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L'entonnoir 2/2

Publié le par modimodi

Par Notre Dame ! Vive les entonnoirs et les gargouilles ! Vive le vin de messes païennes et les paillardes ! Voilà bien longtemps, que devant les menaces et les réformes sans queue ni tête de l’Éducation Nationale, mes amis latinistes ont appris à avaler et à laisser couler dans l'entonnoir de la résignation.

D'ailleurs, n'aurait-on pas dû, il y a quelques années, en attribuer un d'honneur à une certaine ministre de l’Éducation Nationale, la belle Najat au turlututu, chapeau pointu, qui voulait faire disparaître le latin ?... En ce temps-là qui aurait pu lui ôter sa pierre de folie ? A cause d'elle, à l'époque, nous avons fortement craint qu'il ne nous restât plus que le latin de cuisine de la langue Lucullus !

Si l'entonnoir, pointe dirigée vers le bas, représente depuis le Moyen-Age la transmission du savoir pour faire "des têtes bien pleines et bien faites", chères à Montaigne, la pointe vers le haut évoque la fuite des idées, vers le ciel.

Coiffant la tête, chez Jérôme Bosch, il représente le plus souvent le charlatanisme des médecins des malades mentaux qui leur ouvraient le crâne pour leur ôter leur pierre de folie puis il est devenu l'emblème des fous !

Que dans la basse-cour officielle, les dindons actuels, glouglouteurs de la bien pensance ravalent leurs leçons de piquette vaccinale et pardonnent plutôt aux joyeux de la bien pansance, qui préféraient être piqués des verres ! Nous n'avons en plus, nul besoin de nous les farcir !

Mais aujourd'hui, même si le virus rend fou, plus d'inquiétude ! Nous sommes rassurés. Entre deux haussements de menton et quelques coups de sourcil, nous avons notre devise officielle : Lex dura lex, sed Castex !

Oui ! L'entonnoir est toujours à la mode. Il en a la forme, la grande forme : une politique de cône ! Les ministres en sont tous coiffés ! Ils sont en vases communicants, ils se transvasent mais il doit y avoir des fuites ! Ils se vident, ils se co-vident pour faire écho aux comorbides !

Je ne résiste pas au plaisir de décerner le Grand Prix de l'Entonnoir au gouvernement pour la gestion improvisée de la pandémie. Certains avaient pourtant espéré, il y a quelques années que le retour du bon sens serait "en marche" !

Le pays avait même choisi son chef de parti pour en faire son Président. Et depuis, c'est la longue marche pour ne faire que du sur place. Ah ! Pour être en marche, le gouvernement est en marche avant puis en constante marche avant-arrière, avant-arrière... ! Perpetuum mobile !

Pour donner l'exemple, il ne s'arrête jamais, notre Papa Culbuto ! A tour de bras, il gesticule ou bat des bras, il se tient à distance respectable, on appelle cela les gestes barrières ! Il vend sa soupe sanitaire salée à la dette économique, dans laquelle, il fait la grimace mais ça ne se voit pas derrière le masque !

Il ne postillonne pas, il riposte. Il se préoccupe de la santé de chacun, il est au-dessus des conseils scientifiques, car il est omniscient. Ce n'est pas Jupiter, c'est Dieu en personne, l'Être à la sauce suprême après avoir été à la sauce Bercy !

Il connaît ce qui est bon pour toi ! Chaque apparition apporte son lot d'annonces et son déluge de mesures et d'autorisations. Il compte sur ton sens civique et ta responsabilité citoyenne. Alors ne change rien, poursuis silencieusement tes efforts et ne tombe pas dans la théorie du complot aux explications farfelues et incohérentes. Même si tu es dedans jusqu'au cou, dé-fake ! Attends en silence et détermination la sortie de crise, c'est bientôt la fin du rouleau !

N'attends pas le dégel, passe tes mains au gel hydroalcoolique et désinfecte-toi ! Éternue dans ton coude, ça va le huiler et tu pourras mieux travailler. Si tu as les jambes en coton, il t'en a réservé une grande tige. Tu l'auras dans le nez ou l'auras-tu dans l'c... Avant de cracher tes poumons, on va te présenter un tube à essai. Juré, craché c'est la nouvelle méthode !

Tu dois être en alerte, guetter le moindre signe, le virus risque de te faire passer le goût du pain. Alors, applique les triptyques de la stratégie : Tester-Tracer- Isoler puis Tester-alerter-protéger, c'est la solution provisoire et in fine, la solution con-finé !

Sans conteste, tu es un patient Covid en puissance. Alors c'est ta patience à attendre au laboratoire et ton obéissance aux mesures qu'on teste inlassablement. Garde l'espoir ! Vive le retour des jours heureux ! Tout ira mieux demain ! Tout va rouvrir ! Quand ? En mars, puis en avril, puis en mai ou en juin. Plus l'épidémie avance plus le calendrier recule !

Mes chers compatriotes, nous vaincrons ! Grâce à vous, le pays va s'en sortir... Ce sera, à l'été 2O21 et ainsi de suite durant l'année... La suite ? Au prochain numéro ! En attendant, c'est toi qu'on suit à la trace et qu'on isole chez toi, en quarantaine. Tu es pisté alors fais-toi dépister ou pratique l'autotest.

Au quotidien, tu commerces déjà avec le virus alors, contente-toi de l'essentiel ! Sois rassuré, tu peux encore t'acheter un entonnoir, c'est officiellement un produit de première nécessité ! Les médias te gavent comme une oie de statistiques comparatives et t'entubent de prévisions alarmistes.

Ne cherche pas à comprendre. Souvent virus varie, bien fol est qui s'y fie ! L'ennemi avance masqué, adapte-toi vite aux mesures chirurgicales adaptées : des pseudo confinements locaux avec certaines mesures généralisées au pays. Il n'y a pas de logique sanitaire mais il existe, sous-jacente une bonne logique économique !

Cher con-citoyen, il faut être solidaire et se serrer les coudes. Ainsi, tu peux t'entasser dans les transports en commun pour aller au taf mais pas dans les musées, les théâtres, les salles de concert et les églises où l'on sanctifie la distanciation physique. Mets ta vie sociale et culturelle entre parenthèses. Renonce à ton plaisir ! Pas de convivialité ni de culture ! Fais-toi ton propre cinéma ! Les films à passer et repasser, c'est "Le jour le plus long", La crise" ou "Le sale air de la peur."

Attention aux brassages avec des cas contacts ! Il vaut mieux être seul que mal accompagné par un faux négatif ! Comme la gouvernance du pays est à la six-quatre-deux, tu ne dois pas tenir de réunion à plus de six, chien, chat et canari non compris ! Tant pis pour les petits gueuletons des familles nombreuses. Vive les BBQ et les pique-nique à la couche d'ozone !...

Tu vois déjà la Cène ! Doux Jésus ! Pas plus de six à table, ça porte malheur ! Finie la belle vie, tu peux faire une croix dessus ! Ce n'est qu'un mauvais Passage à passer. Si tu ne veux pas rester confiné, il faut savoir ressusciter ! Il ne suffit pas de paraître, il faut réapparaître. Si tu ne crois pas en Dieu, il te reste le père Noël !

Pour ralentir la course du virus, il est obligatoire de télétravailler ou de strictement garder ses distances dans l'entreprise. Pourtant, au déjeuner, on entasse tes mômes dans les cantines et on instruit les ados dans des classes de lycée à plus de trente. Ceux qui regardent l'école de loin et sèchent les cours sont déjà dans le distanciel !

Ronge ton stylo et mange ton chapeau ! Si tu mets le nez dehors, ne jette pas le masque et ne t'éloigne pas de chez toi. Exerce ton droit de retrait afin de reporter pour la troisième fois tes réservations de vacances. Tu n'as pas pas besoin d'aller aux Contamines Montjoie pour te contaminer.

Tu n'es pas confiné pour la troisième fois, on a simplement adapté les mesures de restrictions. A part les banlieues qui s'échauffent et les gilets jaunes chauds bouillants, toi, tu n'as plus la flamme. Ça tombe bien ! Tu dois déjà rentrer. C'est l'heure du couvre-feu, à moins que tu ne doives promener Médor pour les besoins de la cause !

Ne va surtout pas penser que là-haut, ils sont perchés et piqués. Ils sont majeurs et vaccinés aux ravages de l'emballement épidémique. Eux cherchent des mesures de freinage. Ce qu'ils veulent, c'est que tu sois piqué au vif et vacciné après avoir dansé devant le congélo ou le frigo. Tu espères  en avoir pleinement ta dose et même une double dose, jusqu'à la dernière goutte ! Astra Zeneca, c'est comme Orangina. Secouez-moi ! Secouez-moi !

Ce qui tendrait à nous mettre en confiance, c'est la constance officielle. Nos gouvernants restent royaux dans leurs paradoxes comme depuis le début de la crise. Moins il y a de vaccins livrés et disponibles, plus ils augmentent les vaccinateurs et les centres de vaccinations... N'aie pas peur, tu as de la veine, les vaccins sont tous bons pour toi ! Ne va pas nous faire un coup de sang !

La politique est à la va comme je te pousse. Je te le dis ami ! Après la chanson de l'entonnoir, prépare-toi à entonner la nouvelle chanson, celle du suppositoire. Car, après t'avoir promis le bout du tunnel, on te pousse au noir, profondément au désespoir.

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