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Pas sans... 2/2

Publié le par modimodi

 

Je ne sais pas si je dois me livrer à vous sans réserve, mais il est devenu impossible d'orthographier sans ratures et de ne pas écrire sans changer un iota. Nom d'une tête de pipe, disait Magritte, "ceci n'est pas une pipe !"

Cette manière de procéder est naturelle car à moins de croire qu'il n'y a pas de règles sans exception, pour être un preux de la prose, ne faut-il pas être comme le chevalier Bayard, sans peur et sans reproches ? En effet, si pour progresser, on ne peut pas persister dans la négation du passé, pour bien rédiger, à moins d'être un vrai neuneu, on ne peut pas persister dans la négation absolue de l'emploi de la négation.

C'est le "ne" du problème à résoudre, si je ne veux pas finir moi-même sans emploi ou comme un sans-abri ! Mais pas si bête ! S'il n'y a pas de Dalila sans Samson, pas de Darla dirladada sans chanson et pas de farine sans son, il n'y a pas d'âne non plus sans bonnet aux grandes oreilles !

Un récit sans la préposition "sans" serait sans sens aucun et garanti d'être catalogué comme ayant un "sans" de navet. Un écrivaillon sans "sans" dans sa veine ne pourrait qu'être qu'un "sans gain d'intérêt", un poète pas piqué des vers !

Un petit voleur de négations n'aurait pas le droit de réclamer toute votre attention et de vous dire : pas vu, pas pris et de faire du pataquès ! Sans panache, je ne mériterais pas davantage votre estime, car on n'a rien sans rien ! Alors, entre nous, pas de traître mot !  Restons positifs ! Pas de nouvelles, bonnes nouvelles !

Et puis la vie nous emboîte le pas et nous met au pas à chaque passage de l'aiguille sur le cadran. Nous prenons la leçon de l'existence. Pas de poule sans coq et vice versa !

Vous-mêmes, pourriez-vous surpasser la mère Poulard et faire des omelettes, sans casser des œufs ? Vous qui trouvez la vie amère, boiriez-vous votre café sans sucre ? Vous qui êtes un radin fauché et qui vivez sans bourse déliée, mangerez-vous des radis sans beurre ? Le chicaneur peut-il nous laisser en paix, sans trêve ? Le moins que rien peut-il faire de l'épate, sans plus ! Sans commentaire, au fond, peut-être que tout cela ne me regarde pas !

Il ne faut pas jouer avec la vertu et ensuite à voix basse se repentir au confessionnal. Pas de sanctification sans saints à qui se vouer, pas d'excommunication sans seins à qui l'on s'est voué. Pas de messe basse sans curé, inutile de marmonner comme ce mauvais apôtre : " Laissez venir à moi les petits enfants !.. " Parole d'Evangile ! Mais Sainte Nitouche, pas touche ! Non ! Pas de ça, Lisette ! Que nenni ma Nini ! Mais, à bien y réfléchir, y'aurait-il du plaisir d'amour sans gaine et du déplaisir sans gêne ?

La femme de l'infortuné chef de gare aurait-elle pu le tromper sans crier gare ? Ma sœur n'avait-elle pas raison de ne pas y aller de main morte avec ce zouave culotté ? "Peut-on payer de sa personne sans y mettre le prix ?" disais-je à mon psy qui se fendait la pipe sans piper mot. Essayez donc de ne pas rire, surtout de moi ! Ah ! Vous, vous êtes impayable !

Bon ! Sans doute n'êtes-vous pas des masses à être allés au bout du texte ? De tant de charge de "pas", et de cent "sans", sans commune mesure, m'avez-vous déjà quitté au pas de charge et tourné le dos sans vous retourner ! Je vous comprends ! Moi-même, je pars sans demander mon reste, je vous quitte sans discussion et sans attendre la monnaie de ma pièce de cent sous ! Je sais que je ne mérite pas la fanfare de la renommée et que je dois disparaître sans tambour ni trompette !

Sans rancune donc ! Comme il n'y a pas de cause sans effet, je comprends bien que je ne pouvais pas asseoir ma situation sans fondement. Ci-gît un poète, sans rime ni raison, parti sans mot dire ni maudire et sans fleurs ni couronnes !

 

 

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