Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

A croquer 1/4

Publié le par modimodi

Ma sucette, ma pâte de fruit,

Mon sucre d'orge et de candi,

Ma praline rose, mon fondant

De ton amour, je suis gourmand.

A Cambrai, je fais des bêtises,

A Valenciennes, j'fais des sottises.

Pour tes douceurs, tes friandises,

Je m'adonne à la convoitise.

Tu es ma gâterie promise,

J'veux tes p'tits choux sous ta chemise !

 

Pour tes exquises mignardises,

Je perds raison, je perds maîtrise.

Je veux t'emmener à Venise,

Te renverser, ma tour de Pise !

Ton cœur est une bonbonnière

Pour nos printemps et nos hivers.

Je t'aime sur le bout d'la langue,

T'es mon délice passion et mangue.

 

Pour rien, nous n'aurions présagé

Ce qui a pu nous arriver.

Qu'est-ce qui t'a pris d'appeler

Ta bonne fée, la fée dragée

Qui te disait : "T'es à croquer !"

J'avais l'bonheur entre les dents

V'là maintenant que j'ai du mordant !

 

J'n'ai rien dit d'ton aspect collant,

Quand, au parfum vanille cannelle,

Tu m'as offert ton caramel.

Mais vouloir me mettre à l'amande,

Tu m'as mis à la réprimande.

J'aimais ton regard cacao,

Ton doux teint de pêche abricot,

Mais je n'voulais pas des noyaux !

 

Voir les commentaires

Prêcheur du désert

Publié le par modimodi

Ma douce amie, nous nous aimons dans la délicatesse et la tendresse. Nous avons le bonheur de vivre dans ce bien être et dans cette harmonie. Autour de nous, tout s'agite. L'espace est en mouvement. Le dynamisme est dans chaque déplacement. Un pas, un envol, une ondulation, une course sont autant de trajectoires pour l'élan vital universel!

Pour se maintenir et s'accomplir, la vie a besoin d'énergie! Le principe d'une force en action anime la nature. La vigueur d'un individu, la sève d'une plante, le souffle intuitif de l'esprit donnent la vitalité à l'existence.

Nous ne pourrions vivre sans nous manifester. Nous avons tous besoin de la capacité d'expression pour prendre place dans le monde, pour y être acteur ou participant. En effet, nous sommes à la fois, sujet dans un: "Je pense, donc, je suis." et intervenant dans un: "J'agis, donc, je suis."

De l'intériorité de la conscience à l'extériorité de l'activité, tout homme marque ainsi sa présence. Exister, c'est, au sens étymologique, se poser hors de soi-même pour entrer dans l'environnement et Etre, avec ou parmi les autres. C'est la coupure d'avec soi qui permet de se matérialiser pour intervenir et poser des gestes qui marquent notre présence au monde.

Toi, tu me dis souvent que j'écris et que je prêche dans le désert! Par St Jean Baptiste! Sans doute, cherches-tu à me faire comprendre que je n'affirme pas assez ma présence au monde... Oui! Mes écrits ne sont que du vent, réduits au néant. Mes vocables ne sont que des souffles de zéphyr trop doux pour la brutalité des courants d'opinion. Point de chaudes rafales de simoun ou de violentes bourrasques de sirocco qui soient assez impétueuses pour agiter les têtes qui se laissent emporter au vent du large.

Mon style gonflant le sable des illusions dessèche toujours davantage les imaginations arides. Je parle dans le vide des mirages littéraires à des esprits à vide. Ceux qui escaladent les dunes de mes expressions imagées n'atteignent pas l'oasis fraîche, d'eau à la bouche, propice à leurs lectures méditatives. Dans cette immensité abandonnée et inculte, je ne trouve qu'un unique avantage, celui de n'avoir pas à faire le vide autour de moi!

Secrètement peut-être, espères-tu dans l'intimité, que je me décide à faire la pause. Voudrais-tu que je sèche ma plume plutôt que de m'adonner à mes travaux forcés quotidiens! Rassure-toi, je ne subis pourtant aucune pression, aucune violence. Je n'entre pas en résistance avec toi ou d'autres importuns. Je ne suis pas un forçat de la littérature, obligé de traîner mon boulet de mots. Je ne me suis pas enchaîné non plus à quelques plumitifs forcenés qui ont trempé dans quelques louches encriers. Non! Je cherche en toute liberté à affirmer ma présence au monde.

Je laisse la contestation s'exprimer. Les quelques opposants à mon style ébouriffé, à ma sémantique rebelle, à mes tournures audacieuses pour leur compréhension arthrosique, ne feront pas fléchir ma détermination. J'écris sur tous les thèmes qui me conviennent. Mes humeurs mutines n'ont qu'à faire des mutins! Je n'ai nul besoin de leur jeter la pierre. Les réfractaires n'ont jamais fait que des fours!

Voir les commentaires

Morale Politesse 1/5

Publié le par modimodi

Politesse

 

À l'école, on m'fait la morale.

Je dois faire le bien, pas le mal

Et partager à parts égales,

Plaque de choco ou bien casse-dalle.

 

Je dois être fourmi, pas cigale.

J'n'dois pas user mes sandales,

Faire le fan dans les festivals,

Etre excentrique ou marginal !

 

Je dois dire le vrai, pas le faux,

Je n'dois pas mentir à Momo,

Lui dire qu'il est le plus beau

Pour jouer à sa Nintendo !

 

Je ne dois pas dire de gros mots

Ni prononcer de noms d'oiseau !

Charlotte a une têt' de linotte,

Je n'dois pas la traiter de sosotte !

 

Julie qui m'fait des grimaces,

J'dois pas la traiter d'bécasse.

Si j'me frite avec Léonard,

J'dois lui dire : espèce de canard !

 

J'n'dois pas blesser l'amour-propre,

J'dois respecter les noms propres.

J'n'dois pas en ch'ti, dire "biloute" !

J'dois être poli et pas prout-prout !

Voir les commentaires

Lettre à Dagobert 1/4

Publié le par modimodi

Ô mon brave roi Dagobert, me voilà tout retourné de savoir qu'on te raille et que depuis la Révolution Française, ta chanson fascine autant le peuple et s'imprime aussi facilement dans la mémoire des enfants !

Moi-même, je peux t'en fredonner l'air ! Mais ne mélangeons pas l'Histoire et les époques, les faits et l'imagerie populaire. Je voudrais ici adresser cette lettre à tes descendants et te rendre un peu justice !

Mais ne brûlons pas les étapes ! Je vais simplement tenter de dépasser la légende qui a fait de toi, "un souverain fantoche, peu intéressé par les affaires de ton royaume et plutôt distrait et nigaud !" Tu as été mal jugé !

Si je renverse le grand sablier du temps, j'imagine la joie de ton père Clotaire II, dit le Roi de fer et de ta mère Bertrude-Gomatrude-Nanthilde, le jour béni de ta naissance, vers 602/605. La date n'est pas précise. L'état civil en ces temps là, n'était pas aussi rigoureux ! Et puis quand on est roi, il suffit déjà de naître !

Destin royal, en tout cas ! Dès 622, tu règnes sur la turbulente Austrasie réunissant un vaste territoire composé de l'est de la France et de l'est de la Belgique actuelle, augmenté des régions rhénanes. C'est en 629 que tu succèdes, selon la loi salique, à ton père comme roi de Bourgogne-Neustrie, roi des Francs, du Regnum Francorum. Tu fais donc partie du patrimoine de mon pays et de mes racines françaises. Je peux me reposer sous l'arbre généalogique où pour mieux te retrouver, je contemple les feuilles à l'envers !

Un roi doit gouverner. Tu montes donc sur le trône et tu y resteras jusqu'en 639.... Pardon, amis ! Même si la plaisanterie de mauvais goût est trop facile, j'ose espérer, ô Dagobert, que tu n'avais pas déjà mis ta culotte à l'envers !...

En tout cas, ton trône coulé en bronze du haut Moyen Âge et recouvert d'or est aujourd'hui conservé dans le trésor de Saint-Denis. Utilisé par les rois capétiens lorsqu'ils recevaient l'hommage des grands de leur royaume, il est resté célèbre et encore considéré comme un modèle design par les stylistes contemporains. 

Largement copié, il t'a survécu et demeure un fauteuil de forme curule et pliante dans les styles répertoriés du mobilier. On rapporte même que Napoléon, qui a toujours voulu asseoir son autorité, a cassé le tien en s'asseyant dessus lors de la distribution de l'Ordre de la Légion d'honneur, au camp de Boulogne en 1804.

Durant ton règne, ta tâche royale n'est pas aisée. Les aristocrates francs, maires du palais, sortes de premiers ministres du roi représentent déjà l'opposition. Ils te marquent à la culotte et composent la future et agissante famille Carolingienne. Désireuse de toujours plus d'autonomie, celle-ci accroît peu à peu sa richesse et son influence, au détriment de la paix civile que tu étais parvenu à instaurer dans un régime modéré avec l'équilibre des pouvoirs.

Malgré cette hostilité larvée qui veut en découdre avec toi, tu ne trembles pas dans ta culotte et tu sais protéger tes arrières. Tu parviens habilement à maintenir ton pouvoir royal sur une assise chrétienne mérovingienne, héritée de Mérovée et de Clovis.

Voir les commentaires

Boules de comme

Publié le par modimodi

L'homme, c'est comme le ver, un solitaire ténieux, toujours prêt à la lutte intestine.

La vie, c'est comme les impôts, créanciers et corvée, abattement à la base. Tu en fais une tranche, quand tu n'es pas dans ton assiette! 

La mort, c'est comme le citron, pressée de vous faire faire la grimace sans demander son zest!

L'amour, c'est comme le sel, à rajouter son grain, on est cru puis mangé à la croque!

La mort, c'est comme le paletot, ça vous tombe par-dessus pour vous faire capoter.

L'amour, c'est comme la gnôle, une eau-de-vie pour nos ivresses.

La femme, c'est comme le sein, une prise de tette ou souvent pis, si elle est peau de vache!

L'amour, c'est comme l'asservissement, dans ses chaînes, on se rend esclave à l'abolir.

Le sexe, c'est comme les manches, à mettre ou à retrousser.

Voir les commentaires

Père Juvénal 4/4

Publié le par modimodi

J't'aurai prévenu, ipso facto:

Mens sana in corpore, pas beau !..

 

Pèr' Juvénal, taïaut, taïaut !

Mets l'turbo à tes gros sabots

Et laisse-moi dans l'imbroglio.

 

Tu vois, je suis une femmelette,

Moitié lavette, moitié fillette !

Mais je ne pue pas la défaite !

Car c'est un fait, j'suis un athlète

Des méninges et de la comprenette !

 

Sous la casquette, viz' donc la tête,

Pas à la diète, pas girouette,

Pas d'oubliette, ni d'escampette

De poudroiements d'esprit comète,

De mirages aux mill' facettes.

 

J'suis un fantaisiste à houppettes !

J'emplis mon cerveau en goguette

D'idées en fête, jamais simplettes,

Pas ras d'pâquerettes, ni désuètes,

Je peux valser comme une Ginette,

Au grand bal de la sous-préfète !

 

Pèr' Juvénal, t'es ramollo

Et raplapla de l'encéphalo !

 

Moi, d'la calebasse, j'suis efficace,

Je lis Boccace, j'déclame Horace !

Moi, d'la pensarde, j'suis d'avant-garde,

Je n'déprim' pas comm' Kierkegaard !

Sous la toiture, ça cogit' dur,

J'suis pur, nature, comme Épicure !

 

J'roule ma boss' comme Sisyphe,

J'suis pas sportif, j'suis un pensif !

Et si j'ai pas un sou en poche

Je ne s'rai pas toujours Gavroche,

J'ai la caboche à Mackintosch !

 

J'ai la grosse tête à Epictète,

Je peux me passer de pense-bête !

Tout dans l'citron comme Cicéron,

J'peux poétiser à Menton,

Pas dans l'banal comme Juvénal...

Foin d’Épinal et point final ! 

Voir les commentaires

Rêves et insomnies 1/3

Publié le par modimodi

Je ne sais pas quel esprit mal réveillé a pu un jour, au petit matin, inventer cet étonnant proverbe : "La nuit porte conseil."

Quel étrange phénomène a pu inspirer une telle élucubration? En général, à moins d'entendre des voix, si quelqu'un vous donne un conseil, c'est parce que vous l'avez sollicité ! Une personne de confiance, un sage peuvent ainsi vous exprimer un avis et vous guider pour prendre une décision ou vous engager dans l'action. Dans tous les cas, c'est pour au moins y voir plus clair et mettre en relief un point de vue.

Qui aurait donc l'idée d'appeler à la rescousse, la nuit ? Qui choisirait ce moment le plus sombre de la journée, quand la lumière du soleil n'est plus visible, pour interpeller l'obscurité ? Qui pourrait bien avoir l'idée saugrenue de converser avec elle et de la consulter ?

Faut-il ici tenter quelques hypothèses ? A-t-on affaire à un bonimenteur habitué à lire dans le marc de café pour quelques dépressifs en train de broyer du noir ? S'agit-il d'un beau parleur illuminé que la raison a ajourné ? Mais dans ce cas, où est donc passé notre bonhomme qui a déjà l'esprit ailleurs et qui est perdu dans ses pensées ? Serait-il au clair de la lune ou sur une autre planète d'où il pourrait tutoyer en cosmovision les étoiles ?

Ce n'est sûrement pas non plus, un voyant extra lucide à lorgnette et à vision infrarouge. Il est déjà bien équipé ! Est-ce qu'un bonnet de nuit, ennuyeux par nature, parlerait à son bonnet quand il lui prend la brutale fantaisie de cogiter ? Habituellement, ne dit-on pas plutôt que ses pensées restent dans l'oreiller ? De sorte qu'à l'aurore, au battage des édredons, elles s'envolent légères comme des plumes au vent.

J'opterais provisoirement pour un joyeux fêtard, sorti de boîte de nuit ou pour un oiseau de nuit à l'esprit nyctalope, de retour d'une grande tournée des grands ducs. Ivre, soliloquant et titubant, il a peut-être alors confondu sa propre voix en s'écriant à tous les échos : "Chouette, v'là qu'on me parle !"

Les miaulements de quelques belles chattes de gouttière en chaleur coursant quelques ardents greffiers ou bien les silhouettes rampantes des mâles frissonnants sur les toits brûlants, en cette nuit de maraudage, ont pu renforcer son impression déjà troublée. Trompé par des sons bizarres, notre noctambule éméché a pu mélanger le son des vocalises d'accouplement et les personnifier en voix, sorties du fond de la nuit... A se demander d'ailleurs si les nuits de griserie n'excitent pas davantage les vireux chats gris, enclins à faire des chattemites ?

Quelques heures après avoir roupillé tout son soûl, notre noctambule dégrisé a pu vulgariser en proverbe, la petite pensée farfelue et colporter, sur la foi de son expérience que : "La nuit porte conseil." Après il suffit de quelques crédules pour faire naître la légende que se plaisent à propager quelques esprits ténébreux.

C'est ainsi que quelques-uns qui étaient peut-être déjà dans une semi obscurité spirituelle et qui roulaient de sombres pensées ont pu être convaincus par quelques intellectuels brumeux. D'ailleurs, prompts à plonger leurs fumeuses idées dans le brouillard des fausses évidences, ceux-là ne manquent pas d'attirer à eux, tous ceux qui d'ordinaire foncent dans le brouillard.

Depuis de doux rêveurs qui ont le plus souvent la tête dans les nuages, des pierrots lunaires qui passent leur temps à demander la lune, des étourdis qui n'ont plus les pieds sur terre et qui échafaudent des plans sur la comète de l'utopie ont pu répandre la nouvelle et faire admettre ce curieux et inexplicable phénomène : "La nuit porte conseil."

 

Voir les commentaires

A corps perdu

Publié le par modimodi

L'amour a planté son décor,

Sa flèche a traversé nos corps.

Nous nous aimons en plein accord,

En coeur à coeur, en corps à corps,

En abandon d'âme et de corps.

Nous faisons folie de nos corps.

 

Nous possédons l'esprit de corps.

Nous frissonnons de tous nos corps,

Dessus, dessous, à travers corps,

A cors à cri, encore, encore !

Aucun désir en dés-à-corps.

Nous nous donnons de tous nos corps,

Nous ne faisons plus qu'un seul corps.

Nos cœurs ont mis leur justaucorps

Pour danser aux divins accords

De la lyre de Terpsichore.

 

Mais j'n'étais pas garde du corps !

L'amour t'a mis le diable au corps.

Pour un galant au corps accort,

Un séducteur aux cents records.

Tu es tombé dans le décor,

Bêtement comme une pécore!

Un mot doux et tu t'édulcores,

Pour deux baisers, toi, tu picores !

 

Je te garde, contrainte par corps,

Tu me repousses de tes haut-le-corps.

Je vis trop mal nos désaccords !

Trop injuste est mon pauvre sort !

J'voudrais te prendre à bras-le-corps

Mais tu te poses en anticorps.

En contre-pied d'esprit retors,

Tu me distribues tous les torts !

 

À contretemps, je t'aime encore

Et je t'espère jusqu'à l'aurore,

Mais en dos à dos, tu t'endors !

Je perds ton corps, je perds le Nord !

Est-ce que vraiment je t'aime à tort

Ou simplement que j't'aime trop fort ?

Voir les commentaires

Sens inverses 4/4

Publié le par modimodi

 

Mes amis, entendre, c'est exercer le sens de l’ouïe, c'est mettre en jeu son intelligence. Entendre, c'est prêter attention et affirmer l'intention de sa volonté. Entendre, c'est comprendre la voie à prendre dans l’écho des murmures ou des hurlements, dans le souffle des voix, dans les craquements de notre conscience.

Voilà pourquoi, il est impossible de se comprendre vraiment mutuellement. Soi-même, on ne fait que se répéter en puisant inlassablement dans son intériorité, tandis que l'autre vous fait entendre jamais rien de pareil. Cet autre que vous croyez rencontrer est déjà au fond de vous  ! Toute connaissance est une reconnaissance.

Quand par hasard, les pensées et les mots sont identiques, chacun crie au miracle de l'amour et croit comprendre l'autre. Illusions métaphoriques! Le dialogue n'est qu'un monologue à deux ! Chacun ne comprend que lui-même dans la coïncidence avec l'autre. Il le comprendra un jour, en effilochant à regrets ses tendres souvenirs.

Les amours virtuelles des idéalistes romantiques comme les échanges sur les réseaux sociaux sont, par nature hertzienne, à distance d'eux-mêmes et de leurs interlocuteurs. L'inconnu et l'anonymat sont des refuges qui leur permettent d'exercer sans danger, leurs sens. Mais leur nature facétieuse ou trop naïve s'amuse parfois à le leur faire à l'envers ! Certains ne font plus la différence entre réel et virtuel, s'abusent eux-mêmes et finissent par y croire !

Spectacle affligeant et grand-guignolesque quand une âme éplorée se plaint de la méchanceté d'un internaute, qu'elle ne connaît même pas ! Risible commentaire quand quelqu'un en arrive à ressentir le parfum dégagé par la photo d'une rose ! Abusés peut-être par le lointain souvenir de leurs amours épistolaires, les Facebookés et les Googlisés illustrent l'adage populaire de l'amour qui vous met au parfum !

Âmes en peine, en permanence sur votre écran, il vaudrait mieux ne pas répondre sur le champ et demeurer post, restantes ! Votre interlocuteur n'est qu'un leurre pour tromper votre solitude et vous faire croire que vous avez de vrais amis ! Gardez donc vos distances, hésitez à donner immédiatement la répartie comme vous distribuez vos bisous à tous vents ! Qu'est-ce que vous avez comme besoin de reconnaissance et comme manque d'affection !... Allons ! Ayez plutôt l'esprit de l'escalier !

Le monter marche à marche ou le descendre quatre à quatre n'est qu'une question de rythme, de sens et de souplesse. Mais personne ne parvient à contorsionner son esprit ou son cœur pour les plier en sens inverse afin d'être dans le bon sens !

Amis, soyez convaincus qu'il n'y a pas de sens contraire et que vous ne pouvez offenser le bon sens. Ceux qui en parlent le font souvent en rétrogrades, en dépit du bon sens, qu'il soit commun ou pratique, profond ou figuré. Le temps lui-même n'a qu'une sagesse. Quel que soit le sens dans lequel tournent les aiguilles de la montre, la course contre la vie passe toujours devant l'heure fatidique et s'arrête au cadran du destin, sur le bon chiffre.

C'est le sens de l'histoire, de la grande comme de notre petite qui s'éternise à compter les saisons et à s'effrayer des contretemps. Quand sentons-nous qu'il est l'heure ou qu'il est trop tard ? Serons-nous un jour prêts à affronter l'adversité des jours ? Le faut-il, d'ailleurs pour goûter dans la joie aux savoureux plaisirs de la vie ?

Le hasard a sans doute un sens qui reste caché à notre entendement. Nous cherchons vainement à lui en donner un, dans l'aléatoire du sujet pensant ou de la providence. Quand nous en ressortons découragés, nous avons encore un mot, le dernier : nous crions au non-sens !... Alors, nous avons atteint le cul-de-sac et le trou noir de notre lucidité ! Nous ne savons pas répliquer. Nous sommes nous-mêmes, notre propre adversaire en échec de concordance de temps et de sens.

Il nous reste alors le sens moral pour constater l'effondrement des valeurs et nous consoler de notre impuissance à surmonter notre ignorance. Il nous faudrait sans cesse entrer en résistance contre nos croyances et combattre la facilité des opinions répandues. Aller à la rencontre de l'amour exigerait de savoir aller à l'encontre de soi-même.

Aimer exige des amants de savoir exercer, non pas la taquinerie des petits anicroches-cœur mais de pouvoir exprimer leurs sens créateurs. Si on n'invente rien dans l'amour, on ne copie pas non plus. Chacun développe son originalité sensible, sa singularité émotionnelle.

Vous avez sûrement fait votre devoir quand l'autre ne retrouve plus l'usage de ses sens et juge vos témoignages insensés dans l'abondance des plaisirs que vous lui offrez. Sur la route du bonheur, tout vous est permis sauf la panne des sens !

Vivre, c'est se laisser surprendre pour laisser l'amour vous toucher le corps, le cœur et l'âme.

Voir les commentaires

Orthographe Jules Ferry 4/4

Publié le par modimodi

Jules Ferry

 

L'orthographe, c'est pas ma popote !

Y'a trop de règles qui chipotent,

Y'a trop d'usages qui chicotent

Mon français de bon patriote !

 

Assez des cris de c'vieux coyote,

De ce Judas Iscariote,

De ces sauvageries wisigothes,

Pour une erreur, pour une faute !

 

À chaque fois, moi, je tressaute,

Je trembl' de toutes mes menottes.

Les pas bellottes, les moches pâlottes

M'ont appelé claque-quenottes !

 

Je n'suis pourtant pas lèche-bottes

Mais Jules Ferry, toi, tu me bottes !

Enlève-moi ta redingote,

J't'offre une croisière en ferry-boat !

 

Monte à bord, c'est moi qui pilote !

On va longer toute la côte,

Fair' le circuit des Argonautes !

J'sais pas nager, mais je barbote !

 

On fréquentera les Cypriotes,

J'leur raconterai Poil de carotte,

On fera le plein d'anecdotes,

Accroche-toi à mon duffel-coat !

 

Pour une fois, c'est toi mon hôte.

On parlera pas d'mes mauvaises notes,

J'prendrai mes revers en passing-shot.

Je peux te l'assurer, sans faute !

Voir les commentaires

1 2 3 > >>