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Le clou 3/3

Publié le par modimodi

Hello, les têtes de clou, me revoilà avec mes paquets de clous et mes idées fixes d'écrivain ! Vous avez toujours le choix ! Mais choisissez le bon clou.

Oh oui ! Éminents lecteurs, sommités en pointe, n'allez pas jusqu'à la dernière extrémité ! Là où, il ne vous reste plus que deux possibilités : prendre une bonne dérouillée ou choper un bon vieux tétanos !

Quant aux collets montés qui voudraient clouer mes textes au pilori, je les aurais prévenus ! "Tenez bien le cou afin qu'il ne furonculose pas ! Car ce n'est pas le clou du spectacle, avec à l'anthrax distribution de bubons gratuits, que je vous ai réservé ! "

La saga humaine des têtes de clou vous concerne toujours ! Ceux à qui la vie a fait faire tapisserie et qui rêvent encore d'une famille nombreuse se reconnaîtront peut-être dans "les clous semence", effilés, de petites tailles mais capables de rentrer dans les cœurs au bois très dur et de maintenir les tissus qui ont du corps.

Ceux qui s'accrochent à la barre quand l'existence met les voiles au jour le jour, auraient intérêt à avoir une tête de "clou à crochet" pour garantir la tenue et la retenue, quand la vie fait rideau ! Ainsi pratiquent les montagnards qui se retiennent de dévisser, en plantant dans la paroi rocheuse des clous d'alpiniste appelés pitons.

Vous le voyez, il y en a pour tout le monde ! Chacun ses goûts ! Savez-vous planter les clous à la mode, à la mode, savez-vous planter les clous, à la mode de chez vous ?... Cherchez dans la quincaillerie de mes propositions ou dans le catalogue du joyeux bricoleur du dimanche ! Les compagnons de la poche percée comme les nez et oreilles percées de par le monde trouveront, à coup sûr, leur bonheur.

Le clou est partout ! Mon texte, amis lecteurs, en est truffé et mon style est acéré. Je les dépose un à un sur votre route comme une herse aux clous hérissés pour ralentir volontairement votre lecture. Je veux ainsi vous contraindre à traverser dans les clous de mes passages cloutés... mais en toute sécurité ! Pas de pleurs, j'écris à la pointe sèche ! Pas de bobos ni de vains cris !

Inutile de me clouer sur la croix de vos détestations, j'ai cloué mes idées sur la page de l'émotion. Alors ne me réservez pas la giroflée ni les cinq clous de girofle de votre douce main, vous me cloueriez au sol !

Bien sûr, ceux qui ne pensent qu'à critiquer systématiquement en disant que tout cela ne vaut pas un clou ou ceux qui ne viennent que picorer en piquant du bec, j'ai pour eux, un moyen de les éloigner. Je vais fixer sur le rebord de mon clavier d'ordinateur une bande plastique avec des pointes pour empêcher tous ces pigeons de se poser. Je n'aurais plus besoin de leur jeter de la graine pour mieux ensuite leur clouer le bec.

Moi, je me présente plutôt à vous, en travailleur de force au cerveau percutant comme un marteau piqueur dans des blocs d'idées brutes et hérissantes. Je suis un fakir posé comme un sâdhu, un dur de la clouure. Sur mon texte à clous, prenez-moi au pied de la lettre.

Si j'étais maigre comme un clou, je pourrais vous clouer sur place mais comme mon style est gras comme un cent de clous, je fais plutôt ma ballerine empotée et des pointes devant vous ! Je m'enfonce dans le plancher des mots. Voyez ! Quand je m'extirpe, mes figures cloutées ont les pieds tordus.

Mais toi, ma douce amie, ma pointe à tracer ma ligne de chance, toi, tu sors du lot ! Je t'ai offert ma tête de clou et je me suis noyé dans le bois de ton cœur. Pas de cris perçants, je suis à présent chevillé à toi ! Mon choix s'est définitivement fixé sur toi. J'ai à loisir, des idées fixes, des fixettes, des chevillettes et des broquettes. Moi, ton métallo à l'esprit frappeur, je t'ai forgé les clous d'assemblage de ta cotte de mailles, je suis ton heaume !

Oh oui ! Je suis soudé à toi. Je suis pénétré de ta douceur, j'ai le cœur qui cogne, perforé des clous de notre passion. D'ailleurs, tu le sais, ce sont eux qui nous retiennent sans jamais nous érafler. Notre crucifixion d'amour n'est pas un sacrifice sanglant mais une radieuse rédemption.

Si j'en pince pour toi, je ne veux pas pour autant être pris en tenaille et m'arracher à toi. Nous sommes chevillés et sertis l'un en l'autre. Pas question de nous éparpiller ni de nous décourager dans la pensée proverbiale : qu'un clou chasse l'autre ! Nous sommes librement enchaînés et assujettis l'un à l'autre. Nous sommes même solidement enfouis en nos mois profonds.

Notre richesse est en nous ! Nous sommes dans nos multiples facettes, deux diamants taillés, couronnés et polis. Nous sommes brillamment précieux l'un pour l'autre. En cas de disette, il nous sera difficile de mettre nos cœurs d'or au clou ! Nous y tenons trop !

Au faîte de notre tendre relation, je dois te le confier. J'ai moi aussi une catégorie qui me correspond. Tu l'as sans doute devinée ! Oui ! Je pense à toi comme un couvreur et tel que tu me vois, planté devant toi, je suis ton vaillant et robuste "clou à tête large".

Je me rive à toi, je me cramponne à toi. Je ne chaume pas. Je garde notre amour en couverture car je veux éviter les tuiles et ne pas te laisser d'ardoises. Tu sais d'ailleurs, comme j'adore être cloué au lit avec toi et combien je raffole de nos pannes d'oreiller.

A mon ciel de lit, tu as clouté les étoiles de la nuit.

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