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Alimentaire, mon cher Watson ! 3/4

Publié le par modimodi

 

Suite des aventures d'Archibald sous la torture et les interrogatoires de trois scélérats teigneux et sournois...

- "Tu sais tranche de cake, on ne te parle pas pour des prunes. Si tu aimes les tartes aux quetsches, on en a un stock en réserve. Ce que tu as goûté jusqu'à présent ne sont que des amuse-gueule. Attends un peu de voir ce qu'on t'a gardé pour la bonne bouche. Tu vas prendre ta ration de châtaignes alors que tu croyais tirer les marrons du feu.

- Tu as mangé ton pain blanc Archi, on va te retourner comme une crêpe et te faire une tête de nègre. Tu auras l'air d'un congolais. Même ta mère, mon coco, elle ne sera pas capable de retrouver les ingrédients. Alors arrête de nous prendre pour des noix !"

Holà, mes bons amis ! Non ! Mais ma parole, ce gâte-sauce insulte ma mère !

Mais quelle déconfiture et quelle dégelée, je ne pouvais réagir pour l'instant. Je devais résister en silence mais autant vous dire que je n'avais pas la pêche mais plutôt la tête comme une coucourde. Je m'étais fichu dans une sacrée marmelade. Avec cette giboulée de coups, j'allais devenir une crème renversée et sucrer les fraises avant l'heure. Pauvre truffe ! A trop me faire mousser, je me retrouvais lamentablement chocolat !

Pour moi, ça sentait le roussi ! J'avais beau être blanc comme une sauce béchamel, j'étais grillé. Sur leurs charbons ardents, je brûlais d'être ailleurs. L'addition au final risquait d'être gratinée pour mon nez taillé en courgettes. A l'évidence, ce cuisinier spécialiste des coups de feu mais à la cervelle pas plus grosse qu'un petit pois n'aimait pas être mis en boîte.

Je les faisais mariner mais l'assaisonnement de mes salades leur restait sur l'estomac et la moutarde leur montait au nez. Je ne tarderai pas à manger les pissenlits par la racine. J'allais finir en steak tartare ou en chair à saucisses, charcuté au hachoir ou à la moulinette. A moins que les trois rôtisseurs n'aient décidé de me faire mourir à petit feu, de me griller la plante des pieds au chalumeau et de me déguster en escalope panée.

Mes oreilles étaient des feuilles de chou rouge. Je m'efforçais de résister et je crânais en ayant la banane. Mais j'avais beau me presser le citron pour leur filer une fausse information, je passais pour un cornichon et la situation tournait au vinaigre. Cet enviandé de basse pègre et les deux autres gibiers de potence n'hésiteraient pas à me faire la peau et à m'éplucher comme un oignon.

Ah ! Ils en avaient gros sur la patate les trois sinistres cordons bleus de cet infâme tord-boyaux ! N'étant pas du genre à couper les frites en quatre ou à avoir plusieurs casseroles au feu, ils allaient sûrement accommoder mes restes et me régler mon compte.

Requiem pour Archibald ! Comme les trois vilains étaient lassés de faire le poireau et qu'ils faisaient chou blanc, pour moi, c'était la fin des haricots. Je ne devais pas flageoler mais c'est sûr, les carottes étaient cuites. J'allais en voir des vertes et des pas mûres. J'avais vraiment l'impression de jouer dans un mauvais navet, noyé dans le bouillon du pot au feu ! Ils me prenaient pour une grosse légume de waterzoi. A coups sûrs, je finirai écrabouillé dans une purée aux beurres noirs ou comme un vulgaire haricot plat dans une tortilla !

Brusquement, un serveur que je n'avais pas encore vu, à la mine enfarinée, entre en criant dans la pièce :

- "Chef, je crois que nous avons des visiteurs !"

- "Des visiteurs, de quel type ?" demande le minable maître-coq, le plus agressif.

- "Du style en poulets, chef !"

 

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