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Aucun piège 1/3

Publié le par modimodi

Je n'ai plus de sommeil,

Ô la nuit, l'interminable nuit !

Je n'ai plus de réveil,

Ô solitude d'un rêve abandonné !

 

Je reste là, les yeux ouverts,

Veilleur d'attentes incertaines.

Mes souvenirs ruissellent

Comme larmes de pluie,

Sur nos chemins jonchés

De pas à la dérive.

 

Des voix montent en ma tête.

Je me souviens de tout :

Des rumeurs d'autrefois,

Ce face-à-face, Strasbourg-Paris,

Trois heures terribles et inhumaines !

 

Paroles perdues dans les roulis,

Éclats brisés de nos vies

Dans le tourment des roues…

Tout dire en quelques mots

Et regarder plus loin,

Que le vent de la plaine,

Oser croire possible

La sève sous la neige.

 

Et regarder plus loin,

Au-delà de nous-mêmes,

Dans la douleur mêlée

Aux rires clairs de la fête,

Dans le tintement des voix,

Échappées des fumées.

 

Nous retirer en nous.

Dans la cire de nos cœurs,

Graver en frissonnant

Le chant d'or du silence.

Balbutier, frémissants,

Des aveux impatients,

Forger aux feux naissants,

Nos toutes premières chaînes,

En criant liberté,

À nos peurs et désirs…

 

Au fond, je ne veux rien

Que d'être près de toi.

Aucun piège pour te retenir !

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Paroles! Paroles!

Publié le par modimodi

Gloire aux naïfs, qui croient tout sur parole! Moi, je fais encore mieux! Dans le silence glacé des nuits de décembre, je crois en ma bonne étoile et j'apprends aux enfants à croire au Père Noël! Car, dans son silence éloquent, c'est lui le premier fidèle et le dernier homme de parole! C'est lui, le p'tit Papa Noël, droit dans ses bottes, exact au rendez-vous promis du 25 décembre. Ce héros d'une histoire millénaire et sans paroles ne me déçoit jamais!

Gloire à la parole donnée et surtout tenue! Dans notre petit monde surmédiatisé, la parole s'affiche et se proclame, main sur le cœur, dans des accents grandiloquents de sincérité. Aux grands maux, les petits mots et les remèdes à la petite semaine! Serments d'hypocrites!...

Paroles! Paroles! Mieux vaudrait être sourd ou parler de la pluie et du beau temps à un mur! Paroles, paroles de politiciens, bonimenteurs! Professions de foi de mauvais apôtres! Au pays de promesses des beaux parleurs qui nous payent de belles paroles, on finit toujours par mourir de faim! Quand on escompte, on décompte, même les voix des électeurs déçus!

Gloire à l'éloquence, mais pas à la logorrhée! Les débiles verbeux de la publicité nous font du verbiage, en racolage. Ce ne sont plus des paroles mais des slogans en boucles et accroche-cœur pour mieux friser le ridicule! Avec eux, la nouveauté coule de sources jamais taries. Leurs raisonnements se noient dans des flux de paroles oiseuses et des flots de pensées vaseuses! La logomachie apporte à grand débit, les mots à l'eau des moulins à parole! Le grand bonheur n'est pourtant pas un cliché, une utopie de lieu commun, une formule truquée, un stéréotype atypique!

Gloire aux merveilleux mots d'amour des partis politiques! Vive la rose au poing et les godillots pour pied droit! Aujourd'hui, on s'aime. Le lendemain, on se déteste! Ça ne vaut sûrement pas la peine d'en parler mais quand même, parlons-en! Les exemples historiques ou actuels de 2014 s'offrent au plus offrant...Joutes oratoires, discours trompeurs, démentis solennels! De couillonnades en fillonnades, on se trahit! On jure, on se parjure! On se maudit et l'on médit! L'heure est à l'émeute militante, pas à la fête du 14 juillet, plutôt aux trois Glorieuses! Après la monarchie de Juillet, l'anarchie de Jouyet!

Gloire aux paroles amies! Mais gare aux paroles de quelques vieux chameliers, à la bosse politicarde, qui déblatèrent sur vous! Car voilà aussitôt, votre traversée du désert assurée! Menaces voilées, attaques perfides d'allusions, critiques ironiques et cruelles, dénigrements fielleux, fausses déclarations et la méchante parole se colporte, d'oasis en oued asséché. Lentement mais sûrement, au pas des caravanes de chameaux assoiffés, elle chemine, à la recherche du moindre marigot! Paroles de langue d'aspic des djebels et morsure de vipère des sables mouvants, piqûres de scorpions, griffes d'escogriffe et vous voilà, raide et fichu comme l'as de pique, bleu comme un touareg!

Gloire à la parole d'honneur! Pour vanter les qualités émérites de l'homme providentiel, on parle d'abondance, puis après, on lui met des cornes! Trop parler nuit quand le silence est d'or! Le politique qui parle pour ne rien dire ne brille pas, il est pesant et souvent parle moins d'or que d'ordure! Dans ce milieu, il n'y a pas de parole d'honneur qui tienne! Quand on n'en a pas ou si mal placé, on peut d'ailleurs y mettre un poing ou un doigt d'honneur! Alors, de partout et allègrement, on s’époumone à souffler dans les bronches du revenant! On sarko-phage mais l'ami de trente ans sera pendu, au croc de boucher!

Gloire à la parole mémorisée, faute d'être mémorable! Mais gare aux mouchards, cachés dans le Buisson, gaffe aux fripouilles de la magouille! Honte aux moutons noirs, aux taupes, aux faux amis, maîtres chanteurs, qui enregistrent votre parole donnée pour en faire scandaleusement une parole rendue! Une parole vendue, devrait-on plutôt dire! Détournée du contexte, elle s'interprète! La parole la plus banale et la plus libre devient incongrue et choquante! Temps perdu pour la victime, offerte en sacrifice sur l'autel de la calomnie médiatique! La parole légitime n'est plus qu'à la défense. Elle est alors d'argent pour faire valoir raison et surtout d'argent comptant pour journalistes d'investigation et avocats!

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Mystères

Publié le par modimodi

Est-ce parce qu'il est commode, que l'amour console et meuble la vie des bergères et des coiffeuses?

Chez l'étalon, qu'est-ce qu'on mesure?

L'amour avec une oie, vous laisse t-il déconfit?

S'est-il fait doubler au croisement, celui qui a eu des jumeaux?

A force de s'accoupler, connaît-on la chanson de l'amour au point d'en reprendre les refrains?

Si l'amour est une loterie, ne devrait-on pas avoir une chance d'éviter l'infortune conjugale?

Est-ce pour ne pas perdre contenance, que les sots épousent des cruches?

Si dans la vie, les tête-à-tête sont souvent sans queue ni tête, en amour, comment sont les tête-à-queue?

Pour porter la culotte, faut-il avoir la corde raide?

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Méprise 4/4

Publié le par archibald_06

Tombée comme un ange,

Au milieu des anges,

Pourquoi m'es-tu advenue,

Quand je ne t'attendais plus ?

 

Je t'attendais,

Je t'appelais,

Je te guettais,

Je t'espérais,

À bout de colère et de haine,

À bout de vie et d'espoir,

À bout d'espace et de mots,

À bout d'ivresse et de mémoire.

 

Tu es venue enfin !

Étoile de sang

De mon cœur éclaté comme un fruit,

Grenade aux mille plaisirs !

Tu es venue enfin!

Gouttes de miel,

Pluie de soleil,

Flammes du soir,

Sur ma première larme,

Comme une ride de lumière.

 

Je t'ai nommée, amour,

Ivresse, moisson et nuage de soie,

Je t'ai nommée, frissons,

Rose, rosaire et rosace,

Espérance et lumière,

Azur et plein-ciel de ma joie.

 

Tu m'as offert l'inaccessible,

L'aube impossible,

L'enchantement d'un jour nouveau

À l'horizon blanc de mon rêve !

J'ai cueilli fleur et fruit,

Désirs de vivre et de mourir.

J'ai pris ton pas,

Chemin d'étoiles,

Cœur infini !

 

Abandonné sous tes caresses,

Je t'ai qualifiée de maîtresse.

Je t'ai créée, ô émotion,

Vertige, émoi, mots pétrifiés,

Onde feu de ma poésie!

Je t'ai accusée, ô traîtresse,

Plume de liège et de satin

De voler mon inspiration,

 

Aujourd'hui, ma raison s'envole,

Ma sagesse est devenue folle!

Je peux croire à tes promesses,

Tu m'enlaces dans leurs corolles.

Tu y graves mes cris, mes paroles.

 

La vie n'est pas une méprise !

Je ne crains plus les absolus,

J'ai le bonheur en franchise.

Je vais écrire sur la nue,

Enfin, tu m'es advenue !

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Le grand cirque

Publié le par modimodi

La mode vient des Etats Unis, du cœur de la Californie ! Phénomène de mode du mois de novembre 2014 ? Du Nord au Sud, les clowns attaquent notre pays. Ils menacent et ils effraient le quidam et les vieilles dames. Ils ne donnent pas le spectacle, ils créent le désordre. La peur a pris la place du rêve.

Qu'est-ce que c'est que ce cirque ? La psychose s'installe sur les gradins. Les médias ont tendu leur grand chapiteau. Les guignols de l'info enquêtent et commentent. La grimace est de circonstance ! Le comique a fait place au tragique.

La télé fait son grand circus ! L'agitation médiatique et clownesque s'est emparée du spectateur. Elle rend compte du grotesque de la situation, dans une mascarade de réprobations. Place à l'exagération, au sensationnel et à l'inédit! Ce sont dans l'émotion et le mauvais imaginaire, les nouveaux contes de grim', âge de glace et d'effroi.

L'auguste ne fait plus rire les petits et les grands. Il ne s'appelle plus Patoche le sympatoche mais Pétoche le sale moche, qui fait peur aux mioches ! Son nez rouge allume et enflamme le fantasme de la frousse, à l'intérieur de la citrouille. Drôle de façon de fêter Halloween !

Autrefois, le clown apportait le burlesque et la joie. Il illuminait la piste et écarquillait nos yeux de son habit de lumière chatoyante. Aujourd'hui, dans une vilaine pitrerie, il renverse les codes et casse le miroir de nos représentations. Il détourne l'image enfantine de la joie. Il la transforme en une peur malsaine. Il glace le rire et pétrifie ! Sa farce malintentionnée inquiète et terrorise.

La peur du loup de nos contes de fée, des monstres de nos mythes et légendes, est évidemment une peur créée et voulue. Dans le cas présent et de la même manière, le clown délinquant joue volontairement sur nos croyances. Il détruit la figure traditionnelle du clown triste ou gai pour nous effrayer, par un comportement différent, étrange et menaçant. Il joue avec toute l’ambiguïté de notre imaginaire et les troubles de notre passage à l'âge adulte. Il ressuscite, notre angoisse, nos phobies et nos cauchemars. Nous perdons la maîtrise de nous-mêmes.

Le cirque a quitté son arène et sa piste étoilée. Il est dans la rue, sous la lumière pâle des réverbères. Les ombres fardées, criardes et armées surgissent de la nuit. La crainte sous le masque, le danger et la terreur s'installent dans la violence urbaine. La paranoïa nous guette et avive le prétexte des milices

Stephen King a employé le même ressort pour jouer avec notre angoisse, dans un de ses films : " Çà-il est revenu. " La poupée Chucky, possédée par l'esprit d'un tueur en série, use du même procédé. Le jouet s'anime et la gentille devient méchante et diabolique. Saw et plus récemment, Annabelle donnent ainsi le frisson et la panique. Le normal se dérègle et tout devient anormal ou paranormal.

Un seul but poursuivi : épouvanter, paniquer et réveiller les peurs ancestrales ou nocturnes de notre enfance pour créer le traumatisme des petits et des grands. Car, depuis toujours, les morts vivants marchent avec les zombies. Pour le paradis promis, les morts doivent aussi ressusciter ! Perspective biblique apocalyptique !

Dans notre quotidien, dans l'arène politique, sans avoir besoin de se déguiser, quelques clowns font le cirque et tentent en mauvais saltimbanques, d'amuser la galerie. Ils effraient par leur incompétence et font rire avec leurs promesses.

Riez, jaune sans doute ! Guignol donne du bâton et Paillasse, sans rire, nous y met.  La paille oui, mais plus de grain ! A la cour des miracles économiques, le bouffon a un talent fou pour réjouir d'une clownerie, le roi Shrek. Avec moins de génie que C. Chaplin, tous ces marioles font le Charlot ! Pour faire le Zouave, il leur suffit d'attendre la nouvelle crue du pays qui prend l'eau. Il nous sera difficile de garder les pieds au sec !

Y'a des jours, j'ai la frousse ! Je voudrais avoir des talents de prestidigitateur pour faire disparaître ces illusionnistes, être dresseur pour faire danser ces éléphants, dompteur pour ces tigres de papier, aux dents longues, jongleur pour casser les assiettes de l'impôt et fakir pour les faire tous, monter sur ma planche. Ce serait un chouette clou du spectacle !

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Boules de comme

Publié le par modimodi

Les femmes, c'est comme les étages, on les grimpe ou les escalade, tour à tour.

L'homme, c'est comme le décret, il entre en vigueur et tombe en désuétude.

La mort, c'est comme l'impôt, ça vous grève et on en crève d'en n'être pas revenu.

L'amour, c'est comme l'autruche, ça (il) vous prend à l'estomac, on avale tout et on court, on court, avant de finir aux plumes.

La vie, c'est comme le café, on broie du noir avant de boire la tasse. Ceux qui ont du bol, se sucrent.

La femme, c'est comme la violette, modeste, simple et parfois double.

La mort, c'est comme la glace, un ice crime.

L'amour, c'est comme les découvertes mais, mon Colomb, c'est pas toujours l'Amérique!

Le sexe, c'est comme l'aéromodélisme, les modèles réduits cherchent à s'envoyer en l'air.

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Méprise 3/4

Publié le par modimodi

Je t'espérais,

Comme le pain, le vin et la fleur du prunier.

Je t'espérais,

Comme le feu, au cœur éclaté du silex.

Je t'espérais,

Comme un parfum oublié au creux de l'épaule.

Je t'espérais,

Comme un bateau dans le port de mes bras.

 

Tu es venue,

Couverte d'algues et de coraux,

Nacrée de sel et d'écume

Sur une mer de silence.

Tu es venue,

Voiles sans vent,

Ailes d'ange de ma nuit,

Te poser sur mon cœur.

 

Si la vie n'est qu'une méprise,

Pourquoi m'es-tu advenue ?

 

J'ai si souvent trompé mes certitudes

Dans les larmes des hommes,

J'ai si souvent brûlé

La lampe blanche de l'insomnie,

Tant compté de journées,

Sans neiges, ni moisson.

Tant ouvert de chemins,

D'impasses mouillées de pluie.

 

Si la vie n'est qu'une méprise,

Pourquoi m'es-tu advenue ?

 

Tu as tant baigné d'oiseaux,

Dans le fleuve de tes cheveux,

Tu as tant tenu de ruisseaux,

Entre les pièges de tes doigts,

Tant offert de colliers d'écume,

Aux galets brûlants de l'été.

 

Si la vie n'est qu'une méprise,

Pourquoi m'es-tu advenue ?

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Mystères

Publié le par modimodi

N'est-il pas juste de se retrouver sur la paille, quand on a tué la poule aux œufs d'or?

D'érection en érection, l'homme échafaude-t-il l'amour?

Faut-il porter aux nus, les beautés qu'on louange?

L'homme est-il fait pour la saillie ou pour l'alignement?

Pour parvenir au sexe, faire l'amour à un ange, ça donne des ailes ou de la patience?

Du bouton de rose au bouton de fièvre, en découd-on avec l'amour?

Ceux qui ont raté le siège de l'amour, ont-ils le cul entre deux chaises?

En rencontrant ce zouave, ma sœur a-t-elle eu la main heureuse?

Est-ce qu'aux ânes damnés, la valeur n'attend pas le nombre des ânées?

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Bêtises !

Publié le par modimodi

"Ah ! Bête comme chou !" "Oh ! Simple comme tout !" Voilà, généralement l'appréciation recueillie à la lecture de mes textes, étiquetés de " sans queue ni tête ! " Je peux, paraît-il, concourir pour le grand bêtisier littéraire. Car, je n'écris que des bêtes-seller. Je suis béat et bêta. Et on ne sait jamais ! Aujourd'hui, je bêtifie, demain, on me béatifie ! C'est mon secret et bête espoir.

Je suis un laboureur de mots, un rustique. Boudiou ! Bête à manger du foin à la fourche, je peux à tout moment, monter dans la bétaillère des critiques aux gros sabots pailleux ! Jarnidieu ! Bête de somme, mes écrits assomment le troupeau de mes détracteurs. Morgué ! Je suis une, je suis cent bêtes curieuses, un bestiaire, à moi, tout seul ! 

Sacrebleu ! Je suis un âne au grand bonnet, un baudet de cirque, un dindon de la farce et un serpent à sornettes. J'ai un bœuf sur la langue, je tourne bourrique et bientôt chèvre ! J'ai le talent d'un bigorneau, je m'enroule dans mes idées noires, j'ai l'esprit d'un bulot recroquevillé dans ses pensées caoutchouteuses, j'ai la platitude d'une sole, ensablée et vaseuse. Mes âneries et sottises se font canarder de tous côtés. Elles n'ont un maigre succès, qu'auprès de quelques bêtasses, de belles bonnes bécasses, des dindes dodues, des buses à tête blanche et des vieilles biquettes ! Toutes, des gentilles bébêtes, comme l'oie de Dufrénoy.

Mais injustice du sort ! Moi, qu'on pense bête, je me souviens de tous mes efforts ! Je le jure ! Mordienne ! Je suis une bête de travail ! J'ai sué comme un bœuf pour produire quelque effet ! Ventrebleu ! J'ai blanchi sous le harnais, comme un cheval de labour, dans le champ pierreux des mots. Morbleu ! Je suis et je reste une bête de traits et de ratures, mais ma prose reste un chaos gréseux et mes vers sont boiteux. Je suis bête comme mes pieds.

Fouchtra ! Je ne le sais que trop ! Inutile donc, de me traiter comme du bétail ou de me chercher la petite bête ! Morbleu ! Je ne peux pas changer. J'ai une tête de mule et une araignée au plafond de mon écurie ! C'est ma bête noire, celle qui tisse le fil et la toile de mes récits...

Dans la morte saison, je patiente en déroulant le fil, je tisse ma toile jusqu'aux étoiles !...  Car enfin, bonté divine,  au printemps du renouveau stylistique, j'ai l'intime conviction d'avoir droit au bonheur d'une petite bête à bon dieu ! Alors là, Crévindiou ! Vous la verrez la petite bête qui monte, qui monte, dans les meilleures ventes de librairie !

Je suis persuadé que je vais réussir et qu'il viendra vite, le temps prochain, où vous reprendrez tous avec moi, du poil de la bête ! Ma plume au vent de la célébrité va s'envoler ! Inutile, en cette attente de me voler dans les plumes et de me courir sur le poil. Inutile de garder une attitude bête et méchante comme de vous lamenter en vain, sur des écrits, bêtes à pleurer !

Dans le jardin des belles-lettres, vous me prenez parfois pour un cornichon. Moi, je vous laisse à vos aigreurs et je m'abandonne à mes douceurs. Broutez et ruminez tant que vous voulez ou sucez votre pouce ! Moi, je suis tout sucre et tout miel. Je savoure quelques sottises de Valenciennes. Je suçote, les yeux fermés, quelques bêtises de Cambrai. Pendant que vous salivez et bavez sur vos bavoirs, brodés de mes stupides histoires, je ne perds pas le Nord et je vous fais la chique, la spécialité de Bavay ! Vous le voyez ! Ou j'ai oublié d'être bête ou je ne suis pas si bête !

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Méprise 2/4

Publié le par modimodi

Je t'attendais

Dans la clarté blanche des aubes.

Je t'attendais

Dans mes sommeils tissés de neige.

Je t'attendais

Dans la brume des aubes trahies.

Je t'attendais

Dans la peine, ombre de mon cœur.

 

Si la vie n'est qu'une méprise,

Pourquoi m'es-tu advenue ?

 

Tu es venue,

Souffler les nuages cendreux

D'interminables nuits de suie.

Tu es venue,

Délivrer les écorces du jour,

Des griffes blanches du matin.

Tu es venue,

Porter la clef des saisons bleues

Aux vents moussant d'oiseaux.

Tu es venue,

Offrir la rose de satin

D'une promesse faite à demain.

 

Si la vie n'est qu'une méprise,

Pourquoi m'es-tu advenue ?

 

J'ai si souvent ouvert les bras

À des ombres de pluies et de feuilles,

J'ai si souvent croisé les doigts

Pour des amours grises, sans âme.

J'ai tant déchiré de corps,

Plaisirs faciles, désirs troublants.

J'ai tant égaré mes rêves,

En des pays brûlés par des passions contraires.

 

Si la vie n'est qu'une méprise,

Pourquoi m'es-tu advenue ?

 

Tu as tant bu de sources claires,

Tant mis de jonquilles en tes yeux,

Tant partagé d'étés fidèles,

Tant tendu tes mains aux étoiles,

 

Si la vie n'est qu'une méprise,

Pourquoi m'es-tu advenue ?

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