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A tue-tête !

Publié le par archibald_06

Je suis agacé et exaspéré, je suis vénère et j'ai les boules comme un ado en révolte !

Devant ceux qui disent que certains écrits n'ont ni queue ni tête, moi, je crâne et je fais la tête. Je boude comme un enfant grondé. Je leur fais ma mauvaise tête. Je la leur tire avant de me tirer. Et quand l'agacement monte en puissance, je voudrais parfois même, une fraction de seconde, la leur mettre au carré !

Mais enfin, nom d'une pipe ! Quel culot, vous avez tous, pour me prendre ainsi la tête ! Que voulez-vous de moi ? Oui, j'écume ! Oui, mes écrits encalminés et fumeux ne font plus un tabac ! Mais observez ! Je rentre la tête dans les épaules et je me tasse, voire je me casse, sans fulminer. Je suis même à la bourre et pour un peu, à la bourre-pif ! Je cours de tous côtés, tête baissée, prêt à vous encorner !

Pourquoi voudriez-vous que je discute avec vous sur une queue de poire si, c'est en plus, pour en faire une mauvaise pomme de discorde ? Je ne souhaite pas perdre mon temps avec de mauvais sujets. Il suffit déjà des miens ! Et puis dites-vous bien que vous n'êtes pas assez fortunés, pour pouvoir vous payer ma tête, déjà mise à prix... littéraires !

Regardez autour de vous, vous ne devriez pas savoir où donner de la tête chercheuse. Alors, ne vous prenez pas pour une grosse tête ! Seule cette ridicule charlotte vous donne la tête près du bonnet ! Évitez de tomber comme un cheveu sur la soupe à la grimace dans la gargote d'un mauvais cuistot.

Nom d'une pipe, retournez à vos fourneaux et mettez-vous au piano ! Avant de farcir la linotte, de me cuire à l'étouffée, de me cuisiner à la sauce gribiche, avant de me ravigoter, examinez-vous, vous-mêmes ! Vous avez la tête comme un citron, vous la prenez pour une citrouille. Alors soyez modestes ! Sans vous presser dans un contemplatif tête à tête entre le lard et l'ail, ne vous attribuez pas tous les lauriers d'un simple pâté de tête. Seules les têtes pensantes peuvent opiner du chef comme les maîtres coqs de la crête.

Le miroir peut vous aider à réfléchir. Comme un poisson télescope, déjà, je vois que vous tournez en rond et que vous faites vos gros yeux occipitaux. Est-ce parce que vous en avez par-dessus la tête ou que vous avez pris la grosse tête à force de vous la cogner sur les parois de votre entêtement ?

C'est vrai, qu'ils en font une drôle de tête, nos contemporains toujours râleurs et mécontents ! Voyez-les ! Ici l'un n'en fait joyeusement, qu'à sa tête et là, l'autre agit sur un coup de tête. C'est le spectacle permanent de la tête dans tous ses états, des pieds à la tête de l’État.

Oh ! Je ne parle pas seulement, sur un ton provincial : "Des Parisiens, têtes de chien, des Parigots, têtes de veau !" Non, amis, je parle de tous les humains, à têtes plates et rondes comme la terre qui les a vu naître. Je pense aux têtes dures et au regard tendre, aux têtes de bison futé aux yeux filous, aux têtes de hibou, aux yeux écarquillés. Contemplez-les attentivement !

Le monde s'offre à vous, à la tête du client. Peut-être, aurez-vous le tournis et serez-vous dépassés par la multitude ? Peut-être, en aurez-vous d'ailleurs rapidement, par-dessus la tête ou plein le dos et aurez-vous envie de piquer la tête la première dans la marée humaine.

Quelle étonnante galerie de portraits que celle, qui vous est offerte ! En face-à-face ou en tête-à-tête, de profil ou de l'arrière, contemplez chaque spécimen ! Personne n'a les yeux derrière la tête, car il ne convient pas d'avancer en regardant en arrière.

Ne soyez pas étonnés, si dans la valse à mille temps de la vie, la tête vous tourne comme un derviche tourneur. Vous n'êtes pas pour autant devenu une tête de Turc enturbannée. Vous n'avez pas non plus, pour quatre pelés et un tondu, pris la tête-girouette, tournant aux quatre vents.

La tête, le savez-vous ! Mieux vaut l'avoir bien solide, sur ses épaules, si on ne veut pas la perdre ! L'histoire de France a son exemple le plus célèbre. Louis XVI, trop têtu pour abdiquer, donne sa tête à couper. Comme il s'entête, il finit sans tête ! Il aura ainsi tout le temps pour regretter et y penser, à tête reposée, au fond du panier ! Glorieuse récompense posthume !...

Sans perdre notre sang froid, vous comme moi, nous nous comportons en patriotes cocardiers quand nous évoquons ces jours sanglants de la Révolution. Nous en parlons ainsi à nos chères têtes blondes, à nos petites têtes en l'air, comme si nous voulions les tirer de leur réalité comme des fusées du 14 juillet ! 

Moins célèbres bien sûr, mais tout aussi spectaculaires ! Certains ont parfois une idée derrière la tête, si énorme, qu'ils en perdent l'équilibre et tombent à la renverse... Sans doute, leur manquait-il un peu de plomb dans leur petite cervelle de moineau. Car, il n'est pas donné à tout le monde d'être une sommité, même en extrémité supérieure du corps humain.

L'un est microcéphale, l'autre macrocéphale ! L'un l'a comme une poire, l'autre comme une coloquinte ! Je ne parle pas des caboches de têtes de boches, des cafetières de fortes têtes robusta si énervantes, des sales binettes de mauvaises herbes, des ciboulots d'un demi-kilo, des carafons de gros rouges, des têtes de lard au tempérament de cochon... Oh non ! Je ne veux pas non plus faire ma sale tête et jurer sur la tête de Dieu ou du Prophète, au risque de donner ma cabèche à Daech !

Devant les horreurs de la décapitation, ma peine est aujourd'hui capitale. Oui, je voudrais comme vous garder toute ma tête et l'amour de mes frères humains ! Sur ce principe indestructible de l'amour fraternel et universel, je préfère m'entêter dans l'altruisme et l'humanisme plutôt que de finir étêté.

Je préfère me casser moi-même la tête et lire et écrire à en perdre la tête, même un de ces mauvais écrits, sans queue ni tête. Je préfère ne pas avoir de tête plutôt que de la perdre comme le soleil "cou coupé" de G. Apollinaire, semblable à celui de l'oiseau lyre égorgé et ensanglanté aux pieds de ma mauvaise poésie. Après tout, qu'importe de rayonner et de rougeoyer si comme le dit Baudelaire : "Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige."  Alors, je préfère garder la tête sur les épaules et tomber dans l'oubli que dans un raccourci, sur le sable de l'arène médiatique.

Je choisis, si je sauve ma tête de rester tête pensante plutôt que de devenir tête de mort sous le sabre d'une tête de Maure ! Amis, danger ! Ne nous voilons pas la face. Faisons front, tenons tête à la barbarie ! Moi, s'il le faut, je prendrai la tête de la résistance. Je ne veux pas finir à tue-tête avec la vie ! 

 

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P
Que voulons-nous de vous ?

Mais simplement que vous ne perdiez pas la tête.
Pour que tous les mots qui s’y bousculent continuent de vous donner le plaisir de les assembler avec l’aide de votre grande et talentueuse imagination, afin que chaque jour nous puissions déguster vos écrits
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J
Je m'accroche et les neurones tiennent encore! Merci d'aimer Pénélope!
C
Cet après- midi, nous sommes allés au salon du livre à l'Espace Landowski de Boulogne, c'était vraiment un bon moment. Les écrivains nous présentaient leurs livres et conversaient avec nous. J'ai pensé à vous JM, j'aurais bien aimé vous y trouver pour la présentation d'un de vos livres ! Merci pour tous vos textes ! Chaque jour, c'est la surprise !
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J
Je n'en suis pas encore à penser à éditer!
J'aimerais mais il me faut plus de matière et de talents! Un jour, j'espère! Quand vous sentirez qu'il y a peut être une possibilité! Dites le moi! Merci Chantal!
A
Superbe!!! Comme à chaque fois.
J espère encore lire de beaux poèmes, textes etc.
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J
J'écris, ça me défoule! Merci de me lire, cher Alain!
M
Qui y a t-il dans votre tite tête ??? Tous les matins, en tête à tête avec elle, vous cherchez les mots qui nous feront rire ou pleurer....vous y arrivez et pourtant vous n'avez pas la grosse tête !!!! Surtout continuez, ne faites pas la tête !!! Ce tête à tête tous les jours avec vous est une bénédiction !
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J
J'ai la tête un peu pleine, mais pas la grosse tête! Merci Morgane!