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Lettre aux lecteurs de presse 2/2

Publié le par modimodi

 

Oyez et voyez le journaliste !

Rubrique nécro en black-board, infos nature, écolo-chic dans le vent des éoliennes, transition énergétique avec frein sur le réchauffement, nouvelles politiques hard, brutes de pommes de discordes, carnet mondain, petits potins rusés, indiscrétions ou astuces de gros malins, propos coquins ou bêtes comme chou, le mérinos audiovisuel bêle, bêle, bêle en ménageant la chèvre et le press-book.

Chaque mouton de Panurge de la communication, broute et transhume d'ondes en fréquences, de chaîne en chaîne ou de magazine en hebdo pour avoir la meilleure analyse, la plus belle photo, l'info choc, le dernier buzz ! Flash-man, Web rédacteur, journaliste sportif ou culturel, tous sont attendus, à chaque coin de kiosque, d'affiche publicitaire, de reportages et de spectacles.

Pour entrer dans le chou et ne pas se faire trop voler dans les plumes, il faut avoir de la patte et du talent. Le pamphlétaire, les écriveux des villes, les poéteux des champs ne doivent pas être piqués des vers et faire des choux farcis de hachis d'opinions et de gâchis de réputation. Tous les choux doivent être comestibles car de feuilles en feuilletons, pâte à papier est pâte à choux !

Avec x et périls, le chroniqueur doit sauvegarder ses vieux bijoux ! Pour sauver ses petits bouts de choux, ses petits joujoux, il devra éviter vieux hiboux, vilains poux et autres lanceurs de cailloux qui le mettraient sur les genoux. Un lanceur de pavés peut facilement tomber dans la mare à scandales.

Si par malheur le gratte-papier a fait chou blanc, s'il a trop pédalé dans la choucroute ou si, comble de la panade, ayant voulu éplucher et se faire la peau de quelques grosses légumes, son journal vient à boire le bouillon, il ne lui reste qu'à tremper avec le populaire sa première soupe aux choux. Il a tout gagné, il est à jamais de la revue ! Il ne lui reste plus qu'à accommoder des restes d'informations pour tenter de tirer la couverture à lui !

Alors famélique d'idées et groggy d'un dernier coup de manchette, loin des choux gras qui firent ses délices, il peut aller planter ses choux au jardin des désillusions. En effet, il sait bien que l'écrit est soumis à l'épreuve du terre à terre, du con qui teste à terre et que le paradis est réservé aux pommes qui aiment se prendre des tartes !

Il faut donc à notre homme, avec les choux se garder des pâtés comme des navets, s'il ne veut pas que son canard en fasse spécialité. Au risque d'ailleurs, pour lui de danser illico, un dernier french cancan à se casser trois pattes sur la mare aux canards.

A Sarcelles ou à Pilet les oies, les chers canetons dans les cours de récréation barbotent et cancanent sous le regard bienveillant de quelques vieux ou futurs palmés. Mais c'est trognon et chou à la crème car tous, sont déjà sensibilisés aux BD et albums illustrés ou à colorier : "Pomme d'Api, Okapi ou Astrapi" ont toujours la cote. Là, "Babar" rencontre "Petit ours brun" en compagnie de "Bambi". "Les P'tites Princesses" et les "P'tites Sorcières" font la "Pirouette" avec les "P'tites Filles à la vanille".

On leur apprend à lire en fixant très tôt leur imaginaire avec "Les belles histoires" ou "Le Journal des enfants" et "Mon Petit Quotidien". On les éduque bien sûr déjà, aux charges de futur citoyen avec "Picsou Magazine" et "Super Picsou Géant". On éveille leur vocation de bricoleur ou leur intérêt avec "Comment ça marche" ou "Cosinus" et les nouvelles publications au goût du jour comme les tablettes numériques répondent à l'éclectisme de leurs centres d'intérêt.

Le journaliste sait tout faire : écrire pour les enfants, les ados, les adultes ! D'ailleurs, la première rédaction de l'écolier fait ou fera peut-être la vocation du futur rédacteur de journaux ou de tracts. Elle lui donnera la possible envie de devenir publiciste, bonimenteur, lanceur de poudre aux œufs et aux yeux. Tant pis pour les gobeurs !

PS : Moi, je fais partie de la grande famille des petits journalistes. J'ai un journal de bord sous la forme d'écrits, un quotidien que j'ose faire paraître et dans lequel je déblogue... Mais j'ai aussi un journal intime, tenu secret... Parce que je sais bien qu'il ferait inévitablement partie des invendus.

 

 

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