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Éternel printemps

Publié le par modimodi

Bien avant toi, mon cœur courait les jouvencelles,

Je flambais aux froufrous des belles en balancelle !

Dames et demoiselles venaient en ribambelle...

Dociles amourettes, jupons et bagatelles,

Péronnelles, donzelles, émois dans leurs dentelles,

Plaisirs, frissons, vertiges, astres du septième ciel,

Extases et pâmoisons, bonheurs artificiels !...

 

Maîtresse solitude ! J'ai couché avec elle

Dans les lits de fortune de quelconques hôtels !

J'ai connu la luxure, les tourments de la chair,

Les étreintes lascives de beautés éphémères,

Petites fleurs du mal qui ignoraient Baudelaire.

Rêves pour conquérants, adorables chimères,

J'allumais le brasier, nous brûlions en enfer.

 

Pouliches frémissantes pour feu des quatre fers,

Chevauchées, amazones, foisonnantes crinières,

J'aimais, caracolais, sans mettre un pied à terre.

Mais le temps vous cravache, vous fouette, vous lacère.

J'ai dû me dérober aux belles cavalières.

Quand mon cœur se souvient des tendres bayadères

Je rêve chaque jour de sauter les barrières.

 

Aujourd'hui, que l'automne en moi s'est installé,

Jonchant de son tapis, mes plaisirs effeuillés,

Mélancoliquement, je parcours mon passé.

"Oh ! là ! là ! que d'amours splendides, j'ai rêvées !"

En ces soirs de septembre, chantait Petit-Poucet !

Je m'exclame à mon tour, parcourant le passé,

La lippe encore gourmande, les yeux émoustillés :

 

"Que de succès faciles ! Désordre et volupté !

Que d'ombres caressées ! Folles complicités !

Que de lèvres offertes et de corps qui se tendent,

Quels abandons profonds dans ces milliers d'offrandes !

Tant d'amours clandestines, tant de frissons d'un soir,

Tant d'espoirs illusoires, au point de ne plus croire

Au bonheur éperdu et qu'on sait provisoire !"

 

Et, pourtant tu es là, frêle, tendre liseron,

Accroché aux barreaux de mon vieux cœur prison.

Tu as coupé chardons, arraché le mouron,

Fait fleurir mille roses, à la morte saison,

M'as donné ta douceur de mille et un pardons

Et fait chanter la vie, pinson, petit grillon,

En offrant le soleil à mes cheveux flocons.

 

Je croque avec délices, la pomm' de déraison.

Je suis tout à la fois, chenu, petit garçon,

Sur les ailes du vent, j'ai posé mes chaussons !

Nous vivons enlacés dans les ans tourbillons,

Nos corps ont la confiance des tendres abandons.

Nous vivons nos saisons, aimant à l'unisson,

Nos Noëls au balcon ou nos Pâques aux tisons...

 

Mais, voilà qu'au carreau vient frapper un rayon,

Que le printemps résonne de mille évocations,

Qu'une douce impatience fait frémir les bourgeons

Et qu'éclosent en nos corps les désirs polissons.

Ah ! Que revienne ardent le temps des déraisons !

Que nous perdions la tête dessous les frondaisons,

Que nous mourrions d’extases, au cœur des floraisons !

 

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J
Merci Morgane! Je ne peux qu'être en écho de vos souhaits et vous souhaiter tous les plaisirs du monde ad vitam aeternam!
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J
Je dois être un peu plus gourmand! Vous êtes d'une folle sagesse, amie Morgane!
M
Quelques petits bonheurs me suffiront pour aller jusqu'au bout.....mon Ami !!!
M
Jeunesse comblée.....Mais coeur encore émoustillé par le printemps de la vie.....que je vous souhaite longue et accomplie...
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