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Tous à la fête !

Publié le par modimodi

Avant d'exécuter l'ordre, attend le contre-ordre ! Cette loi de l'armée qui permet au petit soldat de s'en sortir, est le grand principe de nos gouvernants en temps de Coronavirus !

Pour nous mobiliser, le chef des armées nous l'a dit : "Nous sommes en guerre !" Contre un ennemi déclaré mais invisible. L'ennemi est là, il avance masqué. Alors, pour le battre sur son propre terrain, nous aussi nous nous masquons…. Si la voix officielle nous le recommande et nous l'autorise ! Car pauvres de nous ! Avant de battre l'ennemi à la pointe du coton-tige, comme des petits zorros, que n'avons-nous pas entendu d'analyses et de recommandations contradictoires !

La Covid, une grippette qui finit par vous prendre en grippe. Le masque, un inutile accessoire de carnaval ou de bal masqué pour danseuses. Chaque soir, d'un pied sur l'autre de ses contradictions, comme une ballerine, dans un exercice ponctué d'arabesques en courbes et graphiques de l'épidémie, nous avons eu droit aux jugements de Salomon.

Combien en avons-nous vu défiler et se défiler de hauts responsables ! Ainsi, nous avons bénéficié des rassurances des gestionnaires de stocks, tout aussi vides que leurs déclarations. Nous avons espéré avec les prévisionnistes des équipements indispensables, capables surtout de prévoir les retards successifs, de nous promettre l'arrivée des commandes et les imminentes livraisons, assurées par une compagnie aérienne, sûrement une arlésienne ! Pour quand ? Pour : "Bientôt, incessamment, sous peu"…

De toutes façons, tandis que le chef suprême attend le dégel et la débâcle du vi-russe immaîtrisable, il s'en lave les mains et se fait mousser sur l'exemplarité de la gestion de la crise ! Pendant ce temps, nous, on se lave les mains à grandes eaux car on attend des gels hydroalcooliques.   

Heureusement, nous avons des repères et des signes d'alerte. Comme aurait dit Fernand Raynaud, à la frontière du diagnostic : "Dis tonton, pourquoi tu tousses ?" Tu mouches à bras raccourcis, ta fièvre vient à toute heure, et pas seulement le samedi, tu as le souffle court au point de te faire souffler dans les bronches. Tout y passe, le nez, les pieds, la gorge, la tête, alouette ! Alouette ! Ta déplumée est assurée.

Le moral est au plus bas, chacun scrute le moindre symptôme ! On se tâte, on s'ausculte pour épier un ennemi occulte. Sur les plages de l'angoisse, les vagues déferlent : première vague, deuxième vague, les gouvernants surfent sur celles de l'opinion : Confiance ou pas confiance ? Les baromètres entrent en action pour prendre la température des citoyens.

"Que celles et ceux qui doutent" se rassurent, nous avons d'éminents spécialistes avisés ! Admirez comment les épidémiologistes escaladent les pics de l'épidémie tandis que nous dévissons tout schuss ! Possible covidé, cher concitoyen, on te piste à la trace ! L'OMS est l'Organisation Mondiale du Ski de plein air, au fond de tes poumons et du Ski de glisse et de glissement : symptômes morbides et mortels des isolés et alités, au fond des Ehpad. 

D'ailleurs, la Covid ne chinoise pas avec nous. Malgré les gestes barrières, elle nous fait des gestes déplacés, en coude et bras d'honneur ! Oui ! C'est extrêmement grave ! Nous ne sommes pas seulement morts d'inquiétude mais morts réellement ! La mort roule à pleins tombeaux. Bien sûr, on tente de nous réanimer à pleins lits, dans des hôpitaux saturés. Là, le gouvernement nous rassure et nous inquiète en même temps, avec force avis d'experts scientifiques, de mesures et de cartes, de tableaux et de conférences.

Alors, comme personne ne maîtrise rien, nous n'avons pas d'autre choix que d'entrer dans la danse et de sauter d'un pied sur l'autre, en suivant les injonctions paradoxales… On te confine illico pendant deux mois et on te déconfine ex abrupto ! Sans prudence aucune.

Chacun se rue dehors, dans la légèreté générale de la liberté retrouvée et des vacances d'été. Tu bondis de joie tandis que l'épidémie te suit et t'offre son rebond ! Alors, patatras ! On te reconfine, on te couvre-feu, à heures variables. Le soir et la nuit, y'a plus que les souris qui dansent devant les chats gris.

Sortiras, sortiras pas ? Voyageras, voyageras pas ? Tu fais le covidé grand teint, pire que le pangolin, le caméléon est contagieux et marque son territoire. Tu passes d'un département à l'autre par toutes les couleurs. Et toi, avec un coton tige dans le nez, tu avances, couleur muraille.

On te bloque, chez toi. Tu dois contempler le ciel de ta fenêtre. On t'enferme, alors toi, tu débloques… de déprime. Tu t'aliènes avec l'info en continu. Le virus rend fou et hystérise l'information de chiffres et de buzzes.

L'épidémie avance à bas bruit tandis qu'ici ou là, on soupçonne, on complote, on déconne à pleins tubes d'échantillons de Covid. La bêtise des suspicieux, en attente de greffes de cerveau diffuse ses nanoparticules vraiment pas fines !

Heureusement, la médecine veille. Tu attends les statistiques ! On ne compte plus les moutons  avant de s'endormir mais les hospitalisés, les décédés, les réanimés et les guéris ! Avec cette perspective, tu dois être forcément patient, dans tous les sens du terme. Dis-toi que la recherche avance pour faire reculer le virus et maîtriser les vagues de l'invasion. Tu es dans de bonnes mains. Les soignants sont d'autant plus admirables qu'ils sont épuisés et mal payés !

Mais pendant qu'on te traite, sur les ondes, on se maltraite. Entre savants charlatans, on se démasque, on se contredit à grands coups d'études scientifiques publiées, on s'hydroxychloroquine. C'est le grand raou(l)t des professeurs de médecine. Alors désarçonné, tu persistes à  douter. Tu te dis que si tu covides, on te soigne, on te programme et te déprogramme, alors pourquoi aurais-tu la malchance d'attraper le dahut ! 

On s'active, car pour freiner l'invasion virale, on te suit à la trace, on te teste PCR et tu colles-labo ! Tu fais la queue puis t'attends des plombes et des jours pour connaître le résultat. Trop tard ! La virulence de ta contagion a généreusement ensemencé ta famille et tes collègues.

Mais cette époque est bientôt révolue, on va te mettre la salive à la bouche ! On te promet des réponses plus rapides : Juré ! Crachez !... mais sans postillonner ! Les asiatiques l'ont bien fait, comme nos amis héréditaires, les allemands, peu habitués à pédaler dans la choucroute.

Bien sûr, tu te tiens sur tes gardes. Tu gardes tes distances, un mètre, puis deux, puis trois, puis huit. Il est dangereux de se croiser. La Covid n'amuse plus la galerie marchande. Ta clé d'humain contagieux n'est plus de contacts. Ton voisin est dangereux, asymptomatique, il peut être super con-taminateur ! Si ta vie sociale et culturelle est sacrifiée, tu as quand même le droit de te contaminer, au travail, à l'école, dans les transports en commun ! Mais garde le moral, reste positif, bien sûr, sans être virussé !

Ta vie est en question. Tu philosophes sans le savoir en distinguant l'accessoire de l'essentiel. Notions indispensables pour franchir toute porte. D'ailleurs, un jour, on t'ouvre boutique, un autre, on te la ferme et tu la fermes ! Ecoute pousser tes cheveux !

Pas de séjours prolongés en terrasse, si tu ne veux pas être terrassé ! Toi, tu n'y crois pas, tu dis qu'on te raconte des bobards de beaux bars car ceux-ci sont fermés. Les restaurants aussi, car même espacés, on se contamine à table en parlant ! Maman avait raison, on ne parle pas la bouche pleine. Psy-cause toujours !

Les Nikés sont niqués ! L'économie fait la culbute mais plus les sportifs, (seulement en chambre), on ne nage plus… que dans l'inquiétude. Tout est fermé ! Aucune activité ! Seul le gouvernement fait la planche, mais la planche à billets. C'est la faillite, y compris de l'espoir ! Alors, on indemnise à tout va, on remonte le plafond des aides et on le crève. A la réouverture des salles de spectacle et de cinéma, on entendra : Remboursez ! Remboursez !

Ah! Mais évidemment, tu peux encore sortir, t'aérer et aérer ton local et ton chien. Tu peux même encore rêver d'espaces illimités. Toi, qui n'as eu droit qu'à un kilomètre pendant une heure, tu en as maintenant vingt, pendant trois heures. Tu fais la course et tes courses contre la montre et avec le virus, en passant devant les parcs, désormais ouverts.

Evidemment, tu es citoyen solidaire et responsable, alors tu l'as accepté ! Ta liberté est surveillée. Toi, tu as moins bonne mine que la Covid, sur laquelle tu risques de sauter. Toi, tu as une mine de papier mâché mais ça ne suffit pas, tu dois toujours présenter tes papiers.

Heureusement, dans quelque jours, on va te déconfiner progressivement, pour toi te dépenser et surtout dépenser, avant Noël et la Saint Sylvestre ! Mais si tu fais la fête, la Covid voudra peut-être s'associer et te la faire aussi ! Tu as eu les boules ? Oublie, tu vas pouvoir demain les accrocher au sapin, en respectant la bonne distance ! Sinon, c'est toi qui prendras la bûche et sentiras le sapin.

Tu vas réveillonner mais ne pas bibiser tonton ou mamie et tu parleras à voix basse. Des vœux pour dialogues de sourds ! Être treize à table portait malheur, maintenant c'est à partir de six à dix maxi ! Le cadeau tendance, cette année, c'est le guide des bonne pratiques. Certains envisagent le réveillon sur le balcon. Idéal pour la bûche glacée ! Mais le must, c'est le réveillon virtuel en video, à distance ! Pratique ! Plus de reproche sur la dinde trop cuite ou trop sèche ! On ne te prendra plus pour une truffe !

Et demain alors ? Bien malin qui pourrait le dire ? De changements de pied en changements de pied, tu as appris à danser la danse macabre. Mais y'aura-t-il toujours la guerre entre l'économie et le sanitaire ? Sûrement  ! Car de plans de relance en plans de relance, pour l'instant, c'est l'épidémie qui se relance. Alors, on entretient ton espoir de tests antigéniques et de remèdes miracles !...

Qui leur dira qu'avec toutes ses promesses contradictoires, que moi, je suis déjà vacciné !

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