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Trucs en troc et toc en stock!

Publié le par modimodi

Je dois avoir une vocation manquée de brocanteur ou de marchand du grand bazar! Je dois peut-être, trop occuper mon temps à flâner sur les marchés forains, à la recherche de l'ultime objet inutile. Sans doute, suis-je d'ailleurs trop superficiel et sujet au coup de cœur! Ou bien plus simplement, ai-je trop de souvenirs à brader?

Ainsi, je déballe en bloc, le stock de mes trucs en toc que je troque avec vous! Vous n'allez pas en croire vos yeux mais vous tenez, en vos mains, un livre inattendu. Un livre inespéré! Le livre consacré à donner une seconde vie à l'objet le plus banal, au sujet le plus insolite.

Voilà pour vous, du toc du grand bric-à-brac de bric et de broc! Voilà, du toc de la belle époque! Si aujourd'hui la mode est au vintage, ici, vous êtes raccord! Au fil des pages, le passé s'habille au présent! 

Vous aimez les antiquités et les vide-greniers? Je vous brade la quincaillerie d'un cent de clous de fakir ou un presse-purée quasi neuf. Vous cherchez un débouché, voici un tuyau multi usages ou une cloche pour attirer sur vous, l'attention! Allez! Pas d'hésitation! On liquide et on s'en va!

Laissez vous tenter! Je brode les histoires de vos moindres machins, ceux que vous appelez vos trucs! Vous vouliez vous en séparer, je les solde ou vous les échange. L'occasion est unique d'acquérir un vieil entonnoir qui a de la bouteille contre un parapluie qui passe entre les gouttes! Laissez-vous surprendre en troquant un robinet du réservoir de mes bêtises contre une magique clé des songes.

Approchez! Je mets en vente un petit costume de marin, cousu de boutons fantaisie bleu-marine et blancs. Je donne prix à la moindre camelote, je lie chaque lot de mes pacotilles avec des bouts de ficelle. Confiez-moi vos bidules, j'en fais une collection, je les expose dans les musées. Avec deux savons, je vous fais aussitôt mousser de plaisir!

Voyez le grand déballage! Je vide devant vous la tête de mes souvenirs d'enfance, je vous en donne l'assortiment et le change. Pour les faire exister, je les vends à la sauvette contre l'euro symbolique de votre propre bonheur. Allez hop! Je vous prends en croupe sur mon cheval à bascule! Je vous offre mon canif pour trancher à cœur dans mes tendres anecdotes et je vous mets entre les lèvres, un sifflet pour donner le départ au train des émotions. 

Emboîtez-moi le pas, j'ai un chausse-pied pour les mentons à galoche et une brosse à reluire pour les tristes sires! J'ai en réserve des trucs gratuits, des astuces non feintes pour vous faire sourire. Vous pourrez boire à ma santé quand vous aurez pris les remèdes naturels de grand-père et de grand-mère pour soigner vos moindres bobos. Préférez le toc des p'tits vioques aux médocs des jeunes schnocks!

Rien ne peut vous étonner. Mon psy est passé par là pour m'expliquer les complexes d'Œdipe de Diane et d'Hermès! A ne rien y comprendre! Non mais! Je ne suis pas mytho!... Je suis le loufoque du toc, le sinoque de bric et de broc, le toqué tocard du toc toc! J'ai un stock mastoc de trucmuches et de trucs moches. Une breloque! Et toc! Je soliloque et je débloque!

Mais attention vous ne trouverez ici, aucune contrefaçon, rien que de l'imagination! Pas de copie, de simili mélo, de faux-semblant, de boniment ni de trompe-l’œil! Quand j'agite la boule à neige de mes souvenirs dépareillés, chaque larme d'émotion a la pureté des sentiments authentiques. Pas d'équivoque si je provoque en vous, la réciproque! La sensibilité ne se marchande pas, elle s'offre gratuitement.

Bien sûr, la drôlerie et l'inventivité sont au-rendez vous. Je pastiche la réalité la plus quelconque, je la parodie ou la plagie. Au porte-manteau, "le temps suspend son vol". La babiole, sans intérêt ou sans valeur est en réserve au magasin des laissés pour compte et des vieux modèles invendus. Ainsi, pour donner de l'éclat éphémère à ces joyeuses nouvelles, j'économise même les bouts de chandelle et j'allume votre plaisir!

"Objets inanimés, avez-vous donc une âme, qui s'attache à notre âme et la force d'aimer?" J'acquiesce bien volontiers au soupir romantique de Lamartine mais je reste beaucoup plus prosaïque! Quand le poète évoque la cheminée fumante de sa maison natale, moi, je me rappelle à plein nez, la douce odeur du café embaumant la mienne. Je le regarde filtrer et passer comme le temps, distillant un goutte à goutte d'histoires de mon enfance.

Laissez-vous y retomber! Tétine aux lèvres, retrouvez les délectations du sein maternel et suspendez-vous. Abandonnez-vous tendrement à l'ivresse innocente de la succion ou préférez la dive bouteille rabelaisienne, en emportant le tire-bouchon de frère Jean-Michel des Entommeures. 

Cette fantaisie joyeuse mérite votre curiosité sans réserve. N'imaginez pas d'opération débarras dans cet étalage jamais factice. Non! Nul ne peut se libérer du bonheur de l'existence. Rien n'est suranné ni à jeter dans une histoire de vie. Même l'objet d'apparence insignifiant a sa propre durée et ses spécificités. Tout n'est pas que mode ou toquade! Le truc en stuc n'est pas caduc! Même la perruque de l'archiduc peut vous servir de couvre-nuque! Sortez couvert!

Pas de micmac! Soyez réac! Ouvrez le sac, ce foutu sac à malices. Vous trouverez en vrac et tout à trac des trouvailles stylistiques! Oh! Pas de ruses littéraires pour attrape-nigaud, rien que des attrape-rêves!

Parcourez vite le livre de recettes de tous ces menus plaisirs conservés au fil des ans. Venez au hasard retrouver peut-être une part de vous-même! "Que le grand crique me croque sans sel ni poivre!", si j'ai failli au devoir de mémoire. Délectez-vous! Ne vous serrez pas la ceinture, goûtez à ce déjeuner de soleil! Soyez prodigue de plaisirs, partagez en la joie des surprises. Il y en aura pour tout le monde!

D'avance, joyeux lecteur, je m'incline et vous tire mon chapeau! Si vous êtes curieux, nostalgiques un petit peu, jamais vieux ou scrogneugneu, tous ces articles sont pour vous! Aucun marchandage de bons sentiments, mon bonheur secret n'est ni postiche ni en solde, pas de trucs en troc! L'enchantement est gratuit et jamais illusoire, pas de toc en stock!  

 

 

 

 

 

 

 

 

  

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La cafetière et le moulin à café 1/2

Publié le par modimodi

Vous souvenez-vous de cet air populaire en vogue ? "Quand quelque chose nous désole/ C'est du café qui nous console. Vive le café ! Vive la casserole !"

Peut-être pas !... Nous vivons aujourd'hui le progrès automatisé dans le confort instantané. L'électricité a révolutionné l'industrie et simplifié nos usages domestiques. Grâce à son énergie, il suffit simplement de brancher la cafetière électrique et d'appuyer sur le bouton pour que la magie de la fée électricité opère.

Vous qui avalez au petit-déjeuner votre café encore brûlant pour ne pas être en retard, vous qui le dégustez en famille, entre amis, à la fin d'un bon repas, vous qui le savourez en terrasse face à la mer, avez-vous connu l'époque des moulins à café mécaniques ?

Si oui, vous n'avez pas pu oublier l'arôme du café frais moulu, obtenu en broyant les grains. Vous vous rappelez sûrement l'objet indispensable à chaque foyer : le moulin à café ! Vos grands-parents en avaient forcément un qui vous attend dans la poussière du grenier endormi...

La mode est au vintage et votre découverte est aujourd'hui un objet de collection à retrouver chez les antiquaires ou simplement, à même le sol des trottoirs, lors des vide-greniers dominicaux. Il suffit de chiner ! L'un d'entre eux vous attend ! La fabrique de "Peugeot frères" en a commercialisé 56 modèles différents déclinés en 280 versions variant les essences de bois, les tailles, le matériau des calottes, les couleurs et les décors. A chaque moulin, son style ! A chaque cuisine, sa fantaisie !

Son histoire est passionnante. Elle remonte jusqu'au XVIème siècle, inspirée par les moulins à poivre et en coïncidence avec l'arrivée du café en Europe. De nombreux musées spécialisés en exposent encore différents modèles de périodes et de pays différents. D'ailleurs, chaque musée rural mettant en scène la vie paysanne ou villageoise au siècle dernier et qui cherche à en recréer l'atmosphère, présente l'objet en situation vivante. Le moulin est sur la table autour de laquelle a pris place la famille nombreuse tandis que la cafetière est sur le poêle rougeoyant.

Moi, j'entends encore la voisine inviter ma grand-mère à boire une tasse, "une jatte d'jus !". Cette courtoisie d'après-midi était réciproque, tantôt chez l'une, tantôt chez l'autre. Temps de pause où l'on tricotait, échangeait les potins et les confidences, faisait des essayages de robe fabriquée maison, à partir d'un patron choisi sur un modèle de "modes et travaux".

Avez-vous connu ce temps du rituel quotidien qui précédait la dégustation d'un café ? Rappelez-vous le moulin familial : un cube rectangulaire de bois marron, surmonté d'un bol métallique à semi-ouverture dans lequel on déversait précautionneusement le café, qu'on moulait à l'aide d'une manivelle en acier, à poignée en bois. N'oubliez pas, de bien fermer à sa base, à l'aide d'une vis fragile, le précieux tiroir qui recueillera le bon café moulu. Sinon, vous êtes préposé au balayage du précieux sable marron noir.

Entendez-vous le bruit craquant des grains que le mécanisme en acier, à arbre horizontal écrase méthodiquement dans un bruit de mitrailleuse ? Je sais pour m'y être essayé que le tir n'est pas automatique et que le démarrage du concassage exige des coups de poignets énergiques. Pour en ébranler la masse, il convient de ne pas trop charger l'opercule. Pour ne pas en renverser, une mini pelle chargée de grains marron foncé, luisants et cirés l'emplit délicatement. Alors, par bouffées, leur odeur forte et envoûtante, à l'état brut de café torréfié, s'exhale puissamment.

Bien sûr, la famille entière veillait au grain! L'or noir était précieusement conservé dans une boite hermétique décorée, qu'on posait sur l'étagère à côté des bocaux marqués : "farine, sel, sucre". L'ayant photographiée du regard, j'ai su très tôt écrire le mot café. J'ai pu ainsi éviter à mes résultats scolaires de boire d'emblée la tasse.

Je me revois encore poser fermement ma main sur celle de maman pour participer tendrement à l'opération rythmée du broyage. L'époque où je parvins en autonomie à soulager les mains arthrosiques de ma grand-mère, correspond au début de mon adolescence. Mon frère cadet, qui voulait m'imiter, avait pris l'habitude en tournant la manivelle de chantonner à contre-emploi : "Meunier, tu dors, ton moulin va trop vite ! Meunier, tu dors, ton moulin va trop fort !" Nous nous en amusions !

C'est sûr ! Vous n'avez-pas pu oublier l'odeur délicieuse du café frais moulu, sitôt qu'on ouvrait le tiroir. Le parfum vous prenait les narines, excitait vos papilles bien avant d'en retrouver les arômes en bouche. La maison embaumait le café et il n'était pas rare d'entendre quelqu'un sortant d'une autre pièce, s'écrier : "Hummm ! Ça sent bon le café !" 

 

 

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Le cheval à bascule 1/2

Publié le par modimodi

Je viens de retrouver dans le grenier de la maison de mes parents, mon cheval à bascule. Une bouffée d'émotion m'envahit, des souvenirs de bonheur affluent à ma mémoire, je suis bouleversé en profondeur, mon cœur se serre, envahi de douceur. Maman, papa, que de joies vous m'avez offertes. Vous aviez tout compris !

Sans avoir fait de grandes études, vous aviez d'entrée de jeu, naturellement admis que les jouets font partie du monde enchanté de l'enfance. Sans doute, vous-mêmes, tout petits, aviez-vous pu découvrir les plaisirs immédiats du jeu ?

L’insouciance de mes premières années a favorisé ce besoin d'occuper mes temps libres par de multiples distractions. D'ailleurs, ma pratique individuelle, tantôt bruyante ou silencieuse, assis ou à quatre pattes dans mon parc en bois vous a bien soulagés. Je vous ai laissés la possibilité de vaquer à vos occupations.

Je sais aujourd'hui que le jeu est bénéfique à tous. D'où l'invention incessante de nouveaux produits mis en vente, l'importance économique grandissante du secteur et son colossal chiffre d'affaires. Les bourses aux jouets et les brocantes sont même l'occasion de leur donner une seconde vie ! On peut y trouver d'innombrables jouets mécaniques, en plastique ou en bois qui ont déjà une histoire secrète et même, des chevaux à bascule !

En effet, l'intérêt des petits pour les joujoux les plus divers ne se dément plus ! Il devient même parfois impérieux chez de jeunes insatisfaits, avides de nouveautés au point de faire naître bouderies et colères.

La jeunesse comme le jeu est sans doute éternelle ! Cet enthousiasme poursuit encore pendant bien longtemps les adultes, dans la passion par exemple, d'un train électrique, dans des jeux d'esprit, de force croissante ou dans les rituels des jeux de hasard. Au fond, nous sommes tous de grands enfants ! Tant qu'on ne court pas la folle aventure de jouer de malchance avec le feu des addictions ou encore plus bêtement de courir le risque suprême de jouer avec sa vie, le jeu n'est pas dangereux.

Heureusement, chaque fête ou anniversaire, chaque récompense m'a donné l'occasion d'offrir ou de recevoir des cadeaux. Une fois l'attente comblée, nous l'avons tous, un jour constaté, les visages qui s'illuminent ne mentent pas. A cet instant, la vérité retrouve sa pureté. Quelle joie dans les yeux, quelle innocence dans le bonheur ! Il ne faudrait jamais grandir !

Le jeu n'a pas d'âge ! L'origine des jouets remonte sans doute à la préhistoire. Des poupées personnifiant des enfants, des bisons ou chevaux stylisés, diverses figurines représentant des soldats ainsi que des outils ayant servi à les fabriquer ont été retrouvés lors de fouilles archéologiques. Chance immémoriale ! Je peux, en fermant les yeux dans mon rocking-chair me mettre en synchronie avec un lointain ancêtre !

Le cheval à bascule ne remonte sûrement pas au déluge. Il était en vogue en Angleterre, dès le 17ème siècle. Probablement influencé par les berceaux à bascule, il a pris la forme d'un cheval de bois, réputé alors comme le jouet préféré des enfants. Au 18ème, il est assez fréquent mais généralement monté sur roues et recouvert de peau de vachette brune ou de tissu. En 1872, Claude Monet a peint son fils Jean, sur son cheval à bascule. 

De tout temps, l'important, c'est le pouvoir du rêve, la force qu'a l'esprit de l'enfant pour transformer le moindre objet en une autre matérialité. Encore aujourd'hui, un rien, un bout de bois ramassé, un objet quelconque trouvé peut devenir un trésor ou un jouet que l'imagination transforme aussitôt en avion, en camion, en château, en licorne, en dinosaure... Dialogue intérieur d'histoires fantastiques inventées ! 

D'ailleurs, pour le développement de l'intelligence et la différence progressive à faire entre le réel et l'imaginaire puis le virtuel, ces libres jeux de construction fictive sont très importants. Oublié le cheval à bascule de mes cinq premières années ! Ils m'ont construit, sans m'en rendre compte, en me permettant de donner sens à l'univers et de prendre place dans le monde.

Il est d'ailleurs communément admis que la variété des jouets récréatifs ou éducatifs ainsi que la relation de jeu établie avec un animal permettent de développer la socialisation. Surtout lorsqu'elles sont partagées entre copains ou au sein de la famille. Qui n'a pas joué à cache-cache, au Monopoly, au jeu des sept familles, au Scrabble, aux cartes ou à la console ? Qui n'a pas pris plaisir à faire courir et aboyer le chien dans un échange de passe-passe ballon ? Qui n'a pas rugi comme un lion, grogné comme un ours, en battant des pattes, craché du feu comme un dragon, galopé comme Tornado, cheval noir de Zorro et retrouvé, sans le savoir, son cheval à bascule en hennissant comme un Centaure ?

Qui n'a pas posé de devinettes ou eu, le soir, la chance de lire un livre, de raconter une histoire pour peupler de rêves magiques la nuit des enfants ? Mes chers parents, soyez à jamais bénis de m'avoir offert ce fin et intime bonheur. J'entends encore vos voix qui s'envolent dans le ciel piqué d'étoiles et qui rejoignent la mienne, quand à mon tour, je perpétue la tradition pour Charles et Lucie.

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Le savon 1/2

Publié le par modimodi

Qui n'a pas une fois dans sa vie commencé une collection ? Il en est de toutes sortes, le plus souvent thématiques, privées, à usage et plaisir personnel ou exposées au regard de visiteurs.

Le vrai collectionneur est un homme de passion toujours inassouvie. Sinon, il ne s'agit que d'un engouement du moment, une épisodique passade d'amateur. Par contre, cette passion, si elle est dévorante, peut devenir frénétique et obsessionnelle, alimentant la recherche de toute une vie. 

Dans l'antiquité déjà, on collectionnait des statues et des coquillages. A la Renaissance, en Europe, les cabinets de curiosités, sous forme de meubles et de vitrines, marquent le goût des aristocrates pour l'exposition d'objets hétéroclites, de préférence inédits : des animaux empaillés, des pierres de foudre ou précieuses, des cornes et défenses, des herbiers, des plantes exotiques, des médailles, des peintures sur pierres, des automates...

Dresser l'inventaire actuel des centaines de collections répertoriées serait ici fastidieux et quasi impossible. Oublions donc vite les plus courantes et les plus prisées : livres, BD, cartes postales, porte-clefs, papillons, insectes, chouettes, chiens, chats, timbres, images, photos, monnaies, boutons... Stop et pause, amis lecteurs ! Reprenez votre respiration ! ... Allez ! Un peu de courage  On en reprend allègrement : bouchons, boîtes, assiettes, bouteilles, fèves, crayons, porte-plume, plumes d'oiseaux, fers à repasser ou à cheval, pierres, tableaux, jouets, allumettes, étiquettes et ouf ! J'en passe et sûrement des meilleures, encore plus extravagantes ! ...

Cette trop longue liste s'apparente à un bizarre capharnaüm où s'entassent en ribambelle des babioles, considérées par le collectionneur comme des trésors. Récolte de fruits précieux, d'une quête patiemment accumulée, dont la véritable valeur est le plus souvent affective.

Ces quelconques bibelots de pacotille, ces simples bricoles et populaires breloques, ces vétilles sans intérêt, ces dadas enfantins, ces hobbys ou toquades inexplicables, ces marottes obsédantes sont pourtant des témoins importants. Ils relatent les événements marquants d'une vie de passions, des phénomènes de mode, divers mœurs d'époques récente ou ancienne, des aventures humaines faites de voyages, de découvertes et de hasard. Ils sont les relais d'une mémoire existentielle propre à chacun !

A vous d'en compléter l'innombrable quantité et la multitude des variétés. Je ne doute pas que vous soyez vous-même concerné et encore plus original ! D'ailleurs, qui n'a pas chez lui, un album, une bibliothèque, une discothèque, une CD thèque ? Qui n'est pas un collectionneur sans le savoir ?

Certaines collections sont bien évidemment plus insolites ou plus étranges que d'autres : crèmes de gruyère, images pieuses, canards en plastique, coquilles d’œuf, opercules, armes, dés à coudre, drapeaux, étiquettes en tout genre, miniatures de parfum, morceaux de sucre (faut-il être fondu !), écussons, sacs plastiques, pattes de lapin et même cordes de pendus !

Moi, je désirerais vous plonger les mains dans une autre collection, la mienne ! Familiale et surprenante, je vous offre celle des savons et des savonnettes publicitaires d'hôtel, dites de courtoisie ! Bienvenue au club des saponiphiles et sapopubliphiles !

Pourquoi, cette lubie nous a-t-elle tous mobilisés au point de ne jamais oublier de ramener de nos différents séjours, les échantillons qui étaient offerts gracieusement à la clientèle ? Il faut bien, en souriant, hasarder quelques explications générationnelles et généalogiques, quitte à extrapoler beaucoup !

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La ceinture

Publié le par modimodi

On ne saura jamais mesurer l'importance des petites choses, des événements apparemment insignifiants. Il en fut ainsi de ma première vraie ceinture, marquant mon entrée dans le monde des grands. Je quittais alors mes sempiternelles culottes courtes aux ceintures élastiques colorées pour enfiler un élégant jean bleu délavé.

Quelle fierté quand le vendeur me présenta un beau ceinturon en cuir marron avec boucle métal bronze. Mais pour avoir fière allure, il me fallut d'abord laborieusement apprendre à le glisser dans les passants puis saisir l'aiguillon pour le pousser dans le cran prévu afin de le serrer autour de ma taille.

Par ces gestes qui me sont aujourd'hui familiers, je ne réalisais pas encore que je venais symboliquement de boucler la première partie de mon enfance et que je basculais dans "l'âge dit de raison", un nouvel entre-deux de ma vie. Un monde inconnu de découvertes disponibles s'ouvrait à ma curiosité de novice.

Tout était inédit. Il me faudrait prendre le temps de les comprendre, de les assimiler pour agir et m'engager. Tels se présentaient mes premiers pas serrés et mal assurés, à accomplir sur la route initiatique des toutes neuves responsabilités. Heureusement, ma famille aimante m'apprit à grandir, en ajustant mes envies, joignant l'utile à l'agréable sans jamais poser de barrières à mon univers d'enfant.

Outre le plaisir et les jeux, les valeurs que je garde encore aujourd'hui, le scoutisme m'a offert ma plus belle boucle de ceinture. Au fil du temps, mes ceinturons serviraient à accrocher mes clés, mon couteau et mon revolver dans son étui, mes prises de guerre, ma boussole et ma gourde... Elles me donnaient l'assurance de ne rien perdre et un fier statut d'aventurier. Elles me différenciaient surtout de ma sœur qui avait besoin de se balader, une pochette à la main, pour transporter ses préciosités féminines. Moi, j'avais les mains libres !

L'autre stade marquant de mon évolution adolescente fut lorsque je pus emprunter les ceintures de mon père. Soucieux de mon image, un peu coquet, j'en faisais un accessoire de mode et de fantaisie, assortissant ou tranchant les coloris avec les pantalons, élargissant les sangles ou variant les boucles. 

Je comptais ainsi rendre un peu jaloux mes copains de classe et surtout intéresser les fraîches demoiselles pour mieux leur plaire. Premières tentatives de séduction, premiers échecs, car la concurrence des cours de récréation était rude. J'étais plus séduit que séducteur comblé.

En effet, mes bonnes amies en jupe ou en robe, aimaient à faire assaut d'élégance. Par leurs foulards, leurs ceintures, cordons, cordelières ou bandeaux en soie, qu'elles nouaient avec grâce, elles s’efforçaient qu'on les remarque. Je n'avais pas hélas, l'exclusivité des tentatives et parades pour les dénouer ! Nous étions nombreux à les désirer sans ne parvenir souvent à obtenir qu'une œillade, un sourire complice. Recueillir un baiser furtif relevait du rêve ou de l'exploit ! Chacune avait sa pudeur et sa ceinture de chasteté.

Quelques-uns s'en sortaient mieux que d'autres. Lorsqu'ils arboraient leurs ceintures vertes ou marrons obtenues au judo, le prestige et son corollaire, le succès leur étaient quasi garantis. Moi et les autres n'avions alors qu'à faire ceinture et à nous coucher vaincus sur le tatami, en rêvant de leurs chutes de reins !

Ce premier apprentissage de la vie a probablement influencé mon existence d'adulte. J'ai depuis toujours, veillé à ne pas avoir à me priver et à me serrer la ceinture, sans pour autant être dispendieux ni inconséquent, en la déliant inconsidérément. L'existence vous rend d'ailleurs raisonnable, car elle vous serre la vis et vous corsète souvent de ses taxes, impôts et obligations.

J'ai encore appris qu'il faut parfois porter son dépit en bandoulière, voire même la boucler et serrer les dents. D'ailleurs le paradoxe de la sagesse vous dicte votre conduite. S'il faut être adepte de l'économie et de l'épargne, il ne faut pas économiser sa volonté ni épargner ses efforts. 

Pour remporter la compétition des apparences et des honneurs ou pour accéder à plus de bien-être, vous devez souvent avancer en rangs serrés, coudes serrés au corps. L'atavisme de la sentence populaire vous poursuit de sa morale : Est-ce que "bonne renommée vaut mieux que ceinture dorée" ? Est-ce que "avoir une bonne réputation et être pauvre, vaut mieux que d'être riche et malfamé" ? A chacun sa taraudante réponse !

Il est donc prudent d'être prévoyant et de savoir serrer les cordons de la bourse. Car la vie exige de ne jamais desserrer sa vigilance. Il vaut mieux s'accrocher et affronter les difficultés en bouclant sa ceinture de sécurité. Rares sont ceux qui peuvent espérer une ceinture de sauvetage. Certains extrémistes de la précaution revêtent même bretelles et ceinture ! Mais personne n'évite les coups bas sous la ceinture.

Aujourd'hui, j'aime quand ma douce amie m'enlace et se blottit, me ceinture à la taille et m'embrasse. J'aime quand elle me presse et me serre. Je lui donne tout mon attachement. Nous ne sommes ni ligotés, ni emprisonnés, jamais à cran.

Je me suis lié à elle sans le moindre désir de me détacher ni de délier nos serments. Nous sommes soudés l'un à l'autre, en jonction étroite, en étreintes douces, en corps à corps noués. Nous sommes scellés mais libres, cœur battant, jamais serré ! Nous n'avons aucune hâte de boucler la boucle !

 

 

 

 

 

 

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Le chien

Publié le par modimodi

Je m'appelle Alain

J'ai des tas d'copains

J'aime les lapins,

Les chats, les félins

Mais pas les requins!

 

J'aime mieux les chiens

Comme Rintintin

Les petits toutous

Comm' sacré Milou

Les toutous foufous

Comme Scooby-dou

 

Les tout rigolos

Pluto et Dingo

Les grands remuants

Comme Rantanplan

Les très résistants

Comme le bon Croc-blanc

 

Les énergumènes

Comme Beethoven

Le chouette Idéfix

Du  gros Obélix

Et le chien d'Charlie

Le drôle Snoopy!

 

Toi, t'es pas tout ça

On n'te connait pas

T'es mon chien à moi!

 

T'es pas grand, pas gros

T'es pas un héros

T'es qu'un petit chiot.

 

Mais je t'aime comm'ça.

Jolie boul' de soie

Au creux de mes bras.

 

Tu es tout' ma joie

Petit chihuahua!

Mon p'tit chi! ouah! Ouah!

 

 

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La poule

Publié le par modimodi

Mam'zelle Jacquotte fait sa chochotte!

Plus de voix haute, Mam'zelle chuchote

Des p'tits cot-cot, mode parigote.

 

Devant le coq, Mam'zelle papote!

"Cocorico!, c'est d'la gnognotte,

De la compote! Ta voix tremblote!

 

T'as une forme trop boulotte,

Il faudrait te mettre à la flotte!

T'as plus l'air d'un fier patriote!

 

Moi, je sirote et je chipote,

Moi, je grignote et j'asticote!

Comment trouves-tu mes papillotes?

Et mes belles plumes roux carotte,

Je me les coupe ou les frisotte?"

 

Tu parles trop, Marie So-sotte,

Cesse de faire ta fiérote

Ou tu vas finir en cocotte!

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L'éléphanteau

Publié le par modimodi

Éléphanteau,

T'es le plus beau

Du marigot

Nez en trompette,

T'es le plus chouette!

 

Ami, crois-moi,

T'es mieux chez toi

Au Ténérife

Qu'en pendentif!

Défenses d'ivoire,

Broie pas du noir!

P'tit débrouillard,

Garde l'espoir!

 

Gentil Jumbo!

Le monde est beau,

Plus de bobos!

T'es rigolo,

Trompe dans l'eau!

 

Il faut te voir

Gentil Babar,

Près de la mare,

Aux nénuphars,

Quand tu vas boire,

Dans l'or du soir,

Pomme d'arrosoir

Pour faire pleuvoir!

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Petit porte-bonheur !

Publié le par modimodi

Toi, qui descends des cieux,

Petit' bête à Bon Dieu,

Serais-tu immortelle,

Ma douce coccinelle ?

D'où viennent tes aïeux ?

Quel esprit merveilleux,

T'a déposée sur terre,

En jolie bonbonnière ?

 

De quell' bonne fortune,

Te vient ta demi-lune,

Et tiendrais-tu des anges

Cette couleur orange ?

Est-ce pour nous amuser

Que tu t'es déguisée,

Te peignant sur le dos,

Un jeu de dominos ?

 

Est-ce pour japoniser

Que tu as enfilé

Ce charmant kimono,

Pure soie de Kyoto,

Petits pois au pinceau,

Rouges et noirs, rigolos,

Sept sacrés numéros,

Recopiés au tableau ?

 

Oh ! Combien d'écoliers,

Attentifs ou distraits,

Des premiers aux derniers

Ont appris à compter

Et à numéroter

Sur ton petit boulier !

 

Moi, si j'suis fort en maths,

En calcul, acrobate,

C'est grâce à toi, ma belle,

Céleste coccinelle,

Petit porte-bonheur,

Tatoué sur mon cœur !

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Le singe

Publié le par modimodi

À l'enfant blond, devant sa cage,

Qui le contemple et lui sourit,

Le p'tit singe mène tapage

Et déballe ses pitreries.

 

Quatre grimaces, deux pirouettes

Pour quelques cacahuètes!

De te savoir si dégourdi,

Un enfant rit et applaudit.

 

Petit singe, fais ton numéro!

Joue-lui ta belle comédie,

Accroche-toi à tes barreaux!

Tous les enfants ne savent pas

Que tu t'ennuies de ton Kenya.

 

Quand au trapèze, tu te pavanes,

Tu te rappelles tes lianes

Et tu bondis dans la savane,

Cueillant au vol, une banane!

 

Tu savoures ta liberté,

Les alizés t'ont emporté.

Ferme les yeux, balance-toi!

L'horizon rougeoie et flamboie.

 

Et puis, soudain tu réalises,

Tes rêves ne sont que traîtrises!

Ton pied s'écrase, sur la cloison

De ta triste et terne prison.

 

Mais, l'enfant rit et applaudit

De ta mimique abasourdie.

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