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Nevermore 3/5

Publié le par modimodi

... Toi, mon amour, amie, amante, tu voudrais dans la distance, raviver les souffles. Mais perpétuer ce que tu as vu ou entendu n'aboutit qu'à entremêler les images. Tes généralités et tes principes sont des verbiages et des mensonges que tu répètes devant le miroir infidèle de ta mémoire. Tu t'y confies mais ta réflexion s'est encore évadée. Tes jugements, leurs mobiles, tes mœurs, leurs aphorismes sont des tarots avec lesquels tu fais tes dernières réussites.

" Souviens-toi que le temps est un joueur avide

Qui gagne sans tricher, à tout coup, c'est la loi. " (Horloge. C Baudelaire)

Nouée au fil de la parole, tu penses encore au passé qui survit dans le présent. Sitôt que tu te rappelles tes anecdotes, que tu évoques les péripéties de ton odyssée du cœur, tu es contrainte au choix du souvenir. Suivant tes humeurs, elles sont tribulations ou glorieuse épopée ! Tu es comme Don Quichotte, chevalier à la lance ! Tu veux piquer ton rêve envolé sur l'aile d'un moulin à vent ! Tu prends les ombres de tes pensées pour des géants ! Volage est ta destinée, infidèle la chimère de ta mémoire... Ô Dulcinea !

Dans les trous de ta mémoire, dans les creux de la houle de tes récits mouvants, laisse-toi embarquer vers des soleils radieux à jamais convoqués. Qu'importe le naufrage et les rêves brisés ! Plonge jusqu'au firmament des étoiles de mer et bois le bleu, le vert des constellations marines.

" Mon beau navire, ô ma mémoire

Avons-nous assez navigué

Dans une onde mauvaise à boire

Avons-nous assez divagué

De la belle aube au triste soir " (La chanson du mal aimé. Guillaume Apollinaire)

Ta tête est un bateau aux cales pleines d'entrevues étranges et passionnées, d'urgences et de complicités. Tu as tant bourlingué, tant couru de folles aventures ! Aujourd'hui tu passes dans les ressacs et les remous d'un temps immémorial. Tu n'as pas naufragé, tu as ramené des balles d'images cotonneuses et du chanvre pour les lier. Ton cœur est assez grand pour y mettre dedans tes patiences et tes nuits, tes absences déchirées aux ronces du temps et tes sanglots brisés aux rochers découverts, d'écume frissonnant.

" Au cœur, les souvenirs pleurent confusément" (Nocturne. Henri Régnier)

Tu ne voudrais pas disparaître comme la côte dans la brume. Tu ne voudrais pas te perdre dans les formules embrouillées d'autrefois. Tes anciennes allégations sont des trésors que tu enfermes, dans les malles de ton histoire, à double tour, pour échapper au temps. Tes représentations sont des coffres pleins et cadenassés. Tu leur as donné des combinaisons secrètes. Tes bagages gardent, dans la poussière, les épisodes de ta vie. Il ne faudrait pas perdre la clé des songes endormis.

"Les souvenirs, ce sont des chambres sans serrure

Des chambres vides où l'on n'ose plus entrer...

Parce qu'on est si vieux... on ne se souvient guère...

Pourtant je sens en moi se fermer des paupières ; " (Les souvenirs. Henri Bataille)

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Aucun piège 1/3

Publié le par modimodi

Je n'ai plus de sommeil,

Ô la nuit, l'interminable nuit !

Je n'ai plus de réveil,

Ô solitude d'un rêve abandonné !

 

Je reste là, les yeux ouverts,

Veilleur d'attentes incertaines.

Mes souvenirs ruissellent

Comme larmes de pluie,

Sur nos chemins jonchés

De pas à la dérive.

 

Des voix montent en ma tête.

Je me souviens de tout :

Des rumeurs d'autrefois,

Ce face-à-face, Strasbourg-Paris,

Trois heures terribles et inhumaines !

 

Paroles perdues dans les roulis,

Éclats brisés de nos vies

Dans le tourment des roues…

Tout dire en quelques mots

Et regarder plus loin,

Que le vent de la plaine,

Oser croire possible

La sève sous la neige.

 

Et regarder plus loin,

Au-delà de nous-mêmes,

Dans la douleur mêlée

Aux rires clairs de la fête,

Dans le tintement des voix,

Échappées des fumées.

 

Nous retirer en nous.

Dans la cire de nos cœurs,

Graver en frissonnant

Le chant d'or du silence.

Balbutier, frémissants,

Des aveux impatients,

Forger aux feux naissants,

Nos toutes premières chaînes,

En criant liberté,

À nos peurs et désirs…

 

Au fond, je ne veux rien

Que d'être près de toi.

Aucun piège pour te retenir !

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Paroles! Paroles!

Publié le par modimodi

Gloire aux naïfs, qui croient tout sur parole! Moi, je fais encore mieux! Dans le silence glacé des nuits de décembre, je crois en ma bonne étoile et j'apprends aux enfants à croire au Père Noël! Car, dans son silence éloquent, c'est lui le premier fidèle et le dernier homme de parole! C'est lui, le p'tit Papa Noël, droit dans ses bottes, exact au rendez-vous promis du 25 décembre. Ce héros d'une histoire millénaire et sans paroles ne me déçoit jamais!

Gloire à la parole donnée et surtout tenue! Dans notre petit monde surmédiatisé, la parole s'affiche et se proclame, main sur le cœur, dans des accents grandiloquents de sincérité. Aux grands maux, les petits mots et les remèdes à la petite semaine! Serments d'hypocrites!...

Paroles! Paroles! Mieux vaudrait être sourd ou parler de la pluie et du beau temps à un mur! Paroles, paroles de politiciens, bonimenteurs! Professions de foi de mauvais apôtres! Au pays de promesses des beaux parleurs qui nous payent de belles paroles, on finit toujours par mourir de faim! Quand on escompte, on décompte, même les voix des électeurs déçus!

Gloire à l'éloquence, mais pas à la logorrhée! Les débiles verbeux de la publicité nous font du verbiage, en racolage. Ce ne sont plus des paroles mais des slogans en boucles et accroche-cœur pour mieux friser le ridicule! Avec eux, la nouveauté coule de sources jamais taries. Leurs raisonnements se noient dans des flux de paroles oiseuses et des flots de pensées vaseuses! La logomachie apporte à grand débit, les mots à l'eau des moulins à parole! Le grand bonheur n'est pourtant pas un cliché, une utopie de lieu commun, une formule truquée, un stéréotype atypique!

Gloire aux merveilleux mots d'amour des partis politiques! Vive la rose au poing et les godillots pour pied droit! Aujourd'hui, on s'aime. Le lendemain, on se déteste! Ça ne vaut sûrement pas la peine d'en parler mais quand même, parlons-en! Les exemples historiques ou actuels de 2014 s'offrent au plus offrant...Joutes oratoires, discours trompeurs, démentis solennels! De couillonnades en fillonnades, on se trahit! On jure, on se parjure! On se maudit et l'on médit! L'heure est à l'émeute militante, pas à la fête du 14 juillet, plutôt aux trois Glorieuses! Après la monarchie de Juillet, l'anarchie de Jouyet!

Gloire aux paroles amies! Mais gare aux paroles de quelques vieux chameliers, à la bosse politicarde, qui déblatèrent sur vous! Car voilà aussitôt, votre traversée du désert assurée! Menaces voilées, attaques perfides d'allusions, critiques ironiques et cruelles, dénigrements fielleux, fausses déclarations et la méchante parole se colporte, d'oasis en oued asséché. Lentement mais sûrement, au pas des caravanes de chameaux assoiffés, elle chemine, à la recherche du moindre marigot! Paroles de langue d'aspic des djebels et morsure de vipère des sables mouvants, piqûres de scorpions, griffes d'escogriffe et vous voilà, raide et fichu comme l'as de pique, bleu comme un touareg!

Gloire à la parole d'honneur! Pour vanter les qualités émérites de l'homme providentiel, on parle d'abondance, puis après, on lui met des cornes! Trop parler nuit quand le silence est d'or! Le politique qui parle pour ne rien dire ne brille pas, il est pesant et souvent parle moins d'or que d'ordure! Dans ce milieu, il n'y a pas de parole d'honneur qui tienne! Quand on n'en a pas ou si mal placé, on peut d'ailleurs y mettre un poing ou un doigt d'honneur! Alors, de partout et allègrement, on s’époumone à souffler dans les bronches du revenant! On sarko-phage mais l'ami de trente ans sera pendu, au croc de boucher!

Gloire à la parole mémorisée, faute d'être mémorable! Mais gare aux mouchards, cachés dans le Buisson, gaffe aux fripouilles de la magouille! Honte aux moutons noirs, aux taupes, aux faux amis, maîtres chanteurs, qui enregistrent votre parole donnée pour en faire scandaleusement une parole rendue! Une parole vendue, devrait-on plutôt dire! Détournée du contexte, elle s'interprète! La parole la plus banale et la plus libre devient incongrue et choquante! Temps perdu pour la victime, offerte en sacrifice sur l'autel de la calomnie médiatique! La parole légitime n'est plus qu'à la défense. Elle est alors d'argent pour faire valoir raison et surtout d'argent comptant pour journalistes d'investigation et avocats!

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Mystères

Publié le par modimodi

Est-ce parce qu'il est commode, que l'amour console et meuble la vie des bergères et des coiffeuses?

Chez l'étalon, qu'est-ce qu'on mesure?

L'amour avec une oie, vous laisse t-il déconfit?

S'est-il fait doubler au croisement, celui qui a eu des jumeaux?

A force de s'accoupler, connaît-on la chanson de l'amour au point d'en reprendre les refrains?

Si l'amour est une loterie, ne devrait-on pas avoir une chance d'éviter l'infortune conjugale?

Est-ce pour ne pas perdre contenance, que les sots épousent des cruches?

Si dans la vie, les tête-à-tête sont souvent sans queue ni tête, en amour, comment sont les tête-à-queue?

Pour porter la culotte, faut-il avoir la corde raide?

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Nevermore 2/5

Publié le par modimodi

Sous la férule, j'ai su sur le bout des doigts, les sous-préfectures, les empereurs romains mais peu à peu, tout s'enfuit et tout s'efface, au bout de mon âge.

Pouce, je passe ! Ma voix hésite : " Arma Virumque Cano " J'ai appris ces innombrables vers de l'Enéide et j'aime encore la musique poétique et le souffle de Virgile !

Mais sitôt arrivés, les souvenirs s'enfuient à nouveau, dans des sillages oublieux, des bribes de mots musicaux ! Du chœur à mon cœur, résonne un plain-chant de voix éteintes.

De roulades en roulades, mon cerveau aubade ou rémoulade et ma tête tourne boule. Foucades et toquades ! Mes idées retrouvent la fantaisie pour aussi vite en leurs caprices, perdre le Nord :

" Je ne sais plus quand, je ne sais plus où,

Maître Yvon soufflait dans son biniou. " (Victor Hugo, Choses du soir. La Lune)

Ma logique déraille, sa boussole est folle, mes pensées s'effeuillent. Automne et hiver marchandent les saisons de mes amourettes scolaires. Toi, moi, Paul Géraldi : Toi et moi...

" Je songe à nos mauvais adieux.

Nos souvenirs sont dans tes yeux

Que la fraîcheur du jour étonne...

Ah ! les violettes d'automne ! " (Violettes d'automne. René Vivien)

Et tous ces mots écrits sur les pages de nos cahiers et de nos carnets. Mémo, tous mes mots, mes maux dits : m'aime, ô dis... Mais maudis tous mes amours et mes maudits mots d'amour, tous ces mots que je t'ai dits ! Toi, le poète ! Aux oubliettes !

" Alors , ô ma beauté ! dites à la vermine

Qui vous mangera de baisers,

Que j'ai gardé la forme et l'essence divine

De mes amours décomposés ! " (Une Charogne. Charles Baudelaire)

Maîtresses d'école et mémoires d'un âne... amoureuse muette au troisième rang et mémoires d'une fille toujours trop bien rangée.... ô raison funèbre et mémoires d'outre-tombe... nos morts, no more... mes morts, memor et mémorial !

" Un coeur tendre , qui hait le néant vaste et noir,

Du passé lumineux recueille tout vestige !

Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige...

Ton souvenir en moi, luit comme un ostensoir! " (Harmonie du soir. C Baudelaire)

...Toi aussi, amour, amie, amante, tu es comme Mnémosyne! Tu ressuscites des cris, des idées, des actes, mais es-tu sûre de les avoir vécus ? Ta mémoire fidèle est sans doute trop capricieuse pour restituer l'exactitude de tes conduites. Pourquoi t'épuiser à les renouer ? Est-ce pour te réconcilier dans leurs liaisons ou t'enchaîner à tes habitudes ? Dans les silences de la réminiscence, il n'y a pas de désaccord parfait...

" Mais où sont les neiges d'antan ? " (Ballade des dames du temps jadis. François Villon.)

L'enfance que tu as préservée, te laisse en éveil. Elle murmure en toi, enchante tes lointains. Elle chante dans ta langue mais les jadis et les naguère la fragmentent d'oublis. Tes opinons d'antan sont un puzzle assemblé d'émotions. Pour les fixer à jamais, il faudrait être hermétique et froid, mais le cœur souffle sur les cendres.

" Mon cœur a plus de feu que vous n'avez de cendre !

Mon cœur a plus d'amour que vous n'avez d'oubli !"

(Puisque j'ai mis ma lèvre à ta coupe encore pleine. V Hugo)

" Et, comme un tas de cendre éteinte et refroidie,

L'amas des souvenirs se disperse à tout vent. " (Tristesse d'Olympio. V Hugo)

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Méprise 4/4

Publié le par archibald_06

Tombée comme un ange,

Au milieu des anges,

Pourquoi m'es-tu advenue,

Quand je ne t'attendais plus ?

 

Je t'attendais,

Je t'appelais,

Je te guettais,

Je t'espérais,

À bout de colère et de haine,

À bout de vie et d'espoir,

À bout d'espace et de mots,

À bout d'ivresse et de mémoire.

 

Tu es venue enfin !

Étoile de sang

De mon cœur éclaté comme un fruit,

Grenade aux mille plaisirs !

Tu es venue enfin!

Gouttes de miel,

Pluie de soleil,

Flammes du soir,

Sur ma première larme,

Comme une ride de lumière.

 

Je t'ai nommée, amour,

Ivresse, moisson et nuage de soie,

Je t'ai nommée, frissons,

Rose, rosaire et rosace,

Espérance et lumière,

Azur et plein-ciel de ma joie.

 

Tu m'as offert l'inaccessible,

L'aube impossible,

L'enchantement d'un jour nouveau

À l'horizon blanc de mon rêve !

J'ai cueilli fleur et fruit,

Désirs de vivre et de mourir.

J'ai pris ton pas,

Chemin d'étoiles,

Cœur infini !

 

Abandonné sous tes caresses,

Je t'ai qualifiée de maîtresse.

Je t'ai créée, ô émotion,

Vertige, émoi, mots pétrifiés,

Onde feu de ma poésie!

Je t'ai accusée, ô traîtresse,

Plume de liège et de satin

De voler mon inspiration,

 

Aujourd'hui, ma raison s'envole,

Ma sagesse est devenue folle!

Je peux croire à tes promesses,

Tu m'enlaces dans leurs corolles.

Tu y graves mes cris, mes paroles.

 

La vie n'est pas une méprise !

Je ne crains plus les absolus,

J'ai le bonheur en franchise.

Je vais écrire sur la nue,

Enfin, tu m'es advenue !

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Le grand cirque

Publié le par modimodi

La mode vient des Etats Unis, du cœur de la Californie ! Phénomène de mode du mois de novembre 2014 ? Du Nord au Sud, les clowns attaquent notre pays. Ils menacent et ils effraient le quidam et les vieilles dames. Ils ne donnent pas le spectacle, ils créent le désordre. La peur a pris la place du rêve.

Qu'est-ce que c'est que ce cirque ? La psychose s'installe sur les gradins. Les médias ont tendu leur grand chapiteau. Les guignols de l'info enquêtent et commentent. La grimace est de circonstance ! Le comique a fait place au tragique.

La télé fait son grand circus ! L'agitation médiatique et clownesque s'est emparée du spectateur. Elle rend compte du grotesque de la situation, dans une mascarade de réprobations. Place à l'exagération, au sensationnel et à l'inédit! Ce sont dans l'émotion et le mauvais imaginaire, les nouveaux contes de grim', âge de glace et d'effroi.

L'auguste ne fait plus rire les petits et les grands. Il ne s'appelle plus Patoche le sympatoche mais Pétoche le sale moche, qui fait peur aux mioches ! Son nez rouge allume et enflamme le fantasme de la frousse, à l'intérieur de la citrouille. Drôle de façon de fêter Halloween !

Autrefois, le clown apportait le burlesque et la joie. Il illuminait la piste et écarquillait nos yeux de son habit de lumière chatoyante. Aujourd'hui, dans une vilaine pitrerie, il renverse les codes et casse le miroir de nos représentations. Il détourne l'image enfantine de la joie. Il la transforme en une peur malsaine. Il glace le rire et pétrifie ! Sa farce malintentionnée inquiète et terrorise.

La peur du loup de nos contes de fée, des monstres de nos mythes et légendes, est évidemment une peur créée et voulue. Dans le cas présent et de la même manière, le clown délinquant joue volontairement sur nos croyances. Il détruit la figure traditionnelle du clown triste ou gai pour nous effrayer, par un comportement différent, étrange et menaçant. Il joue avec toute l’ambiguïté de notre imaginaire et les troubles de notre passage à l'âge adulte. Il ressuscite, notre angoisse, nos phobies et nos cauchemars. Nous perdons la maîtrise de nous-mêmes.

Le cirque a quitté son arène et sa piste étoilée. Il est dans la rue, sous la lumière pâle des réverbères. Les ombres fardées, criardes et armées surgissent de la nuit. La crainte sous le masque, le danger et la terreur s'installent dans la violence urbaine. La paranoïa nous guette et avive le prétexte des milices

Stephen King a employé le même ressort pour jouer avec notre angoisse, dans un de ses films : " Çà-il est revenu. " La poupée Chucky, possédée par l'esprit d'un tueur en série, use du même procédé. Le jouet s'anime et la gentille devient méchante et diabolique. Saw et plus récemment, Annabelle donnent ainsi le frisson et la panique. Le normal se dérègle et tout devient anormal ou paranormal.

Un seul but poursuivi : épouvanter, paniquer et réveiller les peurs ancestrales ou nocturnes de notre enfance pour créer le traumatisme des petits et des grands. Car, depuis toujours, les morts vivants marchent avec les zombies. Pour le paradis promis, les morts doivent aussi ressusciter ! Perspective biblique apocalyptique !

Dans notre quotidien, dans l'arène politique, sans avoir besoin de se déguiser, quelques clowns font le cirque et tentent en mauvais saltimbanques, d'amuser la galerie. Ils effraient par leur incompétence et font rire avec leurs promesses.

Riez, jaune sans doute ! Guignol donne du bâton et Paillasse, sans rire, nous y met.  La paille oui, mais plus de grain ! A la cour des miracles économiques, le bouffon a un talent fou pour réjouir d'une clownerie, le roi Shrek. Avec moins de génie que C. Chaplin, tous ces marioles font le Charlot ! Pour faire le Zouave, il leur suffit d'attendre la nouvelle crue du pays qui prend l'eau. Il nous sera difficile de garder les pieds au sec !

Y'a des jours, j'ai la frousse ! Je voudrais avoir des talents de prestidigitateur pour faire disparaître ces illusionnistes, être dresseur pour faire danser ces éléphants, dompteur pour ces tigres de papier, aux dents longues, jongleur pour casser les assiettes de l'impôt et fakir pour les faire tous, monter sur ma planche. Ce serait un chouette clou du spectacle !

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Boules de comme

Publié le par modimodi

Les femmes, c'est comme les étages, on les grimpe ou les escalade, tour à tour.

L'homme, c'est comme le décret, il entre en vigueur et tombe en désuétude.

La mort, c'est comme l'impôt, ça vous grève et on en crève d'en n'être pas revenu.

L'amour, c'est comme l'autruche, ça (il) vous prend à l'estomac, on avale tout et on court, on court, avant de finir aux plumes.

La vie, c'est comme le café, on broie du noir avant de boire la tasse. Ceux qui ont du bol, se sucrent.

La femme, c'est comme la violette, modeste, simple et parfois double.

La mort, c'est comme la glace, un ice crime.

L'amour, c'est comme les découvertes mais, mon Colomb, c'est pas toujours l'Amérique!

Le sexe, c'est comme l'aéromodélisme, les modèles réduits cherchent à s'envoyer en l'air.

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Nevermore 1/5

Publié le par modimodi

" Souvenir, souvenir, que me veux-tu... ? " dit, Paul Verlaine dans Nevermore.

Comment retenir le temps qui passe et ne rien perdre, à l'automne de sa vie ou de ses amours ? Peut-on tout conserver, nos expériences, nos pensées et nos illusions, jusqu'à croire que nous pouvons tout imprimer sur le disque dur de notre mémoire et tout stocker dans notre énigmatique boîte noire ?

Faute d'esprit capable d'une telle prouesse, nous nous en tenons à la lettre. Quelque note à benêt, prise au pied de la lettre, renvoie ainsi l'homme à son origine. De pense-bête en aide-mémoire, il est défini homo sapiens, animal pensant ou donnant, laissant à penser. Mais il a beau s'en préoccuper, il ne sait pas absorber toute l'information. Il a déchiffré toute sa carte du génome, mais pas encore sa fourmillante carte neuronale.

Il pourrait lancer, comme le poète à La Petite Jehanne De France,

" A quoi bon me documenter

Je m'abandonne

Aux sursauts de ma mémoire. " (Prose du transsibérien. Blaise Cendrars)

Mais il ne veut pas renoncer, il veut connaître le grand big bang et pas le grand big bug ! Alors, il passe allègrement de l'ordinaire à l'ordinateur. A la table des matières, le programme affiche aux méninges, son menu. Tous ses souvenirs sont sur la carte : mémoire ! Ne lui cherchez plus des poux dans la tête puisqu'il cherche des puces à l'oreille ou dans sa mémoire.

Oubliés les jeux antiques, aujourd'hui, le discobole lance le disque dur. Robotique, télématique, informatique sont les faits de l'histoire en tiques. La nouvelle religion a son cantique du Quantique.

Pas d'oublis ni d'omissions ! Rien ne se perd, tout se crée et reste secret. Il n'y a plus de mémoire courte. Elle s'affiche à l'écran. Le monde est son mémento. Chacun est un code d'accès, prototype de l'espèce numen. La carte du tendre est perforée, l'amour y a fait son trou. L'homme peut encore perdre ses dents et des occasions de se taire mais il ne peut plus perdre ses souvenirs !

S'adapter pour la forme ou prendre le temps de mourir ! Sur la touche, escape ! Répéter ou être effacé, sans recommencer, répliquer ou dupliquer et pouvoir faire une dernière reset à la vie ! Et ce, sans trêve, sans espace et sans pause, voilà notre humaine condition ! ...

" Et pourtant, j'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans. "

J'ai souvent l'humeur du Spleen, de Charles Baudelaire. Et la vie me surprend souvent, pensif, flottant dans le nuage ouaté de la mélancolie. Parfois pourtant, au hasard des circonstances et des rencontres, chez le poète et moi :

" Un vieux souvenir sonne à plein souffle du cor ! " ( Le cygne.)

...Amie, amour, amante ! Hasard ou bazar !... Quand je veux t'évoquer, voilà que ma mémoire sonne l'hallali... Dans un sursaut de vie, un son, un cri, un souffle éveillent en moi, ta présence aux abois ! Alors, je n'ai plus peur de t'oublier. Tu as laissé ta trace. Tu t'es imprimée dans mes mots et mes textes avec tous les errants, croisés en mes parcours de vie et de chances d'aimer. Ô vous, phrases jetées, vous, visages entrevus, pourquoi m'êtes-vous rendus ?

" Les souvenirs sont cors de chasse

Dont meurt le bruit parmi le vent " (Alcools) G Apollinaire.

Fourbus et traqués, pourquoi m'êtes vous revenus ? Faut-il marcher, piétiner ou courir après les heures à jamais envolées ? Il me souvient, t-en souviens-tu ?...

" Le temps s'en va, ma Dame, las le temps ! non, mais nous nous en allons. "

Fuite du temps, des "Amours de Marie", je suis à toi, comme ce tendre Ronsard !

Oublieux depuis tout petit, ma tête est un promenoir, pour idées en balade. Je déambule sans cesse, parmi les ombres en désordre, pantins désarticulés, agités, sautillants et pressés. Prévert m'a reconnu, je suis "le cancre", l'oublieux aux mille rappels à l'ordre:

" Répétez, dit le maître "

A l'école, il m'a fallu apprendre et réciter par cœur. Aujourd'hui, l'infarctus me guette, je ne retiens plus que par mon cœur! Holà, esprit es-tu las ? Te tiens-tu près du ruisseau ou de sa source ? Reposeras-tu comme A de Lamartine, dans ce "Vallon", dernier asile de "lumière et d'ombrage" ?

" J'ai trop vu, trop senti, trop aimé dans ma vie ;

Je viens chercher vivant le calme du Léthé.

Beaux lieux, soyez pour moi ces bords où l'on oublie :

L'oubli seul désormais est ma félicité "

Sûrement le privilège et le caprice du poète ! Mais peut-on vraiment être et avoir Léthé !

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Méprise 3/4

Publié le par modimodi

Je t'espérais,

Comme le pain, le vin et la fleur du prunier.

Je t'espérais,

Comme le feu, au cœur éclaté du silex.

Je t'espérais,

Comme un parfum oublié au creux de l'épaule.

Je t'espérais,

Comme un bateau dans le port de mes bras.

 

Tu es venue,

Couverte d'algues et de coraux,

Nacrée de sel et d'écume

Sur une mer de silence.

Tu es venue,

Voiles sans vent,

Ailes d'ange de ma nuit,

Te poser sur mon cœur.

 

Si la vie n'est qu'une méprise,

Pourquoi m'es-tu advenue ?

 

J'ai si souvent trompé mes certitudes

Dans les larmes des hommes,

J'ai si souvent brûlé

La lampe blanche de l'insomnie,

Tant compté de journées,

Sans neiges, ni moisson.

Tant ouvert de chemins,

D'impasses mouillées de pluie.

 

Si la vie n'est qu'une méprise,

Pourquoi m'es-tu advenue ?

 

Tu as tant baigné d'oiseaux,

Dans le fleuve de tes cheveux,

Tu as tant tenu de ruisseaux,

Entre les pièges de tes doigts,

Tant offert de colliers d'écume,

Aux galets brûlants de l'été.

 

Si la vie n'est qu'une méprise,

Pourquoi m'es-tu advenue ?

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