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C'est ma faute, c'est ma très grande faute ! 4/5

Publié le par modimodi

 

Au Panthéon des belles lettres, dans le temple de la langue française, les gardiens et les défenseurs de la langue à vouloir faire les vulgarisateurs sont tombés dans le vulgaire. Les esprits les plus élevés ont laminé et nivelé par le bas l'orthographe lexicale et grammaticale. Pôvres de nous !

Il suffit d'aller lire le rapport présenté le 19 juin 1990 par M. Maurice Druon, secrétaire perpétuel de l'Académie française au premier ministre de l'époque pour juger si les buts assignés sont atteints : " Formuler des propositions claires et précises sur l'orthographe du français, apporter des rectifications utiles et des ajustements afin de résoudre, autant que faire se peut, les problèmes graphiques, éliminer les incertitudes ou les contradictions et permettre aussi une formation correcte aux mots nouveaux que réclament les sciences et les techniques." En quelque sorte, une réforme passepartout pour le grand fourretout.

Afin de garder notre langue universelle, il s'agissait de " proposer des retouches et des aménagements, correspondant à l'évolution de l'usage et permettant un apprentissage plus aisé et plus sûr."

Par chance, la loi était votée, publiée au JO du 6 décembre 1990 mais jamais encore appliquée ! Fallait-il la laisser encore sommeiller ou la réveiller d'urgence dans cette atmosphère nationale de grand branlebas de combat ! Était-ce la priorité nationale du moment ? (Parution au bulletin officiel de l'Education nationale du 26 novembre 2015.)

La Ministre qui s'en défend, n'avait sans doute rien de mieux à faire pour notre école que de sacrifier notre langue et d'inciter à la paresse intellectuelle. Oui ! Le français est riche de ses particularismes et toutes les langues ont leurs spécificités et leurs verbes irréguliers ! Mais la Ministre est une adepte de l'allègement du savoir, de l'assèchement des programmes, du nivèlement de la culture de masse par le martèlement des notions !

Alors fallait-il tout chambouler et se frapper la poitrine en criant : " C'est ma faute, c'est ma très grande faute ! " tandis que les médias faisaient des maximums de nos mea culpa ! Horreur ! Encore des mots latins ! Je vais définitivement le perdre ! Vite ! Réfugions-nous à la cuisine !

La réforme de l'orthographe voit les choses en grand ! Pour les nouveaux manuels ou dictionnaires, un potpourri de 2400 mots nous concerne. Quand on sait que sortis en général des cités ghettos, certains ne possèdent que 350 à 400 mots courants pour parler et qu'il faut 2500 mots pour s'exprimer, la tâche est immense pour ne pas faire tache en société ! Parler la langue des cités ne suffit pas. Beaucoup de jeunes en ont conscience et rappent que : "Le savoir est une arme, que les mots sont des balles." Mais parler le français commun, la langue des bouffons, en plus ! "Zarma !" C'est un combat épique, mon frère !

Les porteurs de bicornes qui nous prouvent qu'ils sont immortels comme la bêtise ont décidé de dégainer l'épée coupecoupe et de supprimer le petit chapeau chinois. Ne tirez pas sur l'ambulance, elle va tout droit à la clinique pour cas psychiatriques syntaxiques ! C'est déjà la pagaille aux urgences ! A présent, avec la réforme de l'hôpital, nous l'avons doublement dans l'hos et dans l'os, si nous devons logiquement nous faire "hopitalisés" dans le plus proche hosto ! Mais un immortel par définition n'en a cure !

Nous n'avons pas fini d'en entendre parler ou d'y regarder à deux fois par dessus nos bésicles. Il circule que l'accent circonflexe serait facultatif sur les"i" et les "u", mais demeurerait sur les "a" et les "o" . Pas d'allègement donc des impôts ni du chômage ! F. Hollande va encore pouvoir porter le chapeau dans son château. Sa réélection en sera le cout douçâtre ou le coup fatal, s'il plait au bon peuple de se souvenir des piqures de promesses pêlemêle... L'accent subsisterait encore dans la conjugaison, au passé simple, à l'imparfait et au plus-que-parfait du subjonctif comme dans : il eût voulu qu'on le prévînt.

L'accent est également conservé quand une distinction de sens s'impose comme pour : dur, jeune, mur, sur, du, ... Remboursez ! Je ne demanderais pas mon dû du mauvais spectacle imposé par quelques académiciens cacochymes ! Il faut boire le vin quand il est tiré. Encore eût-il fallu que ce fût fût bon, ne fût-ce qu'un instant et que ce cru fût cru buvable !

A ce sujet, l'humour printanier fleurit en abondance sur les réseaux sociaux! "Je suis sûr ta sœur, elle va bien." et "je suis sur ta sœur, elle va bien." ou "Je vais me faire un petit jeûne." et "je vais me faire un petit jeune."

 

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