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Prêcheur du désert

Publié le par modimodi

Ma douce amie, nous nous aimons dans la délicatesse et la tendresse. Nous avons le bonheur de vivre dans ce bien être et dans cette harmonie. Autour de nous, tout s'agite. L'espace est en mouvement. Le dynamisme est dans chaque déplacement. Un pas, un envol, une ondulation, une course sont autant de trajectoires pour l'élan vital universel !

Pour se maintenir et s'accomplir, la vie a besoin d'énergie ! Le principe d'une force en action anime la nature. La vigueur d'un individu, la sève d'une plante, le souffle intuitif de l'esprit donnent la vitalité à l'existence.

Nous ne pourrions vivre sans nous manifester. Nous avons tous besoin de la capacité d'expression pour prendre place dans le monde, pour y être acteur ou participant. En effet, nous sommes à la fois, sujet dans un : "Je pense, donc, je suis." et intervenant dans un : "J'agis, donc, je suis."

De l'intériorité de la conscience à l'extériorité de l'activité, tout homme marque ainsi sa présence. Exister, c'est, au sens étymologique, se poser hors de soi-même pour entrer dans l'environnement et Etre, avec ou parmi les autres. C'est la coupure d'avec soi qui permet de se matérialiser pour intervenir et poser des gestes qui marquent notre présence au monde.

Toi, tu me dis souvent que j'écris et que je prêche dans le désert ! Par St Jean Baptiste! Sans doute, cherches-tu à me faire comprendre que je n'affirme pas assez ma présence au monde... Oui!  Mes écrits ne sont que du vent, réduits au néant. Mes vocables ne sont que des souffles de zéphyr trop doux pour la brutalité des courants d'opinion. Point de chaudes rafales de simoun ou de violentes bourrasques de sirocco qui soient assez impétueuses pour agiter les têtes qui se laissent emporter au vent du large.

Mon style gonflant le sable des illusions dessèche toujours davantage les imaginations arides. Je parle dans le vide des mirages littéraires à des esprits à vide. Ceux qui escaladent les dunes de mes expressions imagées n'atteignent pas l'oasis fraîche, d'eau à la bouche, propice à leurs lectures méditatives. Dans cette immensité abandonnée et inculte, je ne trouve qu'un unique avantage, celui de n'avoir pas à faire le vide autour de moi !

Secrètement peut-être, espères-tu dans l'intimité, que je me décide à faire la pause. Voudrais-tu que je sèche ma plume plutôt que de m'adonner à mes travaux forcés quotidiens ! Rassure-toi, je ne subis pourtant aucune pression, aucune violence. Je n'entre pas en résistance avec toi ou d'autres importuns. Je ne suis pas un forçat de la littérature, obligé de traîner mon boulet de mots. Je ne me suis pas enchaîné non plus à quelques plumitifs forcenés qui ont trempé dans quelques louches encriers. Non! Je cherche en toute liberté à affirmer ma présence au monde.

Je laisse la contestation s'exprimer. Les quelques opposants à mon style ébouriffé, à ma sémantique rebelle, à mes tournures audacieuses pour leur compréhension arthrosique, ne feront pas fléchir ma détermination. J'écris sur tous les thèmes qui me conviennent. Mes humeurs mutines n'ont qu'à faire des mutins! Je n'ai nul besoin de leur jeter la pierre. Les réfractaires n'ont jamais fait que des fours !

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