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La bourse ou la vie

Publié le par modimodi

 

Aujourd'hui, tout se marchande et se paye. Dans cette époque de hold-up permanent des valeurs morales, au sein d'une société désorientée, plus dans les tics et le toc que dans l'éthique en mastoc, "la bourse ou la vie" reste le slogan qui prépare les futurs contribuables aux mille et vains efforts de la nation.

Inutile de voler la caisse de ce vieil État, hier appelé Providence ! Celle-ci est claire et vide un peu partout : épargne, prévoyance, retraite, secours, allocations en tout genre, indemnisations, aides gouvernementales, etc. C'est l'assurance maladie pour tous nos espoirs en dépôts et consignations ou faillitaires !

Pour notre malheur, avec les infortunés opposants aux lettres classiques, à présent, nous décomptons et déclinons. Finies les œuvres (traduction latine d'opera), terminés les poèmes de "quat'sous" ! En effet, si my taylor is rich, mon vers l'est aussi : l'auto rime avec loto, l'été avec Léthé et ces excès sont insensés, rien qu'à penser aux vahinés, ou c'est inné ou c'est gonflé... Poète à perpète !

Ainsi formé, dans les transes, actions cotées ou non, l'Homme qu'on voudrait moderne hésite toujours entre activiste d'actions directes et actionnaire d'actions mobilières. Qu'il joue ou qu'il paye à cache-cash, somme toute, il est content et pour le reste, il se croit même un crack entre deux Krachs.

Ne le prenez pas en grippe, il a déjà la Covid et les variants de tous les pays ! Dans un pêle-mêle d'actes rarement gratuits, le chef d’État veut bien, coûte que coûte, faire contre mauvaise fortune, bon cœur. En prenant un ton "emprunté", il déconfine les milliards et joue allègrement avec les pourcentages du PIB et de la dette. Quand l'épidémie recule le déficit augmente, mais "à la guerre comme à la guerre !" dit-il.

Brave frère humain ! Le cœur gonflé sous le portefeuille plus souvent que sur la main, l'Homme, éternel comédien d'un bonheur éphémère a oublié que la vie n'était que comédie. Pathelin de sa propre farce, il a pris au sérieux ces mélis-mélos, mélodrames. Bouc-émissaire de sa propre tragédie, il a oublié que le drame au sens étymologique du "drama", donc de l'action était d'abord un art de l'intérieur et de l’être.

Faute de quoi sa destinée le meut, l'émeut, l'agite. Il croit être libre de désirs, de volonté, d'actions et de réactions. Mais tout n'est que mirage au désert des vaines prétentions où passe la caravane de ses illusions de paraître, évanouies avec la brume au lever des réalités. Seule la vie est active et invente des scénarios. Action ! Moteur ! Entre ses clips et ses claps, au cinéma de son ennui, l'Homme est un acteur plus agité, qu'agissant.

Parfois, faute d'avoir trouvé le mobile de l'action, il pousse le crime à ne rien faire. Oisif, paresseux, il tue le temps en silence, préférant l'or à l'argent. Riche d'intentions, prodigue en projets, économe de résolutions, il thésaurise, dernier Crésus de ses envies inassouvies dans l'évanescence du bon temps.

Évidemment, en cette époque décadente, dans la décomposition spirituelle et morale et l'insatisfaction grandissante, l'écrivain fait partie de ce maelström social. Il agit et se bat avec des mots et des idées dérisoires, parfois sans queue ni tête comme des iules au milieu de ses virgules, des blancs dans ses phrases. Il est toujours un mauvais élève à l'école de la vie.

Bien sûr, depuis la Genèse, en amour comme en poésie, les vers sont dans le fruit. Adam rime avec "bosse Adam !", quand Ève le prend pour une pomme ou "brosse Adam !", quand il est sur les dents !

Que chacun se rassure donc, ce billet d'escompte, sans intérêt ne concerne personne... Quoique, quoique !... Notre existence ne se déroule pas exclusivement, à l'intérieur de nos limites hexagonales. La politique économique n'a pas de frontières, elle nous impacte dans la vie de tous les jours !

Est-ce que Rosbeef, ça rime avec naïf ? Brexit ! Frexit ! Ça rime avec déficit ? Qu'est-ce qui incite ou qui excite ? Un kopeck pour un dollar ! Un franc pour un euro ! Vive l'Europe ! Mais au final, qui est-ce qui a été EU ? Demandez aux pêcheurs français ! Quel chahut dans les chaluts !

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