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Mal baisé 2/3

Publié le par modimodi

Mes amis, embrassez qui vous voudrez ! Mais si le proverbe a raison et s'il est vrai que : "qui trop embrasse mal étreint !" alors, mollo Paulo !

Surtout pas d'excès de zèle professionnel ! Inutile de mettre les bouchées doubles ou de bosser trop ! Tout travail mérite salaire et pas plus ! Plutôt clopinettes et sale air, tu le sais !

Trop s’échiner ne rapporte souvent rien, qu'éreintements, lumbago, tours de reins et de cochon pour des profits payés avec le dos de la cuillère... Si tu en as plein le dos, c'est pour mieux tondre ta laine ! Paraît même que tu perdras tout en voulant trop gagner ! Mal payé mais bien baisé ! Vive les enfants dans le dos !

C'est ainsi ! Pas d'eau à la bouche pour les gourmands de la vie, éternels soiffards insatisfaits ! Ils l'auront toujours sec !... Tempérance et sobriété, pour la bonne bouche, sont de rigueur. Oui ! Les gourmets sont des fines bouches qui jouissent à bouche pincée et petits doigts levés. Ils suçotent leur cocktail préféré, le baiser sanglant de Bloody Mary. Leurs bouches vous promettent le frisson des suçons. Lucy et Dracula peuvent s'aimer à pleines dents, jusqu'au jour.

Petits pêcheurs devant l’Éternel, il vaut mieux ne pas se jeter à l'eau, la tête la première, même pour la promesse d'un baiser de sirène. Il faut prendre son temps pour la désirer et la pécho ! Car la belle, qui vous envoie en rafales des baisers ronds de sa pulpeuse bouche de poisson peroxygéné, risque de vous faire languir et de vous laisser faire la queue pour rien.

Amis, ne videz pas trop vite la coupe des délices ! Baiser promis ou imaginé est parfois le meilleur ! Le bon sens est proverbial. "Une chose à la fois !" "Vite et bien ne vont pas ensemble !" "Rien ne presse vraiment"... Hormis pour la tortue savante qui connaît l'heureuse fin de la fable de la Fontaine.

C'est ainsi ! Même le grand Tartarin, le chasseur au courage de lion ne peut pas courir deux lièvres à la fois. Il ne lui sert à rien de se mettre aux cents coups. Son fusil à deux coups n'en tire qu'un à la fois... Inutile de péter les plombs et de vider toutes ses cartouches ! La descente en peau de panthère, tant promise à Madame, risque fort de finir en petits patins, de simple peau de lapin, crétin comme Tartarin... Point trop d'empressement donc, dans cette vie courante ! Parole de bec de lièvre !

Point trop n'en faut non plus pour les choses de l'amour ! D'ailleurs peut-on voir dans ce proverbe, pour honnête travailleur, une manière de le faire taire ? On ne peut pas en même temps prendre la parole pour revendiquer quand on est en train d'embrasser à pleine bouche ou de baiser la babouche.

Serait-ce le moyen trouvé pour faire fermer le clapet de celui qui vous pompe ? Serait-ce un petit amuse-goulot pour calmer les ardeurs goulues et laborieuses du bon peuple qui voudrait mettre les bouchées doubles afin de mieux s'emplir le gosier ? Notons d'ailleurs, qu'avoir un bœuf sur la langue ne nourrit pas pour autant son homme.

Alors, ce proverbe laissé apparemment pour la bonne bouche de la morale populaire, cet appel indirect au silence ou à la lenteur est-il transposable dans l'amour et la passion ? En quelque sorte, aurions-nous là, un subtil art du savoir aimer et de donner baisers d'amitié ou d'amour, à deux ou quatre lèvres ?

 

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