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Primaires, vous avez dit primaires ! 5/5

Publié le par modimodi

 

Les candidats déclarés à la primaire de leur parti pour être désignés à la prochaine élection présidentielle ont peut-être attrapé le virus dès l'école primaire.... Primus inter pares ou minus inter pares ! Primates entre les primates ! Braves et bonnes têtes de P.I.P...

En effet, nous avons pris l'habitude de les rencontrer, tous ces délégués du peuple, du personnel, tous ces délégués syndicaux ou de classe. Ils sont partout postés et porteurs de mandats, émissaires et même parfois boucs à en devenir chèvres à force de se faire rentrer sans ménagement dans le chou.

Peut-être se sont-ils entraînés au collège ou au lycée ? De porteur de cahier de textes et d'éponges à porte-parole de la classe, le chemin du jeune citoyen est comme celui du candidat politique hérissé d'obstacles. Trop souvent, le grand cirque scolaire sollicite de son délégué des prouesses de sauteur de haies, de haies d'honneurs. "Vise les tableaux, bien sûr !"

Mais prêt au steeple chaises et estrades, il ne court pas, il vole au-devant des ennuis. Un vieux cheval de retour, blanchi sous le harnais, dressé sur les principes éducatifs va le désarçonner... Un vieil hussard de la politique, investi du droit canon va tirer à boulets rouges sur la jeune estafette...

Et pourtant ! Malgré les dommages de campagne et les résultats désastreux, des mauvais fondés de pouvoir sont quand même restés ou devenus des fondus du pouvoir au point de se porter encore et malgré tout, candidats aux primaires.

Dans la course aux triomphes, tous les champions coiffés un jour, sur le poteau et tous ceux qui ont pris une veste savent qu'ils peuvent aller se rhabiller du manteau rapiécé des illusions enfuies et des promesses non tenues. Peut-être, est-ce là, leur dernière grande aventure avant d'arriver au grand soir et d'enfiler le dernier costume de sapin, réputé pour faire long feu ?

Heureusement que pour nous consoler, l'idée a circulé et circule encore que rien ne nous appartient en propre si ce n'est l'amour, surtout pas nos mérites, encore moins nos échecs. Il n'y a que notre coq, emblème coco-ricain qui croit que le soleil se lève pour l'entendre chanter. Nous voilà rassurés autant que bernés.

Quel peut-être l'espoir secret de tous ses candidats ? Un peu de noblesse de cœur et d'ambitions voudrait au moins que, certain de la fin de son parcours terrestre, chacun bien que futile cherche à se rendre utile. Qu'il soit humble ou puissant, y en a-t-il encore, au moins un, de sincère qui soit prêt à s'engager pour quelques justes combats ou pour quelques malheureux opprimés, " ces empapapouatés du Nicaragua ", comme les appelait Céline ?

Chacun tente ici-bas de repousser les délais et les limites de l'absurde royaume où ses idées éparpillées danseront enfin avec les étoiles. Mais attention, petit politicien primaire seuls tes rêves d'arrivistes sont grands ! Même si tu essayes de faire un peu de bien en tâchant de faire bien peu, tu cours le même risque que ce défenseur des bonnes causes, dont ce mufle de Gide avait dit : " Il parle du cœur comme on parle du nez ! "

Morveux qui s'en dédit ! Vous voilà tous bien mouchés ! Parmi vous, personne n'est un enfant de chœur et plus personne n'a du cœur. Comment servir sans se servir, comment être charitable sans commencer par soi-même ? Zéro de conduite altruiste et fraternelle ! Il est toujours à craindre que le suffrage ne fasse naufrage social ! Vous voulez notre soutien et notre voix. Il nous faudrait des représentants élus et zélés ! Nous pouvons toujours rêver.

Heureusement, nous préférons les préliminaires aux primaires ! Pour être aux anges, nous avons découvert que seul l'amour peut nous donner du zèle et des ailes... Un ange passe... Mais Chut ! Chute ! Pour vous comme pour moi, attention !

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