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Décalages 2/3

Publié le par modimodi

Malgré nos décale-âges,

Épines de la rose,

Mon amour je te lance

Dans l'écharpe du vent

Où dansent les abeilles,

Des bouquets de "je t'aime !"

 

Je me souviens des hivers nus.

J'étais loin, j'étais seul…

Pour venir jusqu'à toi,

J'ai marché dans ta nuit

Jusqu’aux nuées de l’aube.

 

J'ai désarmé les ombres.

J'ai masqué mon passé,

J'ai voilé mes élans,

J'ai tranché ma mémoire

D'un éclat de miroir !

 

J'ai pris tous tes chemins.

Dans la forêt des songes,

J'ai suivi chacun de tes pas,

Légers et feutrés, déposés, gravés

Dans la neige de l'enfance,

Brodée de dentelles,

Blanches d'innocence.

 

Je t'ai attendue et cherchée !

Au jardin muet du silence,

J'ai arraché les herbes folles, 

Chiendents des lâches abandons.

J'ai ouvert toutes les fenêtres

Pour écouter le chant du ciel

Et te laisser entrer dans la clarté du jour.

 

Sur l'île aux mâts brisés, 

Aux ancres échouées, 

Je me suis laissé déposer.

Je t'ai espérée tremblante,

A l'écume de chaque vague.

Mais le soleil s'était noyé

Dans une lune de sang.

 

J'ai imaginé ta route et ses dérives,

J'ai inventé ton cap,

J'ai cherché ta lumière

Dans les suies de la nuit,

Dans les embruns de brume…

J'ai traversé par la fente de l'aube

Les nuages de pluie et les ombres brouillées…

J'ai cru voir ta voile traverser l'horizon.

 

 

J'ai attendu debout.

Comme la lampe du phare,

Fidèle flamme d'espoir

Pour les cœurs naufragés,

Dès que la mer mugit

Ses cruelles errances

Aux âpres vents d'oubli.

 

J'ai tremblé dans tes yeux…

Ils ont la beauté grise

Des silex bleuis

Au croissant de l'acier

D'un clair de lune déchiré

Au front de la nuit ivre d'éternité.

 

J'ai veillé aux portes de ton corps.

J'ai attendu que tu te donnes

Comme le parfum d'une orange,

Comme le printemps au bourgeon,

Comme la becquée aux oisillons,

Comme le jour à la lumière,

Comme la fleur au fruit

Et le vent aux nuages.

 

Dans une flambée de vertiges,

Tu as tout emporté,

Dispersant mes certitudes aveugles

Aux lueurs de l'aurore.

 

Tu m'as donné l'oubli

En ton lit, cette nuit !

J'ai fait le tour du monde

Et le tour de mon âge !

 

Ce feu d'orage sous la peau,

Tes hanches, tes seins, tes bras

M'ont rendu mes vingt ans.

Je tiens le monde entre mes mains.

 

Mon bonheur de plein ciel, 

Je revis et m'envole

Au cœur de l'éternel

L'amour est à l'étoile,

J'ai pris la caravelle…

 

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C
Les décal’âges seraient les épines de la Rose. Vous savez approcher la rose, la toucher, l’aimer sans froisser ses pétales.
« J 'ai pris tous tes chemins / Dans la forêt des songes, »
« Ta beauté m'assaille.
Tu déferles contre moi
Aux écueils de mon âge.
Tu es la vague qui me chevauche.
Tu me bats, je me brise,… »
Votre Amour est transcendantal, il est dans la Nature, dans la brise de mer, dans le chant de l’eau.
J’aime votre poésie d’Amour qui est intemporelle et belle !
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