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Alimentaire, mon cher Watson ! 1/4

Publié le par modimodi

Résumé des épisodes précédents :

J'étais en filature sur les docks, où je faisais le poireau. Sacré Poirot, ce cher collègue !

Engoncé dans mon vieil Ulster, le regard affûté sous un feutre gris, je lissais ma moustache en trempant la soupe ! Depuis plus de trois heures d'une pluie fraîche et serrée, j'avais les pieds au bain marie dans mes church's préférés. Encore une heure de plus dans cette enquête qui piétinait et j'aurais les nougats glacés ! Ce qui serait pour le roi des détectives un ice cream de lèche-majesté !

J'attendais donc derrière un container un gros poisson que je ferrais depuis trois semaines. En fait, de gros poisson, ils m'ont cueilli comme un débutant. Des mâles à bar aux yeux de merlans frits. Sale temps pour Archibald !

- "Maintenant, crâne d’œuf, tu vas te mettre à table ! Crache le morceau ! On sait qu'il y a anguille sous roche. Dis-nous ce que tu mijotes, sinon on t'arrange aux petits oignons. On va te faire revenir comme tes souvenirs !"

Le patron, un vilain, spécialiste de l'étouffe-chrétien, entérine du chef. Le maître-queue de cette nouvelle cuisine, qui n'était pas des anges, je vous l'assure, fait scintiller la lame de son couteau dans l'intention de me larder. J'avais beau être paré, je n'aurais probablement pas le temps de faire des vieux os ou de m'encroûter.

Finies les poulettes et la bonne chère, finis les frissons du plaisir ! Pas de regrets, ni de chair de poule ! Ces gangsters épais, aux visages clos comme des Cocottes-Minute, allaient me mettre sous pression et me cuire au bain de vapeur ! Ce genre d'autocuiseurs aux regards de soupapes affolées n'allait pas argumenter ! Ma tête risquait d’exploser comme un couvercle !

Ah ! J'étais mal mes amis ! Avant minuit, j'allais boire le bouillon. C'en était fini du réseau Socrate ! Je n'étais plus dans mon assiette mais dans le potage. J'avais beau écumer, je serais probablement vidé et avalé en deux coups de cuillère à pot !

Sous couvert de rester muet comme une carpe, j'avais déjà les yeux au beurre noir. Je risquais bien de finir à l'étouffée ou en consommé. J'allais sûrement me faire travailler les côtelettes, embrocher ou hacher menu et périr écorché vif, en sauce bolognaise, dans l'arrière salle de cette pizzeria coupe-jarret.

Un dur aux yeux de braise avec une tronche piquetée comme une écumoire, me souffle de son haleine empuantie de mauvais alcool :

- "Tu ne vas pas une nouvelle fois, t'échapper comme une anguille ! C'en est fini de tes coups fumants et de tes propos fumeux ! Ne nous laisse pas mon salaud sur des charbons ardents ou on te fume comme un saumon !"

- "Si tu me cherches du suif, tu vas voir de quel bois je me chauffe !" me dit le troisième, un court des jambettes, genre nain au nez en pied-de-marmite, repoussant du goulot et plombé de la cassolette à vous tuer un escadron de mouches au vol.

Croyez-moi, je n'avais pas le moindre temps pour tenir salon comme Miss Marple ni pour boire mon thé en croquant des sandwichs au concombre et des scones....

 

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