Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Drôles d'oiseaux 2/3

Publié le par modimodi

 

L'homme a pris l'habitude antique d'observer les oiseaux. Avant d'entreprendre une action importante : bâtir un temple, faire la guerre, faire un choix primordial, les Romains interrogeaient les augures. Ces prêtres, interprètes des volontés des dieux, pratiquaient la divination et faisaient parler les phénomènes observés. Si la course des nuages, les vols et chants d'oiseaux, les fumées et les vents, les foudres du ciel, étaient orientés à droite, la prédiction était favorable. A gauche, les présages étaient réputés sinistres, funestes et porteurs de malheurs. Il fallait s'abstenir d'intervenir.

Interroger les auspices et donner sens aux manifestations était indispensable à la gouvernance d'un Etat.

Les oiseaux étaient toujours fortement sollicités. L'examen minutieux des caractéristiques précises de leurs viscères ou de leur appétit était gage de réussite ou d'échec. Si les poulets sacrés se jetaient voracement sur les grains, le présage était faste.

Des expressions liées à cette époque nous sont restées. On dira d'une personne qui vous porte plus ou moins bonheur que c'est "un oiseau de bon ou de mauvais augure" et d'un individu qui a un petit estomac, trop vite rassasié qu'il a "un appétit d'oiseau".

Nous ne pratiquons pas autrement aujourd'hui quand nous serrons dans notre main notre patte de lapin et que nous affirmons plein d'assurance proverbiale : qu' "Une hirondelle ne fait pas le printemps". "Una hirundo non facit ver, nec una dies serena", i.e. "non plus qu'un seul beau jour" (traduction littérale d'un proverbe latin traduit d'un proverbe grec, cité par Aristote dans - Morale à Nicomaque, liv .1, ch. 4)

Contrairement aux apparences, il ne s'agit pas ici de parler de la pluie et du beau temps saisonnier mais d'exprimer ici, soit une règle de prudence de pensée, soit d'inciter à une coopération volontariste ...

Au sens premier, l'adage nous dit qu'un seul élément n'est pas suffisamment significatif pour qu'on en tire une généralité. Une conclusion pour être certaine doit dépasser les apparences et résulter d'analyses et de raisonnements comparés.

Au sens second, la sentence touche à la morale sociale et altruiste : "Un seul acte moral ne fait pas la vertu." La sagesse populaire laisse entendre qu'une personne seule n'atteindra pas un but commun. L'esprit d'équipe et la pratique collective sont gagnants. Autrement dit: "Tout seul, on va plus vite, ensemble, on va plus loin !"... Même si politiquement, c'est pour aller dans le mur et s'enfoncer plus profondément dans la mouise!

Ésope dans sa fable, "Le jeune prodigue et l'hirondelle" nous a laissé un message fort explicite : "Un jeune prodigue, ayant mangé son patrimoine, ne possédait plus qu'un manteau. Il aperçut une hirondelle qui avait devancé la saison. Croyant le printemps venu, et qu'il n'avait plus besoin de manteau, il s'en alla le vendre aussi. Mais le mauvais temps étant survenu ensuite et l’atmosphère étant devenue froide, il vit en se promenant, l'hirondelle morte de froid. "Malheureuse, dit-il, tu nous as perdus, toi et moi du même coup."... "Cette fable montre que tout ce qu'on a fait à contretemps est hasardeux."

Alors moi, votre chroniqueur officiel qui déblogue quotidiennement et qui vous rase en me répétant comme un perroquet, je reprends volontiers cette citation de Plutarque : "La barbe ne fait pas le philosophe." Pour aller dans le même sens, quelqu'un m'a dit un jour : l'habit fait le moine, si celui qui le porte en a l'étoffe.

Vive donc le superflu et le blablabla !

 

Commenter cet article