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La chandelle

Publié le par modimodi

Avons-nous tant progressé ? La question mérite d'être posée.

Les astrophysiciens sondent inlassablement les ténèbres du temps pour découvrir la première étincelle qui a mis le feu aux poudres et fait Bing et Bang en éclatant ! S'ils admettent tous, l'idée du feu principe, personne ne peut dire exactement comment les planètes se sont embrasées et quelles explosions ont enflammé l'esprit humain ou battu le briquet de l'intuition divine. Le calcul ou le hasard ?

Dans le feu de l'action, nos ancêtres qui tapaient des silex ont pu, chauds bouillants, entretenir le feu de joie et le foyer. Dans la marmite céleste ou le chaudron du diable, le progrès a toujours eu un effet cuisant. Après ! Mystère ! ... La chose quasi certaine qu'on sache de l'évolution, c'est qu'il fallait être de mèche, sans être une triste cire pour pouvoir allumer la bougie ! Puis le cours du temps a fait le reste et accroché au passage, des pampilles au chandelier de l'univers.

Une fois, l'opération réalisée, il a fallu surtout savoir entretenir la flamme. Un esprit éclairé qui, pour être au courant, se tiendrait dans le courant d'air du temps, risquerait de l'éteindre. Ainsi certains, bien qu'ayant eu le feu sacré, se sont sûrement perdus, au siècle des Lumières. Suivez ce bon conseil : si vous êtes une loupiote vacillante, ménagez vos éclats. Nul ne nous a dit si la luciole, ce ver luisant est : "le ver de terre amoureux d'une étoile." dont parle V. Hugo.

La pensée, à l'instar de la chandelle, ne doit pas se laisser aller aux penchants de la facilité au risque de couler trop vite. Ceux qui ne sont pas des lumières peuvent toujours tenir la chandelle pour oser quelques propos éclairants. Mais rien ne sert de fréquenter des huiles qui s'en mettent plein la lampe, de poncifs suintants pour paraître brillants ! Vous feriez plutôt tâche même en allumant vos quinquets.

L'entretien des esprits est le même que celui des bougies. Il faut éviter de se placer dans les appels d'air comme de se faire moucher. Vous ne feriez pas long feu. Coupez vite la mèche avec ceux qui se sont carbonisés. Nettoyez les relations avec les cerveaux aux propos suiffeux comme avec les âmes noires de pensées fumeuses et désagréablement de suie generis.

Il est assez des intellectuels qui jouent à nous faire craquer avec des allumettes déjà flambées, des chiffes et des cires molles !  Aujourd'hui, une des causes du retard à l'allumage, c'est l'encrassement des bougies. Une belle excuse pour tous les esprits encalminés aux vieilles idées encrassées !

Mon père, ce facétieux brillant me disait dans une boutade équivoque : "Ménage ton cierge, mon fils, la vie est une longue procession." Aujourd'hui, j'ai accumulé quelques chandeleurs et je me rapproche doucement de la retraite aux flambeaux. Si je goûte mieux le sens festif des anniversaires, je perçois mieux aussi le danger de se prendre une torche ou de souffler trop de bougies.

Dans tous les sens du terme, la vie vous gâte peu à peu mais ce n'est pas toujours de la tarte ! Au mai de vos amours, aux merisiers en fleurs, demandez-vous déjà, s'il reste beaucoup de cerises sur le gâteau de la vie ?

Vous, qui comme moi, croyez sûrement aux faux bienfaits des contes de la fée électricité, il n'est pas encore l'heure de clignoter. Alors, je vous transmets comme je peux ma flamme et à petit feu, j’allume votre lanterne, espérant en vous, un peu de flamme pure et de lumière spirituelle qui continue de briller en vous. Je vous offre la beauté d'un clair-obscur dans un tableau de Caravage ou mieux encore l'illumination intérieure d'un Georges De la Tour.

Je vous invite plus simplement à goûter la douceur bleutée du ciel et la lumière de ce merveilleux printemps. Gardez précieusement vos yeux d'enfant pour saisir la magie et l'enchantement de la beauté dans la fragilité et l'éphémère d'un unique et pur instant. Ne cherchez pas les paillettes, vous les possédez déjà dans les filons secrets de votre cœur d'or.

Je vous recommande les bienfaits de l'intériorité contemplative, de la respiration profonde et de la méditation de la Parole. Soufflez sur vos nuages, poussez-les jusqu'au plus haut des cieux... J'ai fait mienne la leçon des Vanités. Chaque flamme vacillante est le symbole de l'illusoire de mon existence qui se consume dans l'ombre de la mort. J'en tire une puissante force de vivre.

"De par ma chandelle verte", père Ubu ! Cette vie, sans queue ni tête, est une farce et pourtant ! Un jour, je m'éteindrai comme une étoile dans la nuit... Alors, en attendant, je veille à me tenir humblement comme un feu follet dans les éclats de ma joie de vivre. Quand chaque souffle courbe ma flamme, je me redresse et je m'élève. Chaque état d'âme est une ascension lumineuse pour communier avec les esprits. Vous en possédez la mystique et la grâce.

 

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