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Frimas

Publié le par modimodi

Je n'sais plus rien composer.

Je n'sais plus que gribouiller,

Rêvasser, écrivasser,

Noircir pensées et papier !

Je ne sais plus versifier,

Je m'embrouille dans mes pieds !...

 

Tu m'as coupé mes envolées

J'ai pris une drôl' de déplumée.

L'inspiration s'en est allée !

Elle ne pouvait plus endurer,

Tous les caprices improvisés

De mes idées échevelées !

 

Et tout ce temps, à ressasser

Les ringards poncifs éculés

De notre amour si mal aimé !

Tous ces efforts démesurés,

Pour quelque ridicule effet

De quelques simples bouts rimés,

 

Combien de fois, t'es-tu moquée

De mes rimes mal embrassées

De mes vers trop mal scandés,

Heptasyllabes anémiés,

Octosyllabes escamotés,

Cadavres exquis caviardés ?

 

Ma muse a retourné son nez.

Elle ne pouvait plus accepter

Les propos en couches glacées,

Au sens propre comme au figuré,

De tes humeurs réfrigérées.

Oui, trop c'est trop et bien assez !

 

Je ne voudrais plus voir, troué

L'horizon, en faux jours usés

Dans nos double rideaux mités.

Je désirerais m'abriter,

Dans un de tes regards bleutés,

Dans tes grands bras me réfugier.

 

 

J'aurais voulu tout oublier :

Les références du mot aimer

Nos belles saisons envolées,

Ton cœur d'hiver, mon cœur d'été.

J'aurais voulu tout effacer,

Nos jeux brouillons et nos ratés.

 

J'aurais voulu recommencer,

Nos essais, nos actes manqués

Nos excès inconsidérés.

J'aurais voulu tout balancer,

Ma mémoire à l'oubli, jeter,

Le temps au sablier, bloquer.

 

J'aurais voulu te rassurer

Tromper tes espoirs insensés,

Mes alarmes, t'abandonner

Tous mes désirs, précipiter

Pour à jamais, annihiler

Tes résistances et tes regrets.

 

J'aurais voulu, à tout jamais

River, clouer et crucifier

Sur la porte de ton cœur fermé

Tous tes doutes et tes oui ! Non ! Mais !

Mais je n'ai pas su sacrifier

Les corbeaux noirs de tes rejets.

 

J'aurais voulu paralyser

Toutes ces ombres agitées

De notre amour ensorcelé !

Tous ces hiboux hallucinés,

De nos nuits d'amour hantées

Par des fantômes tourmentés !

 

Auprès du feu à ranimer

J'aurais voulu te réchauffer,

Raviver d'ardeur le foyer,

Pour lentement cautériser

Les blessures violacées

De nos amours accidentées.

 

Nous voulions la félicité,

La douceur des nuits de mai,

Le bonheur pour l'éternité.

Mais les frimas sont arrivés,

Dans des tourments d'obscurité.

Nous avons tous deux frissonné

 

Notre cœur glacé a gelé,

Les roses d'amour ont fané

Et nos sentiments couperosé.

La passion s'est solidifiée,

Nos élans ont coagulé.

Mon cœur brisé s'est fragmenté.

 

Muse, m'entends-tu t'appeler ?

Retrouverais-je ton unité ?

Ma pierre de gel éclatée,

Ma fleur, mon givre, cristallisés

Parviendras-tu à scintiller

En ma poésie étoilée ?

 

Commenter cet article

L
Les frimas passeront et nous aurons toujours la joie de lire vos rimes, vos mots toujours revisités, nous rirons à votre humour et pleurerons à vos peines....
Merci monsieur le poète...
Répondre
J
Restons unis en fusion des cœurs! Merci Morgane!
P
Le frimas a peut-être envahi le cœur de l'écrivain, mais qui s’en plaindrait en lisant ces belles lignes un peu tristes mais tellement pleine de poésie.
Répondre
J
Le cœur est de saison, en hiver! Merci Pénélope!