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Bête comme mes pieds ! 2/3

Publié le par modimodi

Quelle prise de conscience, peut-être salutaire !

Je le reconnais, je ne suis pas seulement un écrivain aux vains écrits "sans queue ni tête", je suis aussi "bête comme mes pieds". La preuve ! Je poétise à coups de poing et à "coup-de-pied" ! Je suis boiteux, je porte bot et je n'aime pas "le son du cor" .

Ô mes petits cadets de Gascogne, vous n'arriverez qu'à me "tirer des vers du nez" ! Je suis rosse tant soit peu!  Alors méfiez-vous de mes coups de rapière, de mes coups de plumes, de mes coups de sang de rimailleur et ferrailleur gascon!... "Je peux, avec panache, de quelques simples vers // vous fendre sur le champ, la raison et le cœur !"

Sont-ce là, de subits excès de classicisme élégiaque, de nostalgie lyrique, de regrets hellénistiques tragiques ou une simple illusion canonique de la "Pléiade poétique" ? Je ne sais! Mais que voulez-vous ! Loin du phare d'Alexandrie, ces deux alexandrins épiques et submergés de prétention ne peuvent que naufrager ! Je ne suis qu'un poète maladroit, qu'un héroïco-romantique à la Cyrano, qui tente de vous chanter le pathétique de l'amour, en vous faisant en cachette, ses petits "pieds de nez" !

Voyez ! Comme je "prends mon pied" ! Je ne bats pas la mesure au pif mais au contraire, avec application. Je me contrôle au podomètre. Je me suis toujours efforcé de respecter la cadence de la métrique, mais trop de petits coups de cœur faussement poétiques, m'ont rendu arythmique !

J'abuserais, paraît-il, de démesure alors que d'autres me reprochent de versifier en demi-mesure ! Comment mesurer toute l'exactitude de ces remarques sans être, à mon tour, abusé outre-mesure dans les grandes largeurs ?

Oh oui!  J'aime ma terre de langue française aux ceps chargés de promesses, toutes fécondes de poésie ! Sur ses sarments, je fais serment de la servir aux quatre saisons de la belle et vigoureuse inspiration qui fermente en moi !

Oh oui ! Je sais l'ivresse du poète qui, en grand seigneur, taille ses vers et ses" pieds de vigne" afin que "la grappe" ne soit pas "en deuil" ! Oh oui ! Je veux bien m'enivrer: "Et maintenant, ô fleurs du vignoble natal, // Je bois à vos noces fécondes !"

Voyez ! Je vous admire tant, Lamartine, Hugo, Apollinaire, en vos maisons de poésie que je lève mon calice, trop souvent d'amertume ! Voyez, ô vendangeurs des coteaux de l'azur : "Mon verre est plein d'un vin trembleur comme une flamme." Moi, aussi je tremble et je titube. Ma poésie "perd pieds" ! Dans La Nuit Rhénane, vous pouvez hausser les épaules: "Mon verre s'est brisé comme un éclat de rire."

Oh oui! Mes bons amis poètes, "Avec le chant lointain du dernier rossignol // Et les premiers cris de la grive" , avec "le chant du batelier", ici même, "au pays des illusions, // à travers la nuit violette", je vous offre l'harmonie d'un bouquet élégiaque de mes quelques pieds d'alouette !

Je la voudrais bien la veine du poète, qui part toujours du "pied droit" et qui ne connaît pas la douleur du "contre-pied" ! Alors que moi, je verse et controverse de plein de "pleins-pieds" boiteux ! Mon piédestal a les marches branlantes, j'accède difficilement sur le "marchepied" de la reconnaissance. Ah ! Si je pouvais, au moins, de "plain- pied" accéder au vers-librisme, je pourrai versifier à découvert !

Holà ! Méchants censeurs, n'empiétez pas davantage sur ma liberté créatrice et ne me marchez pas sur les petons ! Je ne sais que trop que j'ai mis mes "deux pieds dans le même sabot" et que je poétise trop souvent "à cloche-pied" ! J'imagine votre vicieux plaisir de mettre à terre, "à pied" et à "dix pieds sous terre" un pauvre poétaillon !

Ne serait-ce pas, dans ce cas, le vocable de pervers perd-vers qui vous conviendrait le mieux ? Mais ce qui me rassure, c'est qu'à ce point, vous ne parviendrez quand même pas à "dépoéter" plus haut que vous n'avez l'trou du cu-lot !... Mauvais calcul! Je me trompe encore, il va me manquer un pied, je voulais dire: Vous ne parviendrez pas à "dépoétiser" plus haut que vous n'avez le trou de vers !

Oui! Force m'est de constater que le mauvais génie m'a "coupé l'herbe sous le pied", je ne peux plus hélas, que brouter et versifier à "pieds nus". Mes cadavres exquis ont déjà "un pied dans la tombe !" C'est la fosse commune des rimailleurs sans talent qui "s'emmêlent les pieds" en tombant!... Au lieu de versifier à tombeau ouvert, je n'ai déjà que trop piétiné sur le tapis des désillusions. Je vais devoir "mettre pied-à-terre"!

Avec mes petits pieds à pirouettes, pour faire diversion ou pour vous divertir, je suis le plus souvent, le gentil digitigrade de la poésie. Mais je me plante, je me voûte et j'en prends pour mon grade ! Miel alors ! Vous n'êtes vous-mêmes que de vilains ours mal léchés, vous grognez en foulant mes rares lauriers au pied. Ne croyez-vous pas que j'aurais mérité pour le moins de sortir de vos griffes et d'être plutôt votre palmipède distingué !

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C
"Oh oui! Je sais l'ivresse du poète qui, en grand seigneur, taille ses vers et ses pieds de vigne afin que la grappe ne soit pas en deuil ! Oh oui! Je veux bien m'enivrer".
Je viens de corriger votre citation que j'avais mal copiée...
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M
Merci Chantal! Vous retrouver sur over blog, c'est le pied! Cette vigne là est peu suivie! Pourtant c'est le premier terroir!
C
"Oh oui! Je sais l'ivresse du poète qui, en grand seigneur, taille ses vers et ses" pieds de vigne" afin que > ne soit pas >! Oh oui! Je veux bien m'enivrer. " Je retiens le côté du poète qui nous enivre, je ne compte ni les mesures, ni les pieds, je suis le rythme de votre texte qui nous fait avancer en admirant les lauriers que vous avez plantés. Les sarments de vigne sont une belle image d'endurance et de fidélité pour celui qui aime le jus de la treille et des champs. Quels pieds ! Merci Poète Modi Modi
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