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Cradingue 2/2

Publié le par modimodi

Cracra, cradoque, en tout's saisons,

Tu as sûrement une bonne raison

Pour éviter les ablutions !

 

La vie n't'a pas fait de cadeaux !

Un traumatisme étant ado

Et te voilà clodo, crado !

Un pet au casque, un trop grand choc,

Tu traînes savates, tu es en loques !

 

Ton caddie est de bric et d'broc

En pendeloques et en breloques,

Tu m'apostrophes, tu soliloques !

Tu m'appelles capitaine Haddock

Et on te prend pour un cinoque !

 

Je te regarde, tout ébahi,

Mi-curieux et mi-interdit.

Tu me fixes, l'air attendri

Tu tends la main, tu me souris

De ta grand' bouche à trous d' souris !

Y'a bien quelque chose de pourri

Au royaum' du bon roi Henri !

La fleur de joie, la fleur de vie

Aux dents du bonheur défleurit.

 

Toi, tu grommelles, suppliant,

Agitant ta boite en fer blanc

Pour émouvoir chaque passant

D'un faire-semblant compatissant !

Tu espères, un mot, un regard

Le simulacre d'un égard :

Un sourire serait du nectar !

 

 

On pleure sur le juif errant,

Mais chacun passe indifférent,

Tu fais partie de l'air du temps !

On te traite de dégoûtant !

Dans notre beau pays des Francs,

On a qu'la vertu en slogan !

 

Tu peux entendre à tout bout d'chant :

"Dehors étrangers et feignants,

Tous les s.d.f, les mendiants,

Les pisseux et les répugnants,

Crasseux, puants !" Pas les malpropres !

Tu peux garder ton amour propre !

 

Tu as de l'amour à revendre,

Mais vois-tu, tu n'sais pas te vendre !

Tu attends de moi quelque argent

Alors, un peu machinalement

Je jette une pièce, j'ai un élan !

Tu es mon frère, sur le moment !

J'prends ta misère, un court instant !

 

Mais y'a ton odeur qui s'imprègne.

Alors, bien que je n'te dédaigne,

Ni que jamais, je ne te craigne,

Il n'est pas question que j't'étreigne !

Car à moins que tu n'te baignes,

Tu peux vraiment garder ton peigne !

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Éternité 1/4

Publié le par modimodi

Si nous trouvons la vie sans queue ni tête, ce n'est pas qu'elle soit absurde, c'est que nous ne vivons jamais assez longtemps pour en comprendre le sens ! C'est que nos propres limites font barrage à notre vision. J'entends par là, cet entendement intime du réel et de l'invisible, cette intelligence pure de l'espace et du temps.

Notre présence marque notre appartenance au monde. Nos relations aux autres maillent notre parcours de vie et les événements provoqués ou vécus émaillent notre existence. Nous les fixons en instants et périodes, nous les imprimons en désirs ou plaisirs, déceptions ou délices, émotions et souvenirs. Nous sommes des passants imprimés dans nos traces.

Notre mémoire affective sublime notre passage au vide et nous relie dans le présent au temps écoulé. Notre mémoire de lièvre est à jamais le lapin d'Alice. Nous habitons son pays enchanté de griserie et ravissement ! Nous avons beau être fébriles, nous nous vaporisons dans la distillation du temps !

Pourtant, il est déjà l'heure ! Mais nous ne pouvons nous représenter la durée, ni l'unicité, ni la linéarité. Nous ne l'appréhendons que dans les variables des commencements et des fins. La naissance et la mort nous renvoient à un besoin vital de matérialité que nous voulons concret de faits et d'actions.

Qui veut durer, doit endurer! En effet, il faut vivre dangereusement chaque jour sans les compter. Il nous faut, suspendus dans les parenthèses des émois, ressentir et frémir, aimer et souffrir, chanter et rire! A chaque heure suffit sa peine ou sa joie !

Quand tout commence... Aux premier cris de notre naissance, nous n'avons pas conscience du temps. Notre horloge biologique rythme nos besoins fondamentaux. Le tic-tac de la vie est là qui bat sourdement à nos tempes et se scande en succions et gazouillis.

La succession de l'ombre et du silence, de la lumière et du bruit comme l'enchaînement des visages, des attentions, des jours, des nuits, des saisons déroule inexorablement son fil. Quand ressentons-nous la durée ? Par quels mécanismes implacables ? La jouissance, le manque, la satisfaction, l'absence ? Mystère insondable d'une infinie étendue spéculative !

Pourtant, un jour cruel et fatal, nous comprenons que nous n'avons pas tout le temps et que nous ne connaissons pas la quantité qui nous a été donnée et qui nous reste. A cet impitoyable instant, chacun prend conscience de l'âge, de la fragilité du monde et de l'éphémère. Il se sent sursitaire et précaire, il s'inscrit dans une succession irréversible de phénomènes, d'incidences et de circonstances. Il devient anonyme dans la multitude des passants .

D'un coup, il se sent seul sur le seuil et, dans le miroir, face à lui-même, il comprend qu'il ne peut compter sur le temps. Il en mesure l'inconséquence, le voilà, son jouet et sa victime. Curieusement, c'est dans sa légèreté qu'il en saisit le poids. Tempus fugit ! Le voici, à jamais frivole dans l'insaisissable, banal et bénin, inévitablement voué à l'imprudence de la futilité !

Comme lui, tout humain invente alors des mots forgés dans l'espoir, comme : toujours ou jamais, comme bonheur et malheur. Il les colorie de ses éclats de joie et de ses nuages de tristesse. Il apprécie la clarté, il redoute les ténèbres, il s'émeut et frémit. Il devient poète et magicien. Il peut comparer la pluie à ses larmes, ses émois à la sève ! Ses mots sont des cris, des chants ou des prières.

Il ne tarde pas à découvrir l'amour. Ce cadeau du ciel lui fait oublier l'impitoyable temps qui passe assidûment. Il va même, jusqu'à croire qu'en le partageant, il en allège à jamais la charge et la gravité. Dans l'exaltation des sentiments, il se croit éternel et invincible. Il abolit la cruauté de la durée et la persécution des délais...

Alors pourquoi amis, vous qui passez comme moi dans l'inanité du présent, repousseriez-vous à plus tard l'allégresse de chaque instant ?... Pourquoi, frères humains en sursis, ne pas ressentir la faveur offerte à votre cœur comme la vigueur à votre corps ?... Chaque heure est définitivement une occasion à vivre en plénitude.

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Brasier d'amour

Publié le par modimodi

L'amour allume-t-il son brasier

Pour nous brûler, nous consumer ?

Ne sont-ils voués qu'aux ténèbres,

Les amours antiques et célèbres ?

L'amour est-il ce maléfice

Qui exige le sacrifice

D'Orphée pour son Eurydice ?

Feux de Bengale ou d'artifice

Ceux de Titus pour Bérénice ?

Feux de joie ou bien feux d'enfer

L'amour de Dieu, de Lucifer ?

 

Moi, je ne suis qu'un feu follet,

L'étincelle du verbe aimer

Qui danse dans la nuit de mai

La ronde folle des baisers.

Ô ma vestale en chasteté,

Mon virginal lys de pureté,

Tu m'as donné le feu sacré

Le feu que tu gardais caché

Dans tes rêves et tes secrets.

 

Moi, je croyais vaille que vaille,

Qu'au temps béni des fiançailles,

Les ballots prenaient feu de paille.

Qu'à conter de belles histoires,

L'amour passait la bassinoire

Et vous laissait au désespoir

Des trop cuisants feux du rasoir.

 

J'attendais, été comme hiver,

Que tu me donnes ton feu vert.

Oh miracle, ce fut hier,

Que tout le ciel s'est entrouvert !

Vois ! Je fais feu des quatre fers

Pour m'élancer dans ta lumière !

 

Je m'embrase, tout feu tout flamme,

Je me donne à toi, corps et âme,

Je brûle, ardent, incandescent !

Tu m'as mis à feu et à sang

Comme un soleil à son couchant.

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Compassion 2/2

Publié le par modimodi

Comme personne n'a encore réussi à prouver que la bienfaisance était l'apanage des cœurs d'or, le filon de la générosité n'est pas las d'être épuisé !... "A votre bon cœur !" ou "Si le cœur vous en dit !" Partout la main est tendue, le don est attendu ! Sans cesse, on vous émeut, sans cesse, on vous implore.

Sur la scène du monde, le tragique frappe ses trois coups au cœur ! Le sensationnel étale ses horreurs à la une ! Le poids des photos donne du poids aux mots, jetés brutalement parfois avec des larmes dans la voix ! Céder à la pitié et laisser parler son porte-monnaie vous permet de tenir le choc, à distance et en bonne conscience ! Comme l'envoyé spécial vous tient par le cœur, vous avez à cœur d'avoir bon cœur 

Vive la nouvelle morale, citoyenne et vertueuse de la main sur le cœur et du cœur sur la main. Dans les médias, la compassion est même devenue un mode de communication qui évite d'analyser ou d'argumenter sur les causes ou les conséquences de l'événement présenté ! Celui-ci par le commentaire laconique du reporter vous impose d'évidence un jugement. Il influence et sert ainsi de pensée unique !...

On vous l'affirme ! La preuve de la douleur ou de la détresse est là, en direct, sous vos yeux ! La contemplation, même parfois malsaine, crée la compassion en vous soulevant le cœur. On ne veut que vous faire crier misère ! La démonstration visuelle, annoncée comme un scoop pour âmes sensibles sert de compréhension immédiate.

N'attendez donc pas un commentaire raisonné du journaliste de terrain. Car cette fois, braves petits spectateurs émotifs, c'est l'explication aussi qui reste, pour vous, en souffrance. Inutile d'attendre plus que le choc des clichés ou de la vidéo ! Vous êtes à votre tour, le "souffre-douleurs" du correspondant.

La compassion ne concilie plus désormais dans l'opinion publique, le cœur avec l'esprit ! Être compatissant vous entraîne à abandonner votre jugement critique ! La pensée qui s'imprime dans le sensationnel, se répand dans votre tête. Vous plongez la tête la première dans le pathos des coups et des douleurs. Vous soupirez à fendre l'âme !

Sous le coup de l'émotion, les quelques mots exercent leur emprise, l'image vous impressionne. Elle oriente et dirige votre réflexion. Elle l'entraîne, vous persuade et vous endoctrine. L'information pesante domine votre sensibilité et l'horreur du sensationnel vous formate à l'emporte-pièce.

Elle cherche dans l'immédiateté de la sensation à vous ôter "la peine de penser". Alors qu'il faudrait plutôt, à mon sens de citoyen éclairé, employer l'expression," ôter le plaisir et la joie de penser". Mais non, amis lecteurs ! Pensez-vous donc ! Elle veut simplement, "sans y penser", vous rendre compatibles avec elle !

Alors gardez si possible, sagesse et prudence! Vérifiez que celle-ci n'est pas incompatible avec l'ouverture à l'autre, votre humanisme et vos valeurs citoyennes et républicaines. Soyez généreux, gardez bon cœur mais évitez d'être sous influence ! Ne vous laissez pas manipuler par l'image ni prendre par les sentiments, cherchez toujours à en avoir le cœur net !

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Casse-tête

Publié le par modimodi

Je ne suis qu'une alouette,

Une petite pipelette !

Je bavarde et je caquette.

Les leçons, oui, ça m'embête !

 

Les accords, un vrai casse-tête !

Ces dictées à devinettes,

Accents et lettres muettes,

Moi, j'écris à l'aveuglette !

 

Tout se mélange dans ma tête !

Les jambettes et les gens bêtes,

Cet ascète venu de Sète

Jouer le set en cinq sept !

 

Je m’emmêle les baskets !

Entre Annette et aneth,

Entre l'herbette et l'air bête,

Les trempettes, les tempêtes.

 

Je me trompe ! La boulette !

Je prends une bulle en plein' tête !

Je n'ai plus qu'à fair' causette

Aux linott's et aux fauvettes !

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Indignation et bien-pensance 2/5

Publié le par modimodi

Le spectacle est au cœur du jeu, du débat politique ou sociétal. Le bon mot sert de façon de penser ! La beaufitude est un mode d'expression et de vie !

La ménagère de 50 ans repart de l'émission avec son panier garni de cadeaux et de compliments ! Un triomphe quand Papi Mougeot a su dire que Paris était la capitale de la France et que Tonton le tatoué savait que Tartarin était de Tarascon ! Con !

Petits primés d'un soir, votre gloire est factice mais elle vous permet désormais dans votre Landerneau d'avoir un jugement autorisé sur tout ! Une manière stupide d'illustrer le slogan : "penser global pour agir local !"

Même si la célébrité est illusoire ou éphémère, elle demeure au fond de vous. Interwievé ou candidat un jour, commentateur et lauréat toujours! Innocent un jour, béat toujours ! Votre statut de vedette vous auréole intérieurement et vous donne à jamais de l'assurance ! Plus rien ne vous impressionne, le monde de la bêtise et du bon sens le mieux partagé vous appartient ! On ne naît pas niais, on le devient et on le prouve !

La rue, le café du commerce, les apéros entre amis, les clubs d'activité, les voyages organisés... sont autant d'occasions de briller en exprimant le fond de sa pensée ! Enfin ! Ce qu'on a réussi à toucher, à râcler...souvent le fin fond de l'abîme de réflexions !

Certains pensent encore que parler c'est penser et que répéter l'idée reçue, en radotant, c'est exprimer de vraies convictions  Ah ! La grande aventure intellectuelle ! Réfléchir devient même pour certains une expérience nouvelle !

Il leur suffit de ramasser sans vérifier, tout ce qui passe et se colporte, pour y croire et le clamer haut et fort! Il suffit de surfer sur le Net et de récolter les tweets du jour ! Ne plus penser, penser mal ou à tort est devenu le mode intellectuel le plus répandu. L'autre pense pour vous, il suffit de répéter ce qu'il a dit ! Vous pouvez alors, dire haut et fort, d'un ton autorisé : "Sur ce sujet, moi je pense plutôt que..."

Suivant la force de persuasion que vous aurez employée, votre avis de perroquet à son tour sera repris! Vous avez déjà été mis une première fois, en lumière alors pourquoi ne pas croire à une seconde chance !

Si vous avez de l'audience, bonne presse ou mauvaise presse, vous serez diffusé, retransmis même, amplifié et déformé ! L'idée a fait du bruit et de l'écho ! L'on-dit est devenu une nouvelle. Votre allusion passe pour un fait avéré. Vous avez sans le savoir un impact populaire et retentissant ! Vous vous croyez original, vous êtes un copiste, un vulgaire populiste! Vous n'avez même plus à raisonner, vous résonnez ! On appelle ça : La Bien-Pensance des moralistes à la morale incertaine !

La bien-pensance ! Concept bidon pour intellectuels des broussailles ou terroristes de la vérité et de la logique ! Moi, je suis indigné par tant de médiocrité ambiante, que je ne crains pas ici la polémique en m'exposant à vos reproches ! Amis lecteurs, sûrement pensez-vous à cet instant que cette réprobation généralisée est un effet de plume d'un petit théoricien des faubourgs ! Après tout peut-être ! Mais après un prologue réquisitorial, je m'en vais vous offrir, dans les trois prochains écrits à paraître, des bouquets de pensées fraîchement cueillies au ras des pâquerettes !

A moins de vous reconnaître copie conforme dans cette charge, faites comme moi et quelques uns, indignez-vous ! Ne vous laissez pas aller à la facilité ! Exercez votre jugement critique, ne gobez pas tout ! Qu'importe que vous passiez pour un ringard ou un anticonformiste, mais ne confondez pas les notions !

N'employez pas, par exemple, le mot "croyances" quand vous parlez de "religions" ! On peut avoir des convictions sans les ériger en dogmes. On peut pratiquer une religion sans être endoctriné au point de l'imposer et d'en faire un motif exalté de guerre de religions ! Insurgez-vous quand on vous parle de menace généralisée. Quelques fous illuminés ne sont pas représentatifs de l'ensemble des pratiquants. Les obscurantistes ne sauraient obscurcir la pensée héritée du siècle des lumières ! La foi reste du domaine de l'intime ! Elle ne combat pas la raison !

 

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Mystères

Publié le par modimodi

Les gens, entre deux eaux, en ont-ils mis assez dans leur vin?

Si la vie est une fête, la mort est-elle défaite?

Si l'amour nous laisse de glace, finirons-nous encornés?

Fatalité? Mort ou vivant, on est toujours asticoté.

Quand on en a marre, faut-il savoir larguer?

Entre la vie et la mort, y a t' il l'amour de la vie et l'amour à mort?

Si l'homme et la femme sont destinés à être con-joints, quelle est la conjonction copulative?

L'échange amoureux entre intellectuels va-t-il plus loin que le bourrage de crâne?

La femme entre deux âges, n'est-elle pas à quitter au bénéfice du doute...enfin de son âge?

Si l'homme a quelque penchant pour l'amour, n'est-ce pas plutôt pour la culbute?

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Cradingue 1/2

Publié le par modimodi

Si quelqu'un a une sal' tête,

On lui colle vit'une étiquette :

"Pas à prendre avec des pincettes."

 

Toi, tu colles et toi, tu fouettes,

Je suis sûr qu'il y'a bell' lurette

Que n't'a pas vu un' savonnette,

Qu't'as oublié le mot toilette !

Quand on t'sent, même à l'aveuglette,

Faut prendr' la poudre d'escampette

Ou te prendre avec des pincettes !

 

Si certains sont en état de grâce,

Toi, t'es plutôt en état d'crasse

Des grandes écuries d'Augias

Et parfumé à la vinasse

De la mamelle de Tirésias.

On te repousse des palaces,

Y'a qu'ta paillasse, de première classe !

 

Sans aucun doute, toi, tu t'distingues !

T'as pas besoin d'être trilingue,

T'as un super look, c'est fou dingue !

Ta dégaine, l'odeur et tes fringues,

Tu cocottes, tu pues et tu schlingues !

Tu portes ta marque "cradingue".

Moi, je me sauve à tout' berzingue !

 

T'es connu comme Barrabas.

On te remarque à tes godasses,

Tes orteils en deuil qui dépassent

Comm' sous ton bonnet, ta tignasse.

T'as un pardeuss' sur ta carcasse

Mais en été, ce n'est pas jouasse !

 

On pourrait te suivre à la trace

Tu sens le fauve jusqu'au Kansas !

On te voit, on te cède la place.

Pour t'installer, c'est efficace !

Grasse crasse est comme mélasse,

Tu es vraiment son porte-poisse !

 

Mépris et poux sur toi s'entassent.

Tu fais peur à la populace

Qui te repousse au fond d'l'impasse,

Parc'que ton odeur la terrasse

Ou qu'te croiser lui fil' l'angoisse.

 

Moi, j'ai beau fendre ma cuirasse,

Avoir envie d'briser la glace,

Et fustiger mon manqu' d'audace,

C'n'est pas gagné que tu m'embrasses !

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Parler pour ne rien dire 3/3

Publié le par modimodi

Ceux qui ont la langue bien pendue, ne savent pas assez la garder dans la poche... Le drame du volubile, c'est qu'il parle et débite ses propos intéressants ou ses fadaises sur le même mode. Il croit naïvement être entendu. Mais souvent l'autre reste sourd et lui sourit complaisamment en pensant: "Cause toujours, tu m'intéresses!"

Le chameau qui déblatère ne donne pas envie de prendre langue avec lui! Inutile d'en baver davantage! Avec un lèche-babine, moi, vite je m'débine! Car le bavardage finit toujours par lasser l'auditoire. En effet, celui qui ne dit mot, ne consent pas toujours à vous écouter. Il ne faut converser qu'avec celui qui veut vous entendre ou parler... à votre bonnet!

Qui comprendra, ceux qui lassés de parler à leur miroir, à leur page blanche, à leur tablette graphique, au ciel toujours vide et muet font, en total espoir de cause, de la parlote ininterrompue? Dans un ailleurs, en apartés, avec les ombres, avec les mouches, avec les muses ... le front collé aux vitres, en dialogue avec le silence... Alors surtout, quand vous les croisez, n'allez pas penser qu'ils divaguent, réduits aux errances d'idées sans queue ni tête! Ils parlent!... Oui, pour ne rien vous dire, réservant leurs murmures ou leurs cris d'amour, de peur ou de joie, aux anges et aux étoiles qui passent dans les nues, en leurs têtes!

Vous pratiquez parfois d'instinct cette étrange attitude de communication!...  Ainsi pour intriguer votre interlocuteur, vous lui parlez à demi-mots, vous laissez planer le doute, vous entretenez mystérieusement l'allusion en l'exprimant à mots couverts ou par images.... Le poète ou l'écrivain procède ainsi! Il sait bien qu'il lui faut toujours mâcher ses mots en ruminant d'un air inspiré les fleurs de la rhétorique... Oui, mes amis, mes compagnons de panache, vos paroles s'envolent comme des plumes mais vos cris vains de mots et d'amour comme tous vos écrits restent comme des pierres sur le chemin de la pensée...

La parole qui s'élabore, d'abord dans le silence, y demeure. Ainsi, quand deux êtres se comprennent et fusionnent, sans mot dire, le silence du cœur est suffisamment éloquent. Si la parole appartient à l'éphémère du temps, à l'évanescence de la pensée, le silence appartient au mystère, à ce qui est à naître, à l'éternité. C'est l'or du temps.

Ô mon amour! Parlez-moi d'amour!... Je vous crois sur l'aphonie de vos paroles!...

Pourtant, l'amour, le seul, l'unique, le vrai, peut se passer de mots, surtout s'il est démonstratif. Vos yeux, vos soupirs, votre pâleur ou votre empourprement sont parlants. Ils disent non pas ce que vous avez sur le cœur mais dans le cœur...

Déjà, avec pudeur, vous vous dévoilez! Votre âme impalpable se met à nu. Inutiles sont tous vos aveux. Jamais, vous ne pourrez si bien dire l'ineffable saisissement, l'indicible trouble et l'inexprimable choc, dans tout votre corps, des frissons et des tremblements!

Oui! Aimer pleinement, ce n'est vraiment pas, peu dire! Alors, heureux amants, ne vous le faites pas dire deux fois! Parlez bien vite avec les mains! Mettez-les vite au feu! A voix haute comme à voix basse, soyez éloquents! Parlez vrai! Confiez-vous! Abandonnez-vous! Au rapport! Vite et que ça saute!

Exclamez-vous! Murmurez votre tendresse, hurlez votre bonheur! Jubilez votre liesse! Déclamez à pleine puissance votre jouissance et vos extases! Vous pouvez balbutier, bafouiller et tâtonner, vous pouvez bredouiller, palabrer, vous y reprendre à deux, trois fois et plus... si affinités et résistance.

Vous êtes assignés aux plaisirs. Prenez votre temps. Ne tarissez pas de mots tendres et de preuves de douceur. Soyez à fleur de peaux, de lèvres et de mots toujours touchants et caressants. Vivez si m'en croyez toujours en plénitude. La passion vous déliera la langue. Ayez de l'amour comme de l'eau fraîche, plein la bouche. Épanchez-vous en libations enivrantes.

Ne récitez pas les mots des autres, fussent-ils ceux des poètes! Vous êtes libres de sens, d'émois et de licences. Soyez naturels, vous serez créatifs. Laissez-vous bouleverser par le bouillonnement de vos sentiments, soulever et perturber par l'affolement de vos sensations. Vous ne pouvez mettre fin au désordre. Nulle résistance! Vive le silence! "un ami qui ne trahit jamais", comme l'a dit Confucius dans "le livre des sentences"

Il suffit de lâcher prise, de vous laisser emporter par le torrent des émotions, submerger et envahir par le tumulte de la passion. Vous roulez comme un galet dans le chant cristallin de l'eau... En perdant la raison et la volonté, vous perdez toute notion du temps. Vous êtes un instant, un souffle, un envol!

Votre amour est extraordinaire et original de délicatesse et de grâce. Il vous élève, il vous emporte. Il vous rend irréels. Vos cœurs se gonflent et se dilatent. Vous êtes uniques, expressifs, expansifs, généreux, légers et aériens! Vous triomphez de la pesanteur... Vous êtes éternels, l'éther vous appartient!

Oh! Oui amour! Pour nous aimer, passons encore par les nuages!

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Compassion 1/2

Publié le par modimodi

Mon cher ami, pour échapper à la rudesse et à l'adversité, toi ou moi, nous cherchons un peu de douceur dans ce monde de brutes ! Autour de nous, des expressions passées dans le langage populaire se font entendre : "Et la tendresse, bordel !" "Dallas, ton univers impitoyable !" "Allo ! Maman bobo !" "Sortez vos mouchoirs !" "Pleurer comme une Madeleine ? " D'ailleurs, la règle de Musset où le bon spectacle est celui où Margot a pleuré, reste une référence mélodramatique !

Il faut donc émouvoir l'auditeur ou le spectateur avec des lys dans la vallée de larmes ! L'appel à la générosité publique s'appuyant sur le score de l'audimat se fait essentiellement sur le sensationnel. Le ressort est toujours le même : toucher par l'émotion, en donnant le frisson ou la larme à l’œil ! Même les crocodiles ont les larmes aux yeux !

Passer d'un extrême à l'autre est une technique cinématographique déjà utilisée au temps du Muet ! Ainsi B Keaton ou C Chaplin passaient-ils du genre comique et burlesque à l'intensité dramatique, nous emportant du rire aux larmes, aux simples sons d'un piano et de l'expressivité d'une géniale mimique !

Aujourd'hui, un peu partout, le monde fait son cinéma. L'information se donne en spectacle. Aux heures de grande écoute, il faut soulever le cœur et inspirer de la pitié. Impressionner, faire peur ou pleurer sont les sentiments qu'on veut faire éprouver. L'émotion est de fait garantie mais de loin, à intervalle de la situation ! En effet, partager la misère et la détresse des autres est une manière de les ressentir et de les partager, à distance raisonnable, en étant touché sans être vraiment impliqué.

Cet élan vers l'autre, identifié dans sa souffrance personnelle nous met de suite avec lui en souffrance partagée, i.e étymologiquement en sympathie ! Le but est atteint. Nous voilà envers lui compassionnels et attendris ! Des intentions d'amour bienveillant peuvent ici exalter la perception exacerbée de ses peines. Comme l'Autre est aussi, un autre moi-même, cet apitoiement est également cathartique. Il me guérit de mes propres peurs et me soulage en me disant que pour cette fois, je suis épargné ! Mais demain... sait-on jamais ?

Cette externalisation de mes propres craintes m'incite d'autant plus alors à une générosité libératrice de tension. Me voici miséricordieux, d'aucuns diraient simplement et profondément humain ! Mais nous le savons bien, l'espèce humaine et le genre humain ne sont pas toujours synonymes d'humains compatissants. Il est des cœurs stoïques qui bien que brisés restent des cœurs de pierre !

Pour fendre l'âme, il faut en avoir une ! Ceux qui restent insensibles à la douleur comme aux misères de l'autre sont à leur tour pitoyables et misérables. Ils ne peuvent se dire ni altruistes ni bons samaritains mais de superbes égoïstes, ignorant leurs prochains ! Ils appliquent sûrement ce vieux principe : "Charité bien ordonnée commence par soi-même !" Pour eux, la fraternité n'est réservée qu'à l'esprit de famille et aux liens du sang !

A la rigueur, pratiquent-ils, avec condescendance, dédain et mépris "le donnant, donnant", mais au compte-gouttes et la bouche en cœur. La complaisance des cœurs étroits provoque des réactions d’apitoiement superficielles.

Car le drame de notre époque, c'est qu'aujourd'hui, être serviable et secourable n'est plus une disposition naturelle de l'individu ! L'acte gratuit et désintéressé n'est presque plus possible. Le dévouement est encadré, l'aumône est codifiée. De partout, on fait appel à la générosité publique. L'action personnelle qui marque simplement votre bonté et témoigne de votre volonté compassionnelle est assimilée à de l'humanitaire ou participe de la philanthropie !

Vous voilà récupérés et entraînés dans le bazar citoyen de l'altruisme apparent et des grandes campagnes de collecte ! La commisération généreuse est la nouvelle valeur sociale corrélée à la solidarité. Elle consisterait à permettre à chacun de vivre en dignité et en égalité ! Les dons offerts à la naissance doivent être rendus au centuple et "qui donne s'enrichit" ! Serait-ce cela payer sa dette ?

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