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Sans début ni fin du monde ! 2/2

Publié le par modimodi

Dans un monde énigmatique, sans début ni fin, l'illusion suprême ose toutes les élucubrations... Plus d'ascendance ni de descendance, l'Homme n'a ainsi plus de naissance ou de mort, plus de généalogie, de lignée et de filiation.

Content de lui, il peut dormir comme une souche. Ô ma vieille branche, il n'y a plus de singe dans l'arbre généalogique et plus de berceau de l'humanité. Plus de natif ou d'orphelin, de question récurrente : qui de l’œuf et de la poule ?

Dans cette alternative conceptuelle et subjective, tout est concevable ou absurde, symbolique ou ésotérique. S'il n'y a plus de source sûre, il n'y a plus de retour aux sources. Sans racines et sans germes, nous ne devrions plus jamais avoir peur de nous planter.

Plus d'actions à justifier, plus de motifs, que des prétextes ! Plus de mobiles, le crime serait toujours parfait ! La justice peut rester aveugle ! Pas le plus petit début de preuve, dans un tribunal sans ouverture de séance, ni clôture de dossiers. Des problèmes toujours sans solutions !

Chacun à l'instar d'un démiurge est le métaphysicien créationniste qui lui convient. Chacun est à lui-même son propre monde, c'est en lui que se fonde le sens inhérent de sa propre vie et sa raison d'exister. Selon chacun, l'horizon sans limites est ainsi plus ou moins ouvert et dégagé, ou bouché et borné. Il le découvre en avançant quand la ligne recule au fur et à mesure qu'il progresse.

Ainsi découvre-t-il l'altérité en découvrant qu'il n'est pas seul. L'autre, son frère ou son ennemi est semblable à lui. Sa rencontre est un choc, qui produit opposition ou association, harmonisation en vue d'union et d'unité, effusion, fusion ou confusion en fonction de leur atomes plus ou moins crochus et à condition que l'autre ne se prenne pas en plus pour le nombril du monde.

Mais la vie viendra bien assez tôt leur rappeler qu'ils ne sont l'un et l'autre qu'un point perdu sur le globe terrestre et une poussière d'étoile, filante vers l'inconnu jusqu'à son point final. Il n'y a que Monsieur Univers ou Miss Monde pour croire à l'éphémère de l'instant et à l'infini de la durée dans un monde pailleté.

Jusqu'à présent, personne n'a pu vivre sans la certitude d'un début et d'un terme. Si le monde garde l'énigme du commencement et de sa fin, l'Homme s'inscrit forcément dans l'intervalle de sa naissance et de sa mort. Les joies et les peines, les événements et leurs célébrations l'inscrivent de dates en dates dans une histoire de vie.

Si le monde est un mystère, lui ne l'est pas, il est programmé. Il ne lui reste qu'à négocier sa vie durant les incertitudes du destin. Ces repères temporels douloureux ou festifs bornent sa raison et lui permettent d'échapper à un désespoir d'aberration voire de folie.

Finalement, il nous faudrait donc savoir vivre dans le présent, sans avenir ni passé ! Mais si nous y réfléchissons, le constat apparaît impossible ! Sans une étude géologique avérée des cœurs de pierre, il y a toujours un début et une fin à tout, à la vie comme à l'amour !

Si le monde est en expansion, l'amour l'est aussi. Il trouve toujours l'espace qui lui convient et repousse à l'infini les limites de chacun, lui faisant trouver des possibilités insoupçonnées.

"Mais toi, t'es le dernier, Mais toi, t'es le premier ! Avant toi, y'avait rien, Avec toi, je suis bien !" (A quoi ça sert l'amour, Édith Piaf). C'est ainsi, que l'émotion aide à vivre sans penser que les meilleures choses ont une fin. Car allez savoir pourquoi, sans raison et sans but, "les histoires d'amour finissent mal en général"... surtout quand elles sont, sans queue ni tête...

... Comme ce texte, qui raisonne par l'absurde, qui se présente à vous sans limite et qui est donc sans épilogue, ni point final ! En définitive, c'est au lecteur de l'achever ou de m'achever ! Par principe, son immense talent est soit indéfini, soit illimité, il est donc l'ultime recours à toutes ces idées, sans début ni fin !

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