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Primaires, vous avez dit primaires ! 2/5

Publié le par modimodi

 

La multitude des candidats qui se déclare pour se faire désigner par leurs partis ne devrait pas trop s'illusionner ! " Elections, pièges à con ", gueulaient des soixante-huitards hurleurs ! Le slogan reste d'une actualité criante !

En route, belle troupe ! Gauche, droite ! Droite, gauche ! et... balle au centre ! Six mois, un an à l'avance, ils sont déjà presque tous en équipe, sur la ligne de départ ou dans les starting block. Mais la course à l'investiture est de longue haleine. Le marathonien devra tenir la distance et ne pas s’essouffler trop vite. Faire la course en tête ou rester calé dans le peloton est une décision tactique. Les dossards comme les affiches se décollent au vent de l’impopularité et aux bourrasques de la lassitude.

Le joyeux prétendant des primaires ne deviendra pas forcément prioritaire. La primauté n'est pas acquise. Jugé soit trop brut, soit trop tendre, soit trop naïf, soit trop basique, soit trop sévère et déjà compassé (orthographe à vérifier), il s'en ira avec sa prime ôtée de sympathie !

L'originaire déclaré peut commettre le péché originel de se croire original. Alors qu'il n'est que la copie conforme des tendances simplistes exprimées par la ligne archaïque de son parti ! ... Un petit clone devenu le clown du cirque médiatique... Un simplet sympathique face à de vieilles bêtes de scène. 

La différence entre les candidats est parfois si mince, qu'on a l'impression de devoir départager des sosies d'armée mexicaine. Les programmes rudimentaires sont des copiés-collés des manifestes des concurrents. La profession de foi n'a pas d'autres objectifs que des contestations pour faire apparaître de fausses dissensions avec l'adversaire.

A l'extrême, les propositions sont des entorses au bon sens démocratique par excès populiste ou annonce du grand soir. Rassembler les déçus devient le manifeste commun. Les contre-pieds se font trop souvent, la main dans la main et sous la table ! Seuls les sommaires varient, bien fol est qui s'y fie ! Pas de choix vraiment initial, rien qu'une loterie des idées, le jeu du trombinoscope et du meilleur profil, la loi de l'audimat !

Les postulants donnent le champ libre à leurs ambitions. Les revanchards, les consensuels, les faux jeunes ont un même slogan : " Elysée et moi et moi, et moi ! " La manne oeuvre au marché opus des rossignols politiques. On brade, on brocante, on brode, on brocarde !

Que d'émois pour nous, pauvres mortels ! Au mur des lamentations démagogiques, par les maçons des boni mensonges, nous voilà raccordés, jointoyés, liaisonnés, murés dans un gâchis d'appareillage politique mal étayé. Y'a des taloches qui se perdent sur le chantier électoral où nous essuyons les plâtres !

Pas de repos ! Dès les prémices de la rase campagne, les bâtisseurs d'espoir affluent de tous horizons, de toutes couleurs de cocarde, échafaudant mille théories sans fondement. Ils ravalent leurs adversaires du balcon aux communs par quelque basse cour. Ils scellent des pactes biaisés pour épater la galerie journalistique. Ils sont prêts à badigeonner les murs de nos villes, de tracts aux promesses inutiles, aux arguties éculées. 

Les déchus ont beau rester dépités, trop souvent, l'art de la politique, c'est de reprendre les mêmes et de recommencer. Heureusement des résistants ont eu la sagesse de se désister...

 De vieux candidats ont tiré des plans sur la comète puis ont renoncé à y aller en déclarant forfait. Las d'avoir trop brillé, le temps de l'engouement d'un feu de paille, ils se sont retirés, leurs voix se sont éteintes. Enfermés dans leur tour d'ivoire, ils se font passer pour de grands sages éclairés. Ils bâtissent en fait, à présent des châteaux de sable d'utopies, en Espagne et partout dans le monde, chèrement rémunérés...

D'autres apprentis passés fraîchement compagnons se rêvent en maîtres d'oeuvre. Ils tentent de briguer nos suffrages. Souvent plus jeunes dans la carrière politique, ils souhaitent naïvement apporter leur pierre dans un débat à leur taille. Ils seraient prêts à tuer le maître architecte ! Il leur manque simplement le compas dans l’œil ! Les caciques de leur parti auront tôt fait de les remettre à l'équerre !

 

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