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Godillots ! 4/4

Publié le par modimodi

 

Quel mois de juin ! Vivement le 49-3 ! Qu'on en finisse avec cette loi Travail ! Oui ! Mais ce serait, me direz-vous un déni de démocratie ! Pourquoi ? La grève répétée et qui nous rend otages est-elle une démonstration de démocratie ?

Attention, de la crise à la manifestation, de l'insurrection à la révolution, il n'y a qu'un pas de gréviste exaspéré ! Nous sommes vraiment en état d'urgence !

Triste époque où la rue s'acharne à faire la loi et voudrait renverser un gouvernement affaibli politiquement qui, hélas ! hélas ! n'aurait plus qu'à faire emploi de la force après avoir tenté une ultime négociation ! Personne ne veut capituler et il n'y a plus d'homme providentiel pour se dresser avec toute son autorité morale. Le seul génie est à la Bastille, il se dore !

C'est donc ainsi ! Quand la grève a été votée à la majorité, elle est obligatoire. Vae victis ! Malheur aux vaincus !

Bien sûr, nous ne le savons que trop ! L'effet direct d'une grève est d'arrêter la production de produits et de services et de provoquer une gêne, la plus générale possible afin de faire pression. Mais où est la limite ? Jusqu'où peut-on porter atteinte à la liberté individuelle ? Quelles limites donne-t-on au bien commun et à l'intérêt général ? Quelles distinctions fait-on avec des revendications corporatistes et les principes réformistes de social-démocratie ?

En survivance de la grève des esclaves, certains syndicats ou leaders maintiennent l'idée d'un pouvoir employeur et d'un patronat autoritaire qui tiennent dans les fers du productivisme "les damnés de la terre." La dialectique du maître et de l'esclave, la lutte du patron contre l'ouvrier sont en survivance.

Aucune nuance n'est plus possible dans ces bras de fer et cette radicalisation du tout ou rien. Ne vous avisez pas de critiquer ces manifestations et d'exprimer votre exaspération devant ces grèves à répétition, vous seriez tout aussitôt taxés de suppôts du patronat. Vous auriez, dit-on, la mémoire courte de tous les avantages acquis autrefois de haute lutte par les camarades ! Vous insulteriez le mouvement ouvrier, son action et même notre Histoire sociale.

Devant la pression et la vocifération de la rue, il n'est plus d'autre choix qu'adhérer au combat, participer ou subir. Personne n'est paraît-il otage de la situation sauf les obstinés de leurs leitmotivs et les enragés de leurs slogans. La violence en meute peut même donner une bonne conscience dans l'anonymat du grégaire !

Le Communisme contre le Capitalisme, l'asservissement salarial contre l'exploitation humaine sont des concepts qui perdurent et qui donnent encore sa légitimité à la notion de classe sociale et de lutte éternelle. Les discours enflammés le prouvent encore et toujours dans leurs arguments et leur vocabulaire. L'idéologie s'assouplit mais elle demeure vivace. Seul l'humoriste fait la différence en donnant une bonne définition des deux systèmes : l'exploitation de l'homme par l'homme pour l'un et l'inverse pour l'autre.

Bien sûr, la grève est un droit mais peut-il y avoir droit sans la contrepartie des devoirs. A quand un manifeste pour les manifestants ? Où est donc la conscience de classe ? Bat-elle le pavé de la rue et déterre-t-elle les pavés de la plage d'opinion pour affirmer la prévalence d'un syndicat sur l'autre ? Quel impact quand ils retombent dans la mare du conflit qui s'envase ?

Chacun espère-t-il compter ses nouveaux adhérents pour dominer le classement ? Car les classes sont hétérogènes dans leurs analyses et leurs positions. Mais au final, les rivalités entre elles comme les blocages qui paralysent le pays et la circulation des citoyens manquent vraiment de classe !

Les plaisirs des grévistes aux portes des raffineries ne sont vraiment pas raffinés pour le brave automobiliste ! Mais ça marche ! Oui ! Chers camarades grévistes, vous en êtes convaincus par la ligne de votre parti pris, la France est vraiment un pays de godillots ! Chacun veut être le roi du pavé et les autres n'ont qu'à le battre, si c'est autorisé !

Mais devant la peur de l'insurrection, les syndicats et le gouvernement aux petits pieds trouvent la danse du compromis : un pas en avant, un pas en arrière ! Une boucle pour tourner en rond et pour la boucler !

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