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Responsabilité partagée 1/3

Publié le par modimodi

Elle nous est affirmée par les moralistes, les éducateurs, les hommes politiques : notre liberté repose sur l'exercice de la responsabilité.

Faut-il leur faire confiance ? Est-ce une réalité ou un vœu pieux ? Qui nous inculquera le sens des responsabilités ?

Robert Heinlein nous a laissé cette pensée qui est devenue proverbiale : "La responsabilité ne peut pas être partagée". Alors, rassurez-vous, il n'est pas ici question, au risque de lasser le valeureux lecteur de gloser sur le concept de liberté ni de faire le partage conceptuel, philosophique, juridique et social entre liberté civile et pénale, individuelle et collective. Des penseurs émérites font déjà référence en la matière.

Je préfère m'adonner à mon passe-temps d'écriture qui mêle sérieux de la réflexion et fantaisie des idées, qui joue avec des mots en apparente opposition et des expressions détournées...

On a tendance à dire que pour être responsable, il faut le vouloir ou l'avoir voulu, être l'auteur des actes commis et en accepter les conséquences. Quand vous vous entendez dire : "Oh là là, quelle tête, tu fais !" Vous n'êtes pas responsable de votre tête, qui vous a été donnée morphologiquement à la naissance et que l'existence et le temps ont pris le temps de façonner!

De même, vous savez bien que la folie avérée ou la contrainte qu'on vous aurait imposée, au terme de plaidoiries innombrables, vous exempteraient sûrement de la responsabilité de votre action. Vous n'auriez pas à répondre de vos faits et de leurs effets. Tant pis pour les victimes ! Elles peuvent rester folles de douleur et de dépit...

Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes ! ... Il faut appeler les choses par leur nom. Parlons donc de responsabilité.

Au sens latin du terme, RES, la chose est entendue par tous. Nous devons opérer tous ensemble, coopérer dans l'enthousiasme mais pas dans la naïveté. Il convient de faire bien les choses et même au mieux et de ne pas être tout chose devant l'action, les faits et leurs conséquences.

Si nous sommes à pied d'oeuvre, ne nous en lavons pas les mains ! Attention ! Le fantôme savonneux de PONCE dit le Pilate rôde autour de nous. Aux détours du manque, de l'erreur ou de l'échec, il mousse d'excuses et de renoncements.

Mais heureusement ou lâchement pour la bonne conscience morale, militante et engagée, l'argument habituel surgit. " Ce n'était pas mon idée personnelle, c'était le projet de l'ensemble de mes associés. L'action et les décisions étant communautaires, les risques sont donc partagés !" Ouf ! Me voilà, épargné et sauvé !

C'est ainsi que vous entendrez souvent : "Ah! ce n'est pas moi, c'est nous tous !" ou bien, c'est "on", ce pronom malhonnête ! Car " dans le groupe, "on avait dit, on avait pensé que..." C'est tous ensemble qu'on avait décidé !"

Responsable à la rigueur mais pas coupable ! Ce n'est pas parce que j'ai une bonne tête que je doive porter le chapeau ! Comme un diable sortant de sa boite, le "on" surgit par magie ! il vous échappe comme une savonnette, pleine de bulles de reniements irresponsables et navrés, légère et inconsistante comme votre sincérité !

C'est toujours la même rengaine de l'accord des ah, de l'accord des on, des accords d'Eon ! De toi à moi, du je au nous, la responsabilité est à genoux ! Car pour moi être impliqué et responsable, il m'importe d'être reconnu par les autres, agréé, HABILITÉ.

Mais comment être habilité sans habileté ?

 

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