Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Tête en l'air et ventre à terre !

Publié le par modimodi

Avec les beaux jours, je flâne, je rêvasse, je m'évade. Je me drogue au soleil, à la nature, je prends de la poudre d'escampette. La tête me tourne comme la girouette au vent de ma fantaisie buissonnière. Je divague à tire d'ailes, sans queue ni tête !

Je me souviens ! "Devant la porte de l'usine / Le travailleur soudain s'arrête / Le beau temps l'a tiré par la veste / Et comme il se retourne / Et regarde le soleil / Tout rouge tout rond / Souriant dans son ciel de plomb / Il cligne de l’œil / Familièrement..." (Le temps perdu - Jacques Prévert)

Je me souviens ! En ce temps-là, mon école aussi prenait ses quartiers de printemps ! Je me remémore. Eluard me rappelle que la terre est en fête, bleue comme l'azur, comme un quartier d'orange qui donne envie de croquer dedans. Je vois les écoliers passer en piaillant sous ma fenêtre en rangs desserrés. J'ai envie de leur fredonner à ma manière, cet air connu, plein de gouaille joyeuse : "Quand on se promène au bord de l'eau / Comme tout est beau, c'est rigolo ! / En classe de mer ou en classe d'eau / On est comme des poissons dans l'eau "

Braves pédagos, bucoliques ou champêtres, marins d'eau douce ou flibustiers, alpinistes ou chamois ! Chouettes instits, tuteurs pour la semaine de petits Robinsons, découvreurs d'îles désertes et enchantées aux mille chemins de la beauté !

Vos voyages organisés sont des séjours de développement pour nos enfants. Sympa le dirlo astronome qui fait déchiffrer au tableau noir de la nuit l'alphabet de l'univers ! Super les maîtresses d'écoles, nourrices le jour pour la marmaille de tous ces bruyants marmots, maternelles le soir pour S.O.S. câlins-bobos !

Heureux les profs s'égosillant à la Bastille, à en perdre la tête et le souffle révolutionnaire, à conter l'histoire de France et à recompter dans des rangs toujours fuyants une bande de potaches tout excités.

C'est à la mode de chez nous, quand l'envie prend de changer d'air et d'envoyer promener les petits bouts de choux, les élèves de l'école de la ville vont à la campagne, ceux de la plaine à la montagne et tous un jour finissent par se jeter à l'eau, en rêvant de mener la vie de château de sable.

Vive les classes de découverte et tous ces nouveaux Colomb colonisant un village pour quelques enquêtes auprès des indigènes et études de mœurs des autochtones. Grandes manœuvres et plans de campagne ! Pas un endroit, pas un bosquet, pas un muret, un interstice, pas une grotte, pas un ruisseau, pas un marais, rien n'échappera à la curiosité furieuse des troupes lancées sur le terrain.

Ils sont partout les petits mousses, sur les barrages ou les péniches, dans les sas et dans les écluses ! "Ouvrez les vannes moussaillons, nous rentrons au port !"... Ils sont partout les petits bleus de Bresse, dans les étables, au cul des poules, à l'écurie, dans le fourrage, et ... Hue cocotte !

Ils sont ici à plat ventre ou accroupis, comptant les pattes ou les pétales. "Eh, ça t'épate ou tu détales !" Ils sont là-bas, des vols d'oiseaux dans les jumelles. "Des bartavelles, des bartavelles !" "Mais non, nigaud, des hirondelles !"

Ils vont, ils viennent et font bouquet d'observations et moissons de souvenirs. Heureux temps mêlé de sérieux et d'insouciance, petits bonheurs de l'amitié et des cœurs purs, certains jours, je vous regrette !

 

Commenter cet article