sérieux de certains sujets et le rire.
Mais c'est rassurant, aucun signe d'indigestion!
Alors encore et encore des écrits à déguster.
Merci et bon dimanche.
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J
Merci Pénélope! Y'en a et y'en aura encore pour tous les goûts, dans tous les styles! Pour les fleurettes, bon appétit! maintenant, on les déguste à l'assiette!