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Allons z'enfants!

Publié le par modimodi

Les temps changent ! Avec ce multi culturalisme et cette diversité sociale, il devient me dit-on dangereux, dans mon pays d'apprendre la Marseillaise aux enfants ! Le contenu est violent et agressif : " L'étendard sanglant est levé... qu'un sang impur abreuve nos sillons... " On croirait entendre un slogan de Daech et voir s'agiter le drapeau de l'EI.

C'est normal ! C'est en effet, un chant de guerre écrit par Rouget de Lisle en 1792 pour l'armée du Rhin, à la suite de la déclaration de guerre de la France à l'Autriche. Hérité de la Révolution française, c'est devenu notre chant patriotique. Présenté comme un hymne à la liberté, il est adopté en 1795 par la Convention, abandonné après neuf ans puis repris en 1879 sous la Troisième République... Nous ne devrions pas rougir de ce legs historique !

A cette exhortation au combat " contre la tyrannie et l'invasion étrangère ", certains préféreraient le Chant du Départ, d'autres le Chant des partisans. Ces appels de mobilisation générale auraient une résonance particulière si la France se trouvait en guerre ! Nous ne le sommes pas encore, malgré quelques déclarations belliqueuses. En vigilance, oui ! ... dans un climat généralisé de folie et de haine dont les fondements économiques et financiers se sont maquillés et habillés d'intolérance religieuse.

A l'heure de la critique exacerbée sur notre chant patriotique, qui aujourd'hui, sait encore ce que veut dire le mot citoyen au sens d'anti-bourgeois de 1789 ou plus simplement le mot patrie ? Si on lui donne la définition du : " pays des pères", on peut comprendre que les immigrés qui vivent chez nous et encore plus les réfugiés aujourd'hui qui s'y pressent, ne puissent s'identifier. Par contre, je ne peux pas comprendre que ceux qui sont nés en France de parents d'origine française, qui bénéficient voire parfois profitent de toutes les protections sociales comme de notre bonne liberté, puissent rejeter la Marseillaise.

On peut rêver du respect a minima de l'histoire de France, à condition de l'enseigner et de lui donner sens !... Mais qui s'en préoccupe à présent ? Avant la coupe d'Europe de football, il faudrait peut-être bien s'entraîner à entonner l'hymne national car les cocardiers vont partout pousser leurs cocoricos criards ! Personnellement, je regrette tous ces sifflets hostiles qui montent des tribunes et je n'accepte pas les têtes baissées et muettes de ceux qui portent le maillot de l'équipe de France qui les nourrit pourtant grassement !

Vous me direz que les temps changent. Derrière le respect des différences et du vivre ensemble, on met tout et son contraire : le culturel et le cultuel, les particularismes et le communautarisme. On excuse tout, au nom de la précarité sociale et de la politique du logement... On parle même de la haine ordinaire !... Les parents ont pourtant toujours leur responsabilité. Un proverbe latin dit : " Les enfants sont ce qu'on veut qu'ils soient. " Certains pensent alors: ils savent bien suivre la mode, pourquoi pas nos modes de vie ?... Une vraie et terrible question de société et d'infinies tribunes politiciennes !... Car dans ce monde d'arrogance, de bien-pensance et de violence, la mode, c'est trop souvent comme la mort, le dernier cri !

L'école n'échappe à cette angoisse ni à ces hésitations didactiques. Les savoirs à enseigner évoluent eux-mêmes à travers de nouveaux concepts, de nouvelles méthodes, de nouveaux cons tenus en laisse ! A la notion de citoyen dans la cité, on a préféré la notion de citoyen d'Etat et demain d'Europe. On l'a panachée avec la nationalité et la démocratie, en termes de liberté, de droits et de devoirs. A la didactique heuristique en toc et antique socratique, on a substitué la situation problème.

Pour quelques béats bas, on met ainsi la charrue avant les b, a-ba et la culture assole les champs disciplinaires. L'enseignant, soldat laboureur abreuve les sillons scolaires d'une pluie de notions et de techniques. Il veut sûrement bien faire, afin que les conscrits censiers à défaut d'être des sensés qui auront bonne mine et de la veine entrent plus tard dans la carrière, sans avoir l'intention de tout faire sauter ! Nous pouvons peut-être l'espérer... La vie comme la joie peuvent-être explosives.

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