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Joyeuse P.A.C. 3/3

Publié le par modimodi

 

Quelle vacherie d'époque ! Un ministre nous le disait : "Souvent vache varie, bien Fol est qui s'y fie !" Un autre proverbe a aussitôt surgi. "Souvent vache qui rit a le cerveau tari !" Le plancher des vaches s'est transformé en piste aux étoiles pour nos bouffons à la voix lactée, au pis-aller, toujours prêts à nous sevrer !

Nous avons heureusement labellisé la viande bovine française afin de garantir au bétail né, élevé, abattu en France, le vivre et le mourir au pays. Le bonheur quoi !... Pour nos charolaises et nos limousines ! Est-ce une raison suffisante pour s'en payer une tranche et aimer écouter meugler à tue-tête, dans les beuglants british, ce succès bœuf : " J'irai revoir ma Normandie !", au cours d'un concert exclusif de cornemuses et de clarines !

Mais on préfère nous affoler en nous certifiant la tricherie généralisée sur l'étiquetage des viandes et leur traçabilité. Ainsi, la viande est d'origine France mais élevée et abattue en Irlande puis découpée en Grande Bretagne. Quelques coups de tampons au passage des frontières et franco de porc, il n'y a plus que le consommateur qui soit encore français et pris pour un paysan à gros sabots, au rire agricole, mal cultivé !

Et qui prend le monde paysan en grippe, sinon la grippe aviaire elle-même? Devrons-nous donc étouffer dans l’œuf, la rumeur de la fraude et de la malbouffe ? Avant qu'elle ne nous donne la chair de poule, aurons-nous bientôt l'esprit brouillé ?

Avec leurs manipulations génétiques et leur nourriture aux hormones de croissance, vous verrez bien qu'un jour, les poules auront des dents et que les porcs auront la forme des saucissons, prêts pour l'apéro !

Attention à l'auguste geste du semeur de peste bovine, porcine et de fièvre catarrhale ovine ! Nos estomacs sont depuis longtemps devenus des poubelles. L’égout et les douleurs entretiennent la crise de foie post industrielle. Chacun peut creuser sa tombe avec ses dents. Par un tour de vache, nous perdons la tête et la santé mais l'Europe garde en majuscules de profits ses parts de marché : E 102, E 127, E 220 (histoire sans doute de rester branchée et de nous en faire voir de toutes les couleurs !)

Les pluies acides peuvent tomber sur nos betteraves à sucre, ce n'est pas nous qui pourrons nous sucrer. Pour gagner de l'or en barre, go ! Mais surtout pas d'embargo ! Vive le beurre et l'argent du beurre ! Avec les bébêtes qui ont un grain, certains étaient même parvenus à faire du blé !

Plus besoin de glaner, glander ou chaumer, c'est désormais l'abondance promise aux rustres ruraux et aux rescapés des remembrements ! Tout le monde pourra moissonner sans être fauché. Aujourd'hui, avec les pulvérisations aux super désherbants, plus d'herbe ni de vache folles ! Fini de végéter, y'a bon le glyphosate et les produits phytosanitaires ! Plus d'insectes, d'abeilles, de champignons, d'escargots devenus comme les plantes, indésirables. Alors, bon ou mauvais génie génétique, c'est OGM que j'aime de gré ou de force !

Tonnerre de Zeus, au cou de taureau blanc, pourquoi crier : Vive l'Europe et joyeuse P. A.C à tous ? Mais qu'est-ce qui cloche, alors ? Pourquoi les cultivateurs et les campagnards sont-ils sonnés ? Devraient-ils, sans fin, agiter le grelot du fou comme les troupeaux leurs sonnailles ?

Pour eux, pour tous ces empoisonneurs empoisonnés, nous devrions furieusement faire la claque à grandes baffes. Par solidarité, nous leur donnerions la parade comme au cirque, avant d'avoir à faire, par leur faute, notre dernier tour de piste.

Car autour de l'arène, nous voilà environnés et tous cons cernés par la biosphère. Vive donc la joyeuse cavalcade mais, si possible, pas avec de vieux chevaux de retour, des carnes incarnées ! Tous à cheval sur nos principes écologiques ou en selle et à toute vapeur sur nos chevaux de bataille. Y'en a marre de se faire taper sur l'écosystème !

Soyons donc les funambules du fil à couper le beurre, les acrobates qui travaillent sans filet à provisions. Soyons les omnivores du plaisir et si on nous prend pour des pitres ou des guignols, tâchons de ne pas devenir les dindons de la farce ! Même contaminés, soyons créatifs et vigilants, nous sommes notre propre centre antipoison ! Manifestons ! Moi, je résiste en trempant à mon tour ma plume dans le poison, fiel de ma bile. La colère n'immunise pas mais elle défoule.

Encore bien même ne nous resterait-il plus qu'à faire voler, en guise de colombes, de vieilles poules mouillées ou édentées, encore bien même, n'aurions-nous plus qu'à faire compter des puces savantes et sourdes, chanter les jours de pluie aux canards boiteux ou faire sauter dans nos prés carrés des moutons à cinq pattes, gardons le moral et l'esprit buissonnier. Mettons-nous au vert, chloro-filons et prenons les jambes à notre cou après y avoir accroché la clé des champs !

Mais en aurais-je le temps? Holà ! Ai-je déjà la fièvre aphteuse, des idées biscornues ou des visions cornues ? Ami lecteur, ne me mets pas en quarantaine si j'ai l'esprit qui bat la campagne ! Je donnerai bien ma langue au chat mais elle est déjà promise. Le drame, c'est que je ne sais plus à qui. Ah ! La vache !

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