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Sérieux, s'abstenir !

Publié le par archibald_06

Y'en a qui se prennent au sérieux ! Qu'il faut prendre avec des pincettes ! Y'en a qui rient quand ils se brûlent ou qui se consument d'ennui, à petits feux ! Tandis que, pendant ce temps-là, y'en a qui brûlent avec joie, les planches et les bougies par les deux bouts !

Y'a des tristes figures et des pince-nez, au nez et à la barbe de quelques hilares hirsutes ! Y'a des bonnets de nuit qui voient tout en noir et des lunatiques qui sont de lune rousse ! Y'a des collets montés qui se poussent du col et d'autres qui rient à gorge déployée ! Y'a des raides comme la justice et d'autres qui s'en balancent !

Y'a des mous du genou et des belles en cuisse qui aiment les parties de jambes en l'air ! Y'en a qui ont les jambes coupées et qui sont incapables de les prendre à leur cou ! Y'a des éclopés qui perdent pied et qui vont comme Pétrouchka sur une simple jambe de bois !

Y'a des enracinés de bonne souche ou des durs de la feuille, dont l'arbre généalogique n'a produit que de la connerie en branches ! Y'a des idiots congénitaux, toujours en dehors du coup et des génies qui font coup double.

Y'en a qui ont des casseroles au feu et d'autres qui les ont au c... ! Y'a des durs à cuire qui vous mettent sur le gril pour vous cuisiner. Y'a de mauvais paroissiens qui pensent toujours qu'il y a quelque chose qui cloche. Y'a des inquiets, dans les tracas jusqu'au cou, qui se cassent la tête pour tenir le coup ! Y'en qui échafaudent des idées révolutionnaires et des casse-cou qui ne tiennent pas le cou.

Y'a des empâtés amorphes et des figés gélatineux ! Y'a des englués, des impotents, des paralysés qui cherchent à sortir de la mouise et y'a des pommes qui cherchent des poires, pour leur conter tous leurs pépins !

Y'a des ronds de cuir qui vous tannent ! Y'a des inconvenants consternants et des cons venus vous parler de leurs déconvenues ! Y'a des premiers sinistres et des derniers minables ! Y'a des politiques contrariants, qui parlent à mots couverts pour annoncer les tuiles. Y'a des charlatans qui bonimentent, jusqu'à plus soif sur nos déboires ! Y'a des enquiquineurs publics, qui nous bassinent et qui n'ont pas trouvé d'autres débouchés, que leur évier !

Y'a des piquets plantés, en pâture avec la vie et des coincés qui se tordent et rient comme des bossus ! Des serrés du col et des fesses ! Des pisse-froid ! Des rigides au balai dans le c... , depuis plus de 30 ans et des poussières et qui sont complètement à la ramasse ! Y'a des valets insupportables, aux épaules en portemanteau, qui ont eu un pater austère et qui les ont bien accrochées !

Y'a, au présent, des compassés ! Des êtres graves à l'air sévère, qui dramatisent sur tout, des tourmentés qui vous tourmentent ! Y'a dans l'ascenseur social, en pleine gloire autosuffisante, des condescendants à tous les étages. Y'a des constipés, à la bouche pincée mais pas que !... Y'a des guindés, qui préfèrent mourir de retenue que de rire ! Tandis qu'y en a qui prennent tout à la rigolade, en fuyant les trouble-fête !

Y'a des obséquieux et des insignifiants, des petits importuns qui se croient importants ! Y'a des austères minus au bout du quai, des chieurs au bout du rouleau, qui vous courent sur le haricot ! Y'a des battants abattus et rabattant qui vont à la chasse !

Y'a des blasés mélancoliques et renfrognés ! Y'a des doctes sentencieux, dans des assemblées de savants binoclards ! Y'a des barbons barbants et des rébarbatifs soporifiques, qui monologuent des histoires à dormir debout à des fatigués assommés !

Y'a des pessimistes et des cafardeux qui cherchent la petite bête ! Y'a des réfrigérants intimidant, au ton glacial ! Y'a des frigides qui vous jettent un froid. Y'a des vierges de désolation éplorées qui vous navrent de leur langueur et de leurs sanglots longs et monotones ! Y'en a qui se dessèchent de chagrin, dans des torrents de larmes et qui s'écroulent tout en n'étant pas coulants !

Y'a des taiseux taciturnes et des peureux qui croient que tout est dangereux, qui s'abstiennent et se retiennent ! Y'a des ratés tragi-comiques, des cabotins ringards sur la scène de la vie. Des amers et des noyés qui vous mettent le vague à l’âme. Y'en a qui manquent de savoir vivre, des morfondus morbides et déjà morts, vivant !

Tout n'est pas rose ! Y'a, c'est le bouquet, des amoureux épineux et moroses qui recherchent des rosières. Y'a des petits sombres héros rembrunis qui enterrent leurs amours mortes, dans des tenues funèbres.

Y'a des méfiants méticuleux, des scrupuleux minutieux, des soigneux consciencieux, des fâcheux scrogneugneux ! Y'a des étriqués qui n'ont pas de veine et des cœurs de pierre qui restent de marbre ! Y'a des cœurs d'or déçus, amers et désargentés, sans le sou mais dans les soucis !

Y'a tout cela et puis y'a moi ! Moi, sérieux comme un pape, bien sûr, celui des escargots de Henri Vincenot ! Y'a moi ! Y'a bien moi ! Je pratique le fou rire avec la folle de mon logis ! Fou du roi, pourquoi pas, même pour les tristes sires !

Et oui ! Y'a moi ! Moi, qui ne veux pas être un insipide écrivain ou un poète casse-pieds ! Je veux être primé, pas déprimant ! Je veux de la fiction, pas de l'affliction ! Je fuis les critiques verbeux, qui me causent de sérieux et désagréables problèmes, quand ils n'ont pas le mot pour rire ! Y'en a trop qui me prennent au mot et qui me causent des maux !

J'ai, à plus d'un titre, depuis longtemps choisi mes références : "Au bonheur des dames", "Les joyeuses commères de Windsor" plutôt que "Bonjour tristesse" ou "Les misérables" ! Y'a des filles de joie fréquentables mais elles ne courent pas les rues !

Par principe, en amour, je préférerai toujours une madame sans gaine à une "Madame sans-gêne", sinon elle peut repasser ! J'accepterai même une belle endormeuse, si elle n'est pas empoisonneuse ! Mais y'en n'a plus que dans les contes de fée !

Je veux leur compagnie et pas de tête à tête avec la solitude. Je veux leur plaire à tout prix, sans jamais leur déplaire ! Pas d'amour, au rabais d'un présent rabat-joie ! Y'en a trop qui ne savent pas faire durer le plaisir !

Y'a donc pas de mal à se faire du bien ! Oh non ! Moi, je veux pour vous, encore et toujours écrire, tout en veine et pas en peine, tout en défi, pas en dépit, tout en couleurs, pas en douleurs !

 

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P
Me consumer d'ennui, non.
Brûler les planches par les deux bouts, non plus.
Je ne pense pas être lunatique, encore moins "collet monté" ou guindée.

Quant à vous, vous êtes loin d'être un écrivain insipide.
Vous avez notre compagnie chaque jour sur votre blog.
Si l'écriture reste sans doute parfois un exercice douloureux,
Nous, nous avons un véritable plaisir dans la lecture de vos écrits.
Répondre
J
Merci amie, vous méritez la compagnie des beaux esprits et des cœurs fidèles!
L
Jean-Michel, bonjour,
Chez moi, je ne vais pas souvent sur l'ordinateur : c'est un trop envahissant collègue de travail. Je m'étais promis pendant mes congés de venir faire un tour sur ton blog. Je te livrerai mes impressions plus tard, car je viens d'apprendre le décès de ta maman. Je te présente mes très sincères condoléances et te redis toute mon amitié.
Bernard
Répondre
J
Merci Bernard! Ton amitié me réconforte! Il me reste souvenirs, amour, foi et espérance!