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Quelle idée ? Quelle idée ! 1/2

Publié le par modimodi

Tandis qu'on peut parler pour ne rien dire, écrire suppose d'avoir a minima quelques idées à transmettre... 

Mais avez-vous déjà réfléchi à la belle aventure d'une idée ! D'où vient-elle ?

Du pays de l'intuition, des territoires de l'intellection ? Pourquoi surgit-elle à ce moment précis ? Qu'en faire ? Va-t-elle rester et si oui, où ? Est-elle originale, unique ? Qui en a eu le premier l'idée ? Est-elle associée et dans ce cas, à qui, à quoi ?

Ces quelques questions sont posées en nous, à l'infini de notre réflexion !... Cogitons ensemble ! Alors que notre existence se confronte sans cesse à l'impermanence et à la finitude des choses et des êtres, comment un être limité dans sa surface spatio-temporelle, peut-il rendre compte de ce qui le dépasse ? Comment peut-il éclairer le trou noir du vide originel de sa pensée et partir à la pêche aux idées ? 

Comment l'obscurité peut-elle renvoyer à la lumière ? Comment l'obscurantisme pourrait-il conduire au besoin de comprendre et au désir d'apprendre ? Comment à partir de rien, peut-on créer le tout ? Voilà un grand mystère dont personne n'a l'idée, sauf un illuminé !

Quel religieux dans l'impasse de la raison a eu l'idée de renvoyer la question au mystère ténébreux originel puis de nimber le tout de lumineuse révélation biblique ? Incapable bien sûr, d'en apporter la démonstration et la preuve éclatante, il ne lui restait plus qu'à décréter que la réponse n'avait de sens que pour ceux qui avaient la foi !

Génial ! De miracles en miracles, à l'instar du Créateur, la nouvelle fit grand bruit. En effet, le démiurge est un esprit bruyant qui fait Bing et qui fait Bang avant d'être un Esprit brillant à la première étincelle. Holà ! Athées, hâtez-vous d'y croire sinon vous n'avez pas idée comment la vie au jour le jour sera désespérante et vous amènera à en faire tout un monde, matériel et terre à terre.

Déjà, dès l'origine, la belle gageure ! Pour qu'il vienne à l'idée de l'homo sapiens une pensée, il a bien fallu qu'il ait l'esprit ouvert autrement que d'un coup de hache. Ensuite, sur un coup de tête, ne faut-il pas, a minima supposer qu'il ait dû se mettre dans l'idée, afin de se faire au moins une première idée, sa propre idée ! Grands dieux ! J'ai retrouvé l'immaculée conception !

Qu'a-t-il pu alors ressentir : une surprise, une frayeur ou a-t-il bonnement éclaté de rire ? Puis peut-être a-t-il essayé d'en avoir deux puis trois puis plus ?... La pensée ne serait-elle donc que l'heureux hasard du cumul d'idées échevelées ? La pensée n'est-elle lourde que par l'amoncellement d'idées légères et fugaces ?

Pour ne pas avoir la tête surchargée, pour ne pas se sentir envahi et dépassé, c'est alors qu'il est apparu et devenu indispensable d'avoir de la suite dans les idées et de savoir où les ranger afin de leur donner du fondement. Sinon désemparé, voilà notre ancêtre hirsute, braillard et tête folle, tout encombré d'idées !

Et s'il cogite alors, déjà sans le savoir, il déraisonne ! Tant d'idées lui passent par la tête qu'il pense tout haut en grommelant. Dans la cacophonie de la libre expression de ses congénères, il ne lui reste plus qu'à trouver à qui parler et par faits et gestes désordonnés à se faire comprendre quand il a idée de quelque chose. L'idée fixe était née et avec elle les obsessions et les névroses... en voilà une d'idée, me direz-vous !

C'est un fait aujourd'hui admis ! Lorsque nous avons une idée qui nous trotte derrière la tête, nous ne l'avons pas ailleurs ! D'ailleurs, celui qui protège ses arrières, doit bien penser qu'il ne sera facile à personne de lui filer le train et encore moins d'y monter en marche ! Ainsi des arrières pensées restent à quai tandis que l'esprit déraille !

Mais me direz-vous, pourquoi faudrait-il pour comprendre ou se faire comprendre, inventer un début, une suite et une fin à tout, à l’écriture, aux textes, aux événements ? Pourquoi donner de la trame aux récits ?

Tenez ! Prenez mon exemple ! Certes, je manque d'étoffe mais, pour vous embobiner, j'ai bien mon propre style, décousu de fil blanc. Je tiens des propos sans suite. Je m'accroche à mes idées, je suis, vous le savez, l'écrivain aux écrits vains, l'adepte inepte du "Sans Queue ni tête".

Je sais même qu'il est quasi impossible de rendre simple et concrète, ce qui n'est au départ, qu'une pure abstraction. Edgar Morin a bien compris la relation étroite, quasi fusionnelle pour ne pas dire confusionnelle entre l'incertitude et la complexité. J'ai beau en avoir l'idée, c'est à dire l'intention,  je reste prisonnier de la conception de mon esprit, mal fécondé, sans doute !

Je suis pourtant logique et j'affronte les complications car je pense, avec méthode, pouvoir les résoudre. Hélas ! Mes idées sont comme les spaghettis, jamais elles ne s'enroulent de la même manière sur la fourchette. La complexité a sa propre dynamique qui embrouille souvent mon esprit.

Si selon Pythagore, "Une pensée est une idée de passage", mes pensées elles-mêmes sont souvent enchevêtrées dans mes idées. Je pense saisir une réflexion, mais ce n'en était que l'apparence, des impressions en débandade.

La soudaine clarté, la subite illumination n'était probablement qu'un vulgaire lieu commun, un poncif éculé et l'approche de la notion n'était qu'un préjugé ! Alors, si je m'obstine dans l'idéation, je ne fais que m'enfoncer dans l'obsession de sa représentation. Tout est flou, rien ne demeure, tout est fugace et se refuse à mon souvenir en se sortant de l'idée.

Les images qui m'en restent sont-elles des rêves ou des impressions , comme chaque matin, à mon réveil ? Puis-je en avoir une vraie compréhension ou sont-elles des illusions sans consistance ? Au fond, penser, consisterait-il-il à imaginer le réel à partir d'idées insaisissables et sans cesse en fuite ? Penser consiste-t-il à projeter sur les parois de la caverne de son esprit, les ombres d'une réalité vécue et aussitôt disparue ?

Ainsi, "le poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous ses sens." Quand l'écrivain se fait visionnaire, il se raconte des histoires et part à l'aventure du récit. Il fixe des idées évanescentes dans des épisodes, tout lui est alors permis. Il est Don Quichotte qui chevauche à la recherche de sa Dulcinée, de sa Muse idéalisée. Il espère trouver l'émotion dans le sublime de mots et de visions assemblées. Mais il n'éperonne souvent que des lambeaux d'idées accrochées aux ailes déchirées du moulin à vent de son cerveau, ouvert aux quatre vents.

Comme je ne trouve pas de réponse, alors souvent, je reste moi aussi au niveau de l'intention et faute d'idées claires, je m'abandonne à la confusion des sensations ou des sentiments. J'agis souvent sans penser ! Après tout ! Qu'importe l'incohérence ! Est-on tenu de tout comprendre et de tout expliquer ?

D'ailleurs, comme je suis un optimiste, plutôt idéaliste et fier, je fais sans doute comme tout un chacun ! Dans ma quête heuristique de donner du sens à ma vie et mes actions, je pars souvent d'une vague conception que je creuse pour donner une quelconque idée. Je prétends même la transformer en solution et cette pensée encore inaboutie se présente alors en projet que je déclare planifier.

J'affirme de grossière façon : "J'ai bien ma petite idée, mais pour l'instant, elle n'est encore qu'un projet !"... Et voilà, le tour est joué ! Je sauve ainsi la face et toutes les facettes ! Je peux me tailler avec le diamant encore brut de ma pensée ! Le résultat est une option, pas une obligation.

Je fais à mon idée ! Le contexte peut rester flou, en attentes de précisions ! Je peux élaborer des solutions, penser des stratégies et prendre un air mystérieux en faisant croire au souffle de l'inspiration ! Je fais croire que je médite et me recueille, alors que je suis à la ramasse !

Je peux même alors faire semblant de garder l'idée derrière la tête pour donner à voir à ceux qui me suivent. J'illustre de moult exemples, de buts possibles et de belles perspectives à atteindre ! Je divague et je dis vague !

Je donne de fait, raison à l’étymologie du mot. En ce sens que l'Idée pour prendre matérialité, doit donner à voir, à représenter et à connaître ! Sans la comprendre, chacun peut sentir, flairer et subodorer !... Fugitive apparition dans le buisson ardent de l'intelligence, éclair dans la nuée ardente de l'esprit, alchimie de l'intuition illuminative, accessible à tous !...

Et même, celui qui n'a pas la moindre idée, peut prendre comme un cadeau cette idée miraculeusement reçue, à son insu et dire à son tour : "J'ai ma petite idée !" Ou "Je viens d'avoir une bonne idée !" Les plus naïfs appellent même cela de la transmission de pensées ! Entre vous et moi, quelqu'un ne manquera sûrement pas de penser : Quelle idée? Quelle idée !

Commenter cet article

J
Vous regorgez d'idées
Attention à la surcharge cérébrale
Le remède c'est de méditer
Ainsi ces idées ne vous serez pas fatale
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M
Merci Amie, Joyeuses Pâques !
Très heureux de cette brève rencontre, hier !
On ne peut rester confiné, alors je tente de ressusciter...
Je vais méditer et penser à vous.
J'espère que vous n'êtes pas une femme fatale! LOL
J
J'ai même, sur le sujet eu la folle idée d'écrire un deuxième texte! Merci fidèle Pénélope!
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P
Ce qui est sûr c’est que des idées, pour l’écriture, vous en avez à foison.
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