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C'est ma faute, c'est ma très grande faute ! 3/5

Publié le par modimodi

Les académiciens sans doute nostalgiques sont retournés à l'école.

La réforme annoncée de l'orthographe fait couler beaucoup de salive dans les dîners en ville et d'encre chez les éditeurs de manuels scolaires. 

Elle nous offre une nouveauté réductrice de difficultés. Les mots anciennement en olle et les verbes anciennement en otter s'écrivent désormais avec une consonne simple. Ainsi, la jolie Carole, petit bouquet de printemps qui, ouverte à vos compliments, vous avait offert sa corolle se ravise et se renferme. Oubliez donc vite sa corole. Vous n'êtes qu'un mariole ! Ramassez vos groles et fuyez à toutes jambes sur vos deux guiboles !

Les dérivés du verbe ont aussi une unique consonne simple. La petite qui frisotte ne frisera plus le ridicule, dès aujourd'hui, elle frisote comme elle zozote, la sosotte ! Mais font exception à cette règle : colle, folle, molle et les mots de la même famille "qu'un nom en otte comme botter de botte !" Une chance pour Ch. Perrault qui a ainsi évité d'être à la faute avec son "Chat botté" !

L'académie joue donc au père Noël et distribue des jouets de sa hotte avec le mode d'emploi de la prononciation ! Le tréma est désormais déplacé sur la lettre "u" prononcée dans les suites güe et güi et est ajouté dans quelques mots. Avec ce déplacement de tréma, croyez-vous, sans ambigüité, que Socrate aurait-eu une fin moins aigüe en buvant la cigüe ? Quelle révolution de fauteuils et de dentiers ! Les mots dans lesquels est ajouté un tréma sont : argüer ( j'argüe, nous argüons, etc.), gageüre, mangeüre, rongeüre, vergeüre.... L'Académie française nous dit : " Les déplacements du tréma évite les difficultés de lecture ; son ajout empêche les prononciations jugées fautives. " Ah mes aïeux ! Soutiendriez-vous la gageüre de faire une phrase en employant ces quelques mots qui ne font que nous narguer, sans tréma !

Que de fautes vont nous être évitées grâce à la réforme de l'orthographe ! A présent le participe passé de laisser suivi d'un infinitif est invariable. On n'écrira plus : elle s'est laissée maigrir mais elle s'est laissé maigrir et je les ai laissé partir au lieu de je les ai laissés partir. Vous aurez ainsi tout le plaisir d'enseigner la règle d'accord du complément d'objet direct avec ses exceptions !

N'ayant pas réussi à réduire leurs fractions politiques, nos gouvernants veulent réussir au plus petit dénominateur commun la simplification du français. Ainsi, les mots empruntés forment leur pluriel de la même manière que les mots français et sont accentués conformément aux règles qui s'appliquent aux mots français : des matchs pour des matches, des miss pour des misses et un révolver à un coup désormais accentué.

Vive l'Europe ! On comprend mieux le Brexit (British Exit) de D. Cameron et de Boris Jonhson !... Nous prendrons plaisir dans nos bluejeans décontractés à lire des scénarios en écoutant des solos de jazzmans.

Nos écoliers apprendront-ils pour autant mieux à lire et à écrire ? Faudra-t-il oublier la lecture des auteurs classiques à jamais vivants de notre panthéon littéraire et passer à l'écriture sans faute ! Déjà Balzac était honoré d'un "Cousin ponce" et d'une "Cousine bête", Montaigne marquait des essais et Chateaubriand était d'origine béarnaise !

Alors Oui ! Aujourd'hui tout est pensé pour les simplets et tout doit être simple... Je crains que la brillante consigne gouvernementale ne soit désormais : " Parlez comme vous marchez et écrivez comme vous votez, c'est à dire sans réfléchir ! " Hier, notre orthographe était d'usage, aujourd'hui, elle est d'usure.

Oyez ! Oyez ! Les petits pépères, les perplexes de l'accent circonflexe ! La grande réforme de l'orthographe est lancée ! Ne passez plus, comme en 14, craie au fusil, au tableau noir pour écrire : << Ô mes bons maîtres, ils sont tombés sur la tête!  >> Vous devriez désormais taper sur votre tablette : << Ô mes bons mètres, ils sont tombés sur la tète ! >>

Et ne vous avisez pas de commenter la nouvelle norme ! Vous passeriez pour un ringard à dire que la nouvelle orthographe prend ici des mesures qui vont de mal en pis ! ... A ne plus savoir à quel sein se vouer ou à se faire la grosse tête pour mieux se faire avoir dans les grandes largeurs.

Bien sûr que j'exagère en parodiant l'ortograffe mais je ne suis pas le seul ! En 1990, nos habits verts de l'Académie française étaient devenus adeptes non pas du mieux disant culturel mais du moins disant. Alors, sans doute plus assez jeunes pour le Conseil supérieur et de révision, ils avaient décidé d'imposer un coup de jeûne à l'orthographe...

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M
J'en perds, j'ampère, les pédallles et mon lattin....vous allez faire des faûtes maintenant Jean-Michel ! Pour ma part, je commençais à peine à maîtriser toutes les subtilités de l'orthographe...je vais maintenant devoir retourner à l'école ! Ben oui !
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M
Oui! Murielle! Ils sèment la confusion dans les esprits! ils veulent soit disant simplifier! Un jour, nous corrigerons nos fottes ensemble!