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Retour en enfance

Publié le par modimodi

Peut-on avoir des états d'âme, si l'on vit dans un état d'absurdité, dans un fatras de pensées dispersées ? Psyché peut-elle encore personnifier le souffle qui emporte l'esprit hors de toute contrainte de temps et de sens ?

En cet instant, suis-je moi-même en train de délirer ou de retomber en enfance ? Mon cerveau semble s'agiter sans raison, libéré des pesanteurs de mon esprit. Je philosophe comme un arracheur de dents de sagesse. Je divague entre l'être et l'avoir, ces indispensables auxiliaires de vie qui me permettent de penser et de dépenser. Oh oui ! Si penser, c'est agir dans l'immobilité ou dans le désordre de ses idées alors je peux vous assurer que je m'y dépense sans compter.

Le créateur a pourtant bien fait les choses : "Au commencement était le verbe"… Mais le verbe s'est fait cher. Le verbe être s'est fait avoir et laissé faire. Alors, l'Homme qui s'est découvert sujet a cherché l'objet de son existence. Il a inventé par occupation ou par ennui, l'action. Elle devait le mener à sa fin dernière, soit au bonheur épicurien, soit à la vertu Kantienne.

De l'intuition à l'intention, de la pensée à la passion désordonnée des sentiments, l'action était née ! Fichtre et fichu Fichte qui osait clamer : "Agir, agir, voilà notre raison d'être ici-bas." Tandis qu'en écho, un de ses frérots intello, tendance gaucho, Marx renchérissait sur le "Capital" avec des déclarations matérialistes en s'écriant : "La philosophie a pensé le monde, il s'agit maintenant de le faire." A peine est-il lui-même parvenu à tourner en rond, à faire un tour du monde ou à en faire tout un monde. Quelques matérialistes rêvent toujours de le bâtir !

En avant marche, peuples laborieux d'une humanité plus souffrante que progressiste, plus criseuse qu'idéaliste, plus activiste qu'active, brûlant ses idéaux dans le feu de l'action ! De sempiternelles questions taraudent la conscience de l’humanité… Devrions-nous toujours réfléchir avant d'agir ? Qui en a décidé l’absolue nécessité ? Quel mâcheur de chewing-gum a décrété qu’il fallait tourner sept fois sa langue avant de parler ?

Certains y vont de leurs savantes hypothèses. J’en reste perplexe. Qui ou quels événements dictent nos choix ?  Saurions-nous lire dans les lignes de la main du destin ? Tout se joue-t-il très tôt, à la naissance et au plus tard dès la petite enfance ?

L'école est permanente comme le grand cinéma ! De Jules Ferry à Baden-Powell, du b-a, ba à la B.A, il n'y qu'un bât réservé aux quelques ânes qui auraient l'insolente réticence de ne pas être toujours prêts.

Oui ! Sans débats, la vie nous impose ses hauts et ses bas de bilan et fructifie les promesses aussi vite qu'elle ne ruine les espoirs ! Mais au bout du compte, l'intérêt est-il toujours profitable et capital ? La bourse vaut-elle la peine qu'on y consacre sa vie et qu'on y laisse pour solde de tout compte, sa santé ? En conservant les acquis du savoir et de l'expérience, un retour en enfance est-il possible ?

Si mes espérances de richesse intérieure sont aujourd'hui ruinées, c'est encore et toujours la faute à l'Education Nationale ! Car moi, j'ai vécu ces temps anciens ! Une bonne note pour une bonne réponse, un bon point pour une bonne action… La pédagogie était devenue l'art du troc et du toc ! Dans les cours officiels, par manque parfois d'échanges avec leurs élèves, certains enseignants étaient ainsi passés maîtres dans l'art de donner le change. Moi, j'excellais à brocanter les rossignols de mon savoir sur ce marché scolaire où je me faisais secouer les puces au milieu du bric-à-brac de mes apprentissages.

Mon professeur était un excellent bailleur de devises cornéliennes qui s'épargnait sans doute en affirmant qu’« aux âmes bien nées, la valeur n'attend point le nombre des années. » Mais seul Rodrigue avait du cœur, un cœur d'or pour Chimène !

Mon problème fut de ne jamais parvenir à trouver l'unité d'action, de lieu et de temps pour mes primes et tendres amoureuses. "Ô rage ! Ô désespoir !"... Ô jeunesse ennemie ! La première tragi-comédie de ma vie ! Mon premier aveuglement d'amour !

Les années ont roulé les graviers des souvenirs jusqu’à l’écluse du temps. En y songeant, dans ce fauteuil, les yeux mouillés de larmes, je comprends pourquoi le commun des mortels affirme que les vieux retournent voire retombent en enfance.

 

 

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