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Cousu de fil blanc !

Publié le par modimodi

Thésée, en suivant le fil d'Ariane, avait au moins, une chance de ne pas se perdre dans le labyrinthe...

Si, le Minotaure, le "taureau de Minos" terrorisait les Athéniens, moi, c'est le Minutaure, le "taureau de Minus" qui terrorise ma prose minable, mine et dévore toutes mes idées.

Je me perds dans le dédale de mes pensées et égare mes lecteurs. J'en sais qui sont morts de faim et de soif, à chercher en vain un peu de consistance et de sapidité, à mes textes dénutris !

En effet, au fil du temps et de l'eau sous les ponts, je fais une drôle de bobine, chaque fois que je perds le fil ! Mais où est la ligne directrice, crie la petite Charlotte, aux fraises en croyant que je les sucre ! Non ! Non ! Je ne file pas de mauvais coton mais rien que des tartes, aux pommes !

Le thésaurus de Minus est tout cousu de fil blanc. La fantaisie s'y faufile sans pouvoir se défiler. Les pensées partent en quenouille et se font la Belle au bois dormant dans sa robe aux fils de soie et d'or.

Ma muse, la Belle a le sommeil profond ! Je garde un tout petit fragile espoir que l'espérance fasse de moi un centenaire. Mais, il reste, pour l'instant inconnu aux presses book de la cité des contes de fée, ce beau prince charmant, pour le temps promis du réveil ! 

Inutile donc de piquer toutes mes idées décousues ! Elles vont de fil en aiguille et donnent ma belle langue au chas. C'est à chacun d'éviter de se mettre en pelote et de ne pas se lasser avant que le récit ne soit bouclé. S'il se boucle un jour ! Mes idées tricotent et s'échappent des rangs serrés sur l'aiguille. J'ai maille à partir ainsi !

Je voudrais vous rassurer ! Avec moi, pas de sacs de nœuds ou d'embrouilles quand je fais dans la dentelle ! Je brode le canevas des histoires en attendant, un peu comme Pénélope attendait son Ulysse, le retour d'estime du lecteur. Hélas, je m'enlace et me lasse ! Personne en filature, ou si peu ! Je fais tapisserie.

Je file doux, mais mes prétentions littéraires me donnent du fil à retordre. Vous pouvez donc laisser rouiller vos reproches en barbelés, sans vous piquer du moindre commentaire... Pas de crispation de mâchoires ni de rictus de déception ! Décontractez-vous plutôt ! Vous risqueriez bien d'attraper un spasme musculaire, comme ma crampe de l'écrivain !

Ah ! Quelle plaie, savez-vous, de se mettre Martel en tête et de choper le tétanos, au fil de l'épée d'académiciens, verts de si peu d'académisme du moindre de mes textes !

Dans le fond, je suis comme le bon roi Dagobert, j'ai mis mon talent à l'envers ! Avec ce style d'écrivain défroqué, aux récits effilochés, j'ai peut-être même mérité une déculottée... Comme dans la guerre des boutons, je devrais sûrement laisser tomber, si je ne veux pas de pantalonnade. Je l'entrevois mon avenir élimé de poète maudit !... Voué aux fleurs du mal, au bagne et au pagne !

Dites-moi ! Dois-je comme un sans-culotte, tramer mes écrits d'une fibre cocardière ? Où trouverai-je le chanvre des ficelles du métier d'écrivain ? A part, la corde pour me pendre au cou de l'inspiration, que me reste-t-il à tresser ?

Et que me reste-t-il à tisser, si je n'ai plus que le fil à couper le beurre ? Dois-je avoir un moral d'acier et du cœur, bien gros au ventre pour tailler dans le gras des mots que je tartine ? "Épatant, cet empâté, dit le chipoteur charcutant !"

Ah ! Je ne veux pas non plus en découdre avec tous les Filochards ! J'ai un fil à la patte, c'est le fil de la plume ou le fil de la Vierge pour la toile du roman. Comme un tisserand des mots, je l'étire sans cesse, afin de ne pas l'emberlificoter, pour échapper au genre filasse ou ne pas recevoir la peignée.

C'est ainsi ! Mes anecdotes vont à la file et je reste leur unique chef de file. Et puis, tant mieux, si parfois le fil de ma fantaisie vous met en file d'attente du texte quotidien égaré sur ce blog. Tant pis, si ce fil vous semble retors ou ténu et que vous le cassiez d'un ton mordant ! Moi, j'y suis solidement attaché. Si je m'éraille parfois, jamais je ne déraille ou même ne me défile.

Je ne pense pas être le lampiste pour le prochain bal des lampions ! Non ! Pour la beauté des belles-lettres et la lumière des météores de la littérature, je ne suis qu'un fil mais un fil amant !

 

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