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Le pont aux ânes 2/2

Publié le par modimodi

 

" Un âne à deux pieds peut devenir général et rester un âne. " disait la mère Simone qui citait la comtesse de Ségur. Le grand ânier officiel, François le premier, venu de Hollande, celui qui a le bât qui blesse, moulinait à vide entre deux braiments présidentiels : " Moi, l'âne à fort en gueule ! Moi, l'âne à fort des halles ! Moi, l’âne à fort de France ! "... Dans l'étrange lucarne transformée en mangeoire à bobards de picaillons et picotins, il promet le son en voulant rouler tous les ânes dans la farine. Car il est à craindre que nous n'aurons encore avec ce çon de cloche, qu'une bien belle avoine...

Mais alors ! Si tout le monde sait qu'on ne fait pas d'un âne, un cheval de course, pourquoi s'adonne-t-il lui-même à tour de bras avec des bravaches qui sont bras droits de braves types qui ont le bras long !

Mais à nous, cela nous fait une belle jambe et de beaux pieds pour battre le pavé de l'enfer des bonnes intentions ! Oh ! Lui, il va sûrement encore nous envoyer un âne charlatan, le plus bel âne du dernier salon de l'agriculture qui se prend pour un pur-sang... Mais au final, il cherche à nous faire tourner bourriques ! Hi-han ! Hi-han !

Et chaque matin, à l'heure de la ponte et de la traite, les médias nous signalent une nouvelle ânerie venue directement de la grande étable ministérielle ! Mais alors là! Je ris de toutes mes dents car si les mouches ont changé d'âne, je ne suis plus, comme au temps de ma joyeuse scolarité, le seul à porter le bonnet d'âne ! Le crâne d’œuf pointu sur le sujet, qui croyait porter un bonnet d'évêque, porte aussi le sien! Voilà le féru ferré.

Sur le pont des soupirs, évident comme le pont aux ânes, nous pouvons tous nous croiser et nous saluer ! " Asinus asinum fricat ! " Les sots se complimentent entre eux ! Si les têtes de pioche, se creusent la cervelle, si les larges d'esprit ont l'esprit qui prend le large, les bornés n'ont pas à poser de limites à leur bêtise! Sachez en tout cas, que je ne m'appelle pas encore Buridan. Je ne vais pas me laisser tirer la queue ou les oreilles qui dépassent de mon bonnet de Midas, sans lancer quelques jolis coups de pied !

Je peux traverser à pas d'âne et dos d'âne. De l'autre côté du pont, l'herbe est paraît-il plus verte ! Je n'ai pas à faire la fine bouche, on me promet des bouchées doubles, voire on me mâche la besogne ! Je vais sûrement rester sur la paille, mais paraît-il qu'elle sera plus fraîche !

Attention donc, veilleurs debout de la République, amis de marris-âne ! Pas de fuite en Egypte et pas de faux pays de Cocagne ! Pas d'exode biblique ou de fables d’Ésope ! Moi, je ne vais pas me laisser mener sur un chemin sur lequel je ne veux pas m'engager ! Je ne voudrais pas dormir ou mourir debout, sur place en tapant du sabot, ni tomber ivre mort de promesses qui me saoulent comme un mac rond en marche louvoyante !

Allons ! Amis ne vous laissez pas non plus charger par des promesses de transports ! Soyez Hubert Riv(é)s mais pas ubérisés. Ce n'est pas Noël !  Ne soyez pas à votre tour, stupides ! Ne croyez pas que vous finirez en contact immédiat, à côté du ravi de la crèche ! Doux Jésus ! Quel spectacle ! Avec le bœuf et la vache qui rient, ça a une sacrée gueule quand de toutes vos dents, vous souriez aux anges !

Moi, j'ai beau passer pour un âne, j'en ai sa qualité première, je suis sage et têtu, autant qu'humble et patient ! Vive la vie qui m'a donné une collection de bonnets ! Moi, je vais rester jeune, éternellement, car une tête d'âne ne grisonne jamais. Je peux donc n'en faire qu'à ma tête, agiter mes grandes oreilles de lièvre et d'âne, réfléchir, reculer, me cabrer et refuser d'avancer ! ... Congres debout ! Je pourrais même bien vous amuser ou vous faire braire, à mon tour, en écrivant les nouvelles Mémoires d'un âne.

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