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Sans voix ! 1/2

Publié le par modimodi

Rien ne vaut un babil d'enfant ou un gazouillis d'oiseau comme la voix du rossignol dans une tiède nuit d'été !

J'aime les voix, j'en fais collection de timbres : voix d'enfant ou d'opéra, toutes expriment nos émotions, par la parole ou le chant.

Je voulais parler la langue des oiseaux, de l'oiseau bleu et du merle blanc. Mais je ne connais pour la plupart que de drôles d'oiseaux, des oiseaux de mauvais augure, des "geais plus", noirs et bavards, qui s'en-mail-ent les plumes, les posts et les pinceaux ! Ils sont des millions à m'ignorer ! De fait, chez moi, la voix de l'éloquence risque bien un jour, de rester en cage et aphone en iphone ! Hirsute, ébouriffé, je m'égosille d'une voix de fausset.

J'aurais aimé, hypothétiques lecteurs, que vous fussiez baba de mes textes baba cool ! Que vous fussiez bouche bée et tous muets d’admiration. Dans un sens, je suis exaucé, car vous êtes bien muets, non pas d'admiration mais hélas d'affliction !

Les principes sont respectés et appliqués : "Les grandes douleurs sont muettes !" Vous respectez la loi du silence ! Votre avertissement est sans frais. Le cercle vertueux de mes liseurs est devenu vicieux. Car si je ne peux plus laisser dire, alors, je ne peux plus bien faire.

Écrivant sur un blog, je ne peux même pas me défendre de vive voix ! Je ne peux pas la faire entendre, je ne peux l'élever. C'est donc motus et bouche cousue que je tonitrue, ma bonne foi en légitime défense... Pourtant, pour un écrivain, cloîtré dans le silence monacal de ses pieuses pensées, avoir voix au chapitre me paraissait normal.

Me voilà, condamné au froid de la crypte, dans un silence de mort et muet comme la tombe. Dans le silence sépulcral, il y a des minutes de silence qui vous semblent une éternité ! Que me reste-t-il à entendre, en dehors de la voix de ma conscience ? La voix du peuple, la voix de Dieu ? Une voix puissante, retentissante, vibrante, celle de la foule qui gronde ou du tonnerre céleste ? Par Allah ! A quoi bon, en haut du minaret, un muezzin muet ?

Il serait tout aussi hallucinant d'être allumé comme Jeanne d'Arc et d'entendre des voix. Je ne veux pas courir le risque d'un grand autodafé. Vite, une voix d'extinction pour mon imagination enflammée ! ... Je prêche dans le désert, je parle aux cailloux chauffés à blanc.

Je ne voudrais pas non plus persévérer dans mes erreurs, rabâcher, être un rabat-joie ! Si possible, pas de voix de perroquet, de casse-oreille et de casse-pied ! Si je suis un âne, qui hier encore, opinait du bonnet, aujourd'hui, je n'ai plus droit au son. A quoi bon d'ailleurs, si c'est pour "qu'asinus asinum fricat."

Mes messages sont pourtant de doux et calmes messages de paix. Les colombes de mes mots portent des rameaux d'olivier et chantent l'amour des trouvères et des troubadours. Je vocalise, je chantonne ! J'offre des berceuses à ceux qui s'en balancent et des ballades à ceux qui m'envoient promener. Je me suis fait le chantre de la vie et de l'espérance, de la joie et de la fantaisie.

Mais l'homme préfère parfois les chants de guerre et les requiem aux magnificat. Le peuple déchante quand il entend le bruit des bottes et la voix du canon. Silence dans les rangs ! Pourtant certains va-t’en guerre, braillards et revanchards choisissent la voix du sang à la voix de la raison. Les corbeaux noirs coassent leurs accusations fielleuses et la hyène a toujours sa voix de haine pour hurler à la mort.

Je rêve de leur clouer le bec et de lui coudre ses baveuses babines afin de leur couper à tout jamais la parole. Seigneur ! Que cette volonté soit mise à exécution ! Je ne demande pas meilleur sort pour mes frères en humanité. Il n'y a là, rien à redire. Si je garde le silence, je monte aussi la garde !

Bien sûr, je peux toujours tenter de faire entendre la voix de ma conscience ! Mais mon émotion est muette. Dans le silence de ma pensée, mes idées ne font pas grand bruit. Dans mon calme intérieur, l'esprit souffle à peine sur l'imagination, sur les sens et leurs représentations. Mes réflexions jouent en sourdine dans l'harmonie des intuitions. Méditative et indicible est ma sensibilité. Seule, ma volonté s'exprime dans le crissement de la plume pour des mots qui restent souvent lettres mortes.

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P
C'est vrai qu'on ne connaît pas votre voix, mais on commence à connaître tout votre talent pour manipuler les mots.

Parfois, cette voix, on l'imagine rieuse, moqueuse, boudeuse, sérieuse, coléreuse, allant jusqu'à faire trembler les murs quand vous êtes en train de rédiger vos textes.

Un jour, peut-être ... quand reconnu par le monde des écrivains vous accorderez des interviews aux chaines de télévision, nous aurons le plaisir (je ne voie pas d'autre mot) de découvrir non seulement votre voix mais aussi votre personne.

Bon j'arrête de divaguer et de faire travailler mon imagination... et pourquoi pas?
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J
J'aimerais beaucoup! Alors, il faut vraiment que je travaille davantage et que le ciel me soit clément! Soyez exaucée, gentille Pénélope!
A
Coucou Jean Michel, j'ai mis votre blog dans mes liens favoris sur le mien, j'espère vous attirer des lecteurs, autant que vous le méritez. Bon week-end.
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J
Merci Annie! Nous voilà unis et liés! Que nous puissions, vous et moi apporter du plaisir et de la beauté à nos nombreux lecteurs et amis!