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Velouté

Publié le par modimodi

Encore une bizarrerie de mes sens qui s'égarent mais je dois avouer que la consonance du mot volupté a fait surgir en moi, l'idée et la sensation du velouté ! Je dois avoir le cerveau qui travaille par association ou subitement, un grand besoin de douceur ! Allez savoir !

Est-ce peut-être aussi le contraste de l'instant ? Comme bon nombre d'écrivaillons, j'essaie en vain de caresser mon lecteur dans le sens du poil !  Tout en y réfléchissant, assis devant mon clavier, ma main passe machinalement sur ma joue et mon menton. Je me trouve râpeux comme une bille de bois et rugueux comme une écorce !

Je sais que certains d'entre vous penseront en douce : "Ce n'est pourtant pas faute d'être rasoir !" Oh ! Les blaireaux de tout poil, tout doux ! Assez d'être barbés quand on est glabre ! Ne vous faites pas bêtement de la mousse. Assez de lotions acnéiques, ce n'est quand même pas moi, l'unique barbifiant qui vous file tous vos boutons !

Vous êtes blancs comme un linge ! C'en est assez de vos coups de calcaire, adoucissez-vous ! Mitigez vos grandes eaux, vous n'avez pas non plus, à ce que je sache, inventé l'eau tiède. Stop, amis ! Cessez de me lessiver ! J'ai un grand amour-propre !

Je fais dans le satin et dans la soie, même sauvage ! Ne vous effrayez pas, si je vous parais parfois à sec ! Une fois que j'ai effleuré votre sensibilité, que je vous ai touchés, vous n'avez plus moyen de vous détacher ni de me détacher ! Votre plaisir fait gentiment tache d'huile !

D'ailleurs, je tiens à préciser à quelques bourrus de tout poil tout rêche et à des pimbêches revêches que faute d'être la crème des hommes, j'essaie au moins d'être la crème des écrivains... d'écrits vains. Mais pas une crème à raser !...

Et même, si je parais être une crème peut-être, plus renversée que renversante, je reste une petite gourmandise à déguster ! J'écris en pleins et déliés avec mollesse et délicatesse. J'ai un toucher léger pour effleurer l'idée, caresser la pensée ! Je refoule sans énervement mes objections paralysantes. J'émulsionne avec tact mes mots et mes phrases, je mixe mes visions emmêlées à mes rêves ! Je monte les blancs de mes nuits en neiges éternelles.

Je travaille mon coup de pâte ! Je la confis aux fruits de ma fantaisie. Je pâtisse pour que vous n'en pâtissiez pas ! Je me garde d'être trop lénifiant ou sucré, sirupeux ou écœurant. Je suis juste en proportions et formulations et jamais gêné dans mes tournures. Mon style n'a guère besoin d'édulcorant ni d'aspartam pour âme sensible. Ma prose est onctueuse et ma poésie moelleuse ! Appréciez-moi, je suis du gâteau pour de bonnes pommes au cœur gold-en ! Personne ne s'est encore cassé les dents sur un trognon d'idée, rongée d'incertitude !

De grâce, n'allez pas non plus penser que je suis dans le potage ou que je fais pour autant de la bouillie ! Non ! Je m'efforce d'ôter les grumeaux. Je ne délaye pas, je tamise chaque formule, je lisse chaque expression, la plus sotte comme la plus grenue !

Si certains pensent que je les enfarine et que je les mets à toutes les sauces. Qu'ils se rassurent, quand je balance la sauce, c'est de la belle sauce blanche, délayée, il est vrai, parfois à l'eau de rose ! S'ils boivent du petit lait, de suite, je leur offre une succulente béchamel. Ils peuvent à loisir pédaler dedans ! Je peux même, si elles le souhaitent, donner du velouté aux moules ! Ah ! mes poulettes, quelle belle fin de finir ainsi trempée, au jus, pour une petite poule mouillée !

Goûtez-moi !  Il s'agit d'un vrai velouté littéraire, pas d'une soupe de poix ! J'ai tout lié avec la crème fraîche de la créativité ! Avec moi, vous ne rirez pas jaune, je ne fais jamais l’œuf ! Je ne veux offrir à vos palais de gourmets et délicats lecteurs que drôlerie et frivolité ! Je vous ai concocté un délicieux consommé solennel grâce à la communion de l'extravagance et du bon goût ! Du velouté maison, dont je garde fièrement et secrètement la recette !

 

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P
Je déguste vos "plats littéraires" tous les jours avec plaisir et gourmandise et jusqu'à présent je n'ai jamais souffert d'indigestion.
Alors je vais continuer à m'inviter à votre table afin de savourer les différents plats de votre menu.

Au début de votre texte, vous écrivez :
-Je me trouve râpeux comme un bille de bois et rugueux comme une écorce!
Laissez donc pousser votre barbe à la "Victor Hugo"!
Je suis sûre que cela vous irait très bien.
Répondre
M
Je partage volontiers avec vous, mes petits plats du jour, Pénélope! Me laisser pousser la barbe... Quelle idée! Devrais-je la teindre en bleu?
F
Excellent ! Vos bons mots me régalent,
Je n'y ai pas trouvé un zeste de modestie mais une générosité qui a attisé ma gourmandise
je viens de passer un moment délicieux
Merci
Répondre
M
Je garde mes zestes pour le citron de Menton! Il y en a dans mon cake quotidien! Merci, Fleur d'églantine!